Une Micro-andrène

Micro-andrène, peut-être Andrena (micrandrena) minutula, sur capitule de pissenlit.

Dans la série des petites abeilles sauvages du jardin, voici une Micro-andrène familière des pissenlits, des ficaires et des pâquerettes.

Taille maxi : 6 mm. Visible de mars à septembre. Il existe de nombreuses espèces de Micro-andrènes (Micrandrena), toutes aussi minuscules et difficiles à différentier.

Lasioglossum sp.

Pas de confusion possible avec ce tout aussi petit Lasioglossum sp. (env. 6mm) à la pilosité fine et soignée. Les bandes abdominales notamment sont très différentes, ici feutrées et régulières à l’avant des tergites.

Imaginez un grain de riz noir, fin et allongé, parmi les fleurons jaunes d’un capitule de pissenlit. 6 mm tout au plus. Il faut s’approcher au plus près pour réaliser : il s’agit bien d’une (très) petite abeille sauvage !

Rien à voir toutefois avec le Lasioglossum sp. rencontré voilà quelques jours (voir ci-contre). Il arborait en effet une pilosité fine et « soignée », notamment des bandes feutrées à l’avant des tergites.

Très différente, la fourrure est ici plutôt clairsemée, ébouriffée sur le thorax, majoritairement fauve clair, plus sombre sur la face. Enfin, loin d’être feutrées, les étroites bandes abdominales sont hérissées de poils plutôt épais, à l’arrière des segments.

On pense alors à une Micro-andrène (Micrandrena). Cela dit, il en existe dit-on des dizaines d’espèces d’autant plus mal connues qu’elles sont difficiles à différentier. Va donc pour la plus commune. Andrena (Micrandrena) minutula. Doublement bien nommée. Au cas où le préfixe « Micro » ne suffirait pas, le qualificatif « minutula » (minuscule ) enfonce ainsi le clou !

Micro-andrène, peut-être Andrena (micrandrena) minutula, sur Ficaire fausse-renoncule.

Précoces, les Micro-andrènes émergent fin février début mars. D’abord les mâles comme ici puis les femelles. Abeilles solitaires, elles aménagent leur nid au fond d’un puit vertical creusé dans un sol non compact. Sous les pommiers du jardin peut-être…

Le jaune des pissenlits et des pâquerettes ou des ficaires semblent séduire les Micro-andrènes. Il est vrai que les fleurs aussi généreuses ne sont pas légion en cette saison !

Une pilosité assez clairsemée, en broussaille, fauve clair, sur les côtés du thorax. Plus « sage » et plus sombre sur la face.

En savoir plus :

 Photos JF Irastorza 

 

Première abeille sauvage

Lasioglossum sp. sur pissenlit.

C’est un petit Lasioglossum sp. qui, cette année, décroche la palme de l’abeille sauvage la plus précoce du jardin.  Avec la complicité d’un pissenlit.

Taille maxi : 7 mm. Visible de février à septembre.

Les éclatants capitules jaunes des pissenlits commencent tout juste à illuminer de-ci de-là les allées du jardin. Gorgés de pollen et de nectar. Les visites ne devraient pas tarder. Voici une des premières. En toute discrétion.

Ce petit Lasioglossum sp. est en effet à peine perceptible parmi les étamines poudrées d’or. 6-7 millimètres, pas davantage. Ailes hyalines repliées sur une silhouette menue à dominante noirâtre : rien de spectaculaire ni de signe distinctif ostentatoire. Sinon, à y regarder de plus près : une bande claire, feutrée et discontinue à l’avant de chaque segment abdominal et une étroite décoloration de la cuticule à l’arrière. 

À noter encore, un court sillon longitudinal à la pointe de l’abdomen : il s’agit d’une femelle. Normal. Dans la famille, seules les femelles fécondées l’été précédent survivent à l’hiver. Alors, règle n°1 au réveil : prendre des forces. Pour mieux pondre et passer le relais à une nouvelle génération aux prochains beaux jours.

On perçoit assez bien ici l’étroit et inégal feutrage à l’avant de chaque segment abdominal ainsi qu’une fine décoloration brune à l’arrière : un des discrets signes distinctifs du genre Lasioglossum…

Lasioglossum sp. sur pissenlit.

… et ici le court sillon caractérisant les femelles à la pointe de l’abdomen.

Lasioglossum sp. sur pissenlit.

En France métropolitaine, il existe une bonne centaine d’espèces de Lasioglosses comme on les appelle parfois. Leur distinction est souvent très subtile. Dans le doute, mieux vaut se contenter de Lasioglossum sp. !

Autre Lasioglossumn sp. dont les fines bandes feutrées blanches sont bien marquées et régulières à l’avant des tergites.

en savoir plus :

  • Abeilles, bourdons, guêpes et fourmis d’Europe, Bellmann, 2019, Delachaux & Niestlé.
  • Insectes du jardin, JF Irastorza, 2026, La Geste éditions.
  • Abeilles sauvages, Boyer, 2015, Ulmer.
  • Découvrir et protéger nos abeilles sauvages, Vereecken, 2018, Glénat.
  • La famille des halictidés avec le site aramel.free.fr
  • Lasioglossumn pollens avec le galerie du site insecte.org.

Photos JF Irastorza 

 

Madame Halicte joue les prolongations

Madame Halicte sur fleur de cosmos.

Comme ses congénères, jeunes femelles fécondées, Madame Halicte de la scabieuse va bientôt hiverner. En attendant, elle profite de l’été de la saint Martin.

Madame Halicte sur fleur de cosmos. C’est une des dernières abeilles sauvages du jardin. Cela dit, passée la saint Martin, elle est ordinairement déjà calfeutrée dans quelque terrier pour quatre mois d’hivernage. Mais à quoi bon s’enterrer quand les après-midi sont encore si doux !

Il s’agit ici d’une femelle. Une lapalissade en vérité puisque tous les mâles sont morts depuis belle lurette. Peu de temps après leur accouplement. En fin d’été. Ainsi, seules les femelles fécondées passeront l’hiver.

Avec leur long abdomen plat, rythmé de doubles bandes ocre et beiges, ces dames émergeront assez tôt en mars. Quelques congénères se regrouperont alors pour creuser un « puit » commun à partir duquel chacune aménagera et approvisionnera ses propres loges larvaires.

Las ! L’esprit communautaire tournera court. Une des femelles finira pas s’imposer et chasser ses ex compagnonnes. Non sans les avoir prises à son service pour terminer l’aménagement de la future nurserie. Elle s’arrogera alors le privilège de déposer ses oeufs dans chacune des loges. Une sorte de coup d’État.

Madame Halicte sur fleur de cosmos.

Le moment venu, au printemps prochain, Madame Halicte de la scabieuse ne devra pas manquer d’énergie. Dominante ou dominée : de quel côté du putsch sera-t-elle ?

En savoir plus :

  • Bellmann 2019, Abeilles, bourdons, guêpes et fourmis d’Europe, Delachaux & Niestlé.
  • Boyer 2015, Abeilles sauvages, Ulmer.
  • Vereecken 2018, Découvrir et protéger nos abeilles sauvages, Glénat.
  • Les halictes avec le site aramel.free.fr
  • Halictus scabiosae avec la galerie du Monde des insectes

Photos JF Irastorza