Du crépi pour la lanterne

La petite Agroeca brunnea recouvre son cocon d'un enduit de boue / Un jardin dans le Marais poitevin.

Brune, ou plutôt chocolat, l’Agroeca brunnea met une énergie folle dans la protection de son cocon. Sera-ce suffisant contre les parasites ?

L'enduit de boue protège également l'encrage du cocon au brin d'herbe / Un jardin dans le Marais poitevin.A première vue, on pourrait croire à une petite araignée maçonne. C’est un peu cela mais uniquement pour la finition ! Car le nid façonné par l’Agroeca brunnea n’est pas entièrement constitué de boue. En bonne araignée, elle a filé un cocon. Une petite lanterne suspendue à un brin d’herbe. A l’intérieur, une cinquantaine d’oeufs le met préféré, hélas, des larves du Gelis, une petite guêpe parasite de la grande famille des Ichneumons.

Alors, pour mieux protéger sa progéniture, l’Agroeca brunnea recouvre le cocon d’un crépis de boue. Une carapace autant qu’un camouflage minutieusement façonné. C’est presque pathétique de la voir s’affairer avec tant d’énergie et d’application. Car le blindage est sans doute illusoire compte tenu de l’efficace tarière avec laquelle l’ennemi injecte ses oeufs. Mais que faire de plus ?

Une fois l’enduit en place, jusque sur les fils d’encrage, la petite araignée abandonnera le cocon et partira en chasse. Pas de toile en effet mais un patient affût. Parmi les feuilles mortes et les herbes basses. Et dans le feuillage des légumes du jardin.

Une fois le crépis en place, l'Agroeca brunnea abandonnera le cocon / Un jardin dans le Marais poitevin.

En savoir plus : 

  • Mickael J. Roberts, 2009, Araignées de France et d’Europe, Delachaux & Niestlé.
  • Les Gelis et leur parasitage des cocons d’Agroeca brunnea avec le site european-arachnology.org

Photos JF Irastorza

 

Le ragondin en simple voisin

Ragondin / Un jardin dans le Marais poitevin.

Un jeune ragondin parmi tant d’autres dans le Marais poitevin. Son territoire frôle le potager. Pour l’heure, il ne fait que passer…

Il a une de ses « coulées » à deux pas du jardin. Mais, fort heureusement, lorsque le jeune ragondin (Myocastor coypus) quitte la Sèvre et escalade la berge, il ne lui vient même pas à l’esprit de traverser le halage. La rive est suffisamment herbue pour le rassasier. 

Il est déjà de belle taille. Avec d’impressionnantes incisives orangées. Il passe là tous les jours, plutôt en fin d’après-midi, quand il n’a plus à craindre les chiens des promeneurs. Une visite presque rituelle. Le temps d’une bonne rasade d’herbe dans le soleil couchant de novembre. Puis il se laisse glisser vers la rivière. 

Car il a bien d’autres coins et recoins à visiter. Il passera de l’un à l’autre toute la nuit. Histoire peut-être de varier les plaisirs dans la grande diversité végétale du marais. Histoire aussi de bien établir et de défendre son territoire. Tant que le jardin n’en fait pas partie…

En savoir plus :

  • Le Ragondin avec la LPO

Photos JF Irastorza

 

Le Géophile, précieux mille-pattes

Le Géophile, précieux auxiliaire au potager / Un jardin dans le Marais poitevin

Membre de la grande famille des mille-pattes, le Géophile est carnassier. Il vit essentiellement sous terre. C’est là qu’il trouve son ordinaire.

Le Géophile, un mille-pattes carnivore très utile au potager / Un jardin dans le Marais poitevin.A force de parler souvent ici des ravageurs, on finirait presque par en oublier les précieux auxiliaires du jardin. Il ne faut pas remuer le sol très loin pour trouver celui-ci. Et le voir s’enfouir tout aussitôt. Il mobilise alors chacune de sa trentaine de paires de pattes (ce n’est déjà pas si mal) pour évacuer la terre de sa nouvelle galerie.

Jaune orangé, extrêmement souple et vif, le Géophile n’est pas amateur de légumes. C’est un carnivore et un redoutable prédateur.

L’équilibre du jardin passe notamment par lui pour lutter contre la prolifération du trop fameux Taupin mais aussi contre les larves de la Tipule, les chenilles de la Noctuelle et autres vers gris ou blancs… Au hasard des travaux du potager, il peut surprendre et impressionner par son étrange physique. Le mieux est de le laisser tranquille.

Rien de tel que le Géophile pour lutter contre la prolifération du Taupin, les larves de la Noctuelle et autres vers gris ou blancs / Un jardin dans le Marais poitevin.

Ses proies favorites

Les géophiles sont particulièrement précieux pour lutter contre les fameux « vers gris », autrement dit les chenilles des noctuelles.

Le fameux Taupin ! Un ver jaune orangé, parfois appelé « fil de fer ». C’est la larve d’un petit coléoptère. On lui doit notamment les salades qui s’étiolent (le ver s’attaque au collet) ou les tubercules minés des pommes de terre !

Autres ravageurs prisés par les géophiles : les larves de Tipule dont le régime radicicole peut faire de gros dégâts au potager…

… et celles de la Mouche de Saint-Marc, également friandes de jeunes racines.

Photos JF Irastorza