La bataille de l’eau

Ecureuil à la buvette du jardin / Un jardin dans le Marais poitevin.

La bataille de l’eau, dans le Marais poitevin, on connaît ! Jusqu’au bord de la petite mare du jardin. Mais l’écureuil s’en fiche !

Merleau à la buvette du jardin / Un jardin dans le Marais poitevin.Pas de vraie pluie depuis plus d’un mois. C’est peu dire que le potager et ses résidents tirent la langue. Heureusement, il y a la mare, sous le couvert des grands peupliers. Gare cependant à la bataille de l’eau.

Encore affublés de leurs livrées
juvéniles roussâtres, les turbulents merleaux aimeraient bien en effet régenter la buvette du jardin. Sinon se l’approprier. Il faut dire que leurs nichées du printemps ont connu une belle réussite. Ils sont nombreux les bougres. Et ne tolèrent guère les intrus.

Cela dit, les grives musiciennes ont du répondant et ne s’en laissent pas compter. Elles boivent quand bon leur chante. Et décortiquent imperturbablement leurs escargots sur la margelle…

L’écureuil est tout aussi indifférent aux gesticulations des ados. Il vient là régulièrement entre deux cabrioles et prend tout son temps pour se désaltérer. De quoi encourager les passereaux. Néanmoins prudent, le verdier se faufile parmi les touffes de myosotis pour accéder discrètement à la mare. La fauvette à tête noire est plus téméraire. L’eau n’appartient à personne. Au diable les prétentions de ces balourds de merleaux ! 

En savoir plus sur la fauvette à tête noire avec le site oiseaux.net

Grive musicienne décortiquant un escargot / Un jardin dans le Marais poitevin.

 

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L’Araignée crabe

Araignée crabe, Thomise variable (Misumena vatia) "saignant" sa proie / Une jardin dans le Marais poitevin.

Ses pattes et sa démarche lui valent le surnom d’araignée crabe. Le Thomise variable est un redoutable chasseur à l’affût.

Araignée crabe, Thomise variable (Misumena vatia) passant l'obstacle des pétales de cosmos / Un jardin dans le Marais poitevin.Le plus difficile, pour le Thomise variable (Misumena vatia) du jardin, c’est de se hisser tout là-haut. Et de passer l’obstacle des pétales. Pas si facile avec pareil abdomen ! Ensuite, il lui suffit de beaucoup de patience. En digne membre de la famille des “araignées crabes”, il n’en manque pas.

Thomise variable (Misumena vatia) à l'affût au coeur d'une fleur de cosmos / Un jardin dans le Marais poitevin.Figée au coeur de la fleur de cosmos, la petite araignée est étrangement belle. Le corps blanc nacré, barré d’une ligne latérale rouge-orangé, le thorax et les « pattes de crabes » presque translucides. Prête à saisir le premier butineur venu.

C’est un bourdon des prés. Bien plus gros qu’elle. Pas de quoi l’intimider pour autant. L’attaque est foudroyante. Les longues pattes avant enserrent la proie. Une morsure à la nuque. Et c’est finit. Les pattes se déplient vers l’arrière. Il n’y a plus qu’à déguster. 

Dans la bataille, la fleur s’est légèrement couchée. Bien campé à l’arrière des pétales, l’araignée crabe ne perd pas de temps. Elle “saigne” aussitôt le bourdon en commençant par l’abdomen. Cela va durer des heures.

En savoir plus sur le Thomise variable avec le site afleurdepau.com

Le bourdon n'a pas résisté à l'attaque foudroyante de la Thomise variable (Misumena vatia) / Un jardin dans le Marais poitevin.

Moins voyant sur une fleur de marguerite, le Thomise variable “siphonne” sa proie, une abeille venue butiner. On perçoit bien ici les deux lignes vertes marquant habituellement le thorax de “l’araignée crabe des fleurs”.

Thomise variable, mâle, sur feuille de Sauge de Jérusalem.

Le mâle de la Thomise variable est du genre gringalet…

Thomises variables, femelle et mâle / Un jardin dans le Marais poitevin.

… mais cela ne l’empêche pas de jouer son rôle, dans un couple à la Dubout !

Mi-avril 2021. À l’affût sur l’inflorescence d’une scabieuse.

Début juillet 2020. Dans sa forme jaune citron, le Thomise vient de capturer un syrphe.

Fin août 2020. Un cousin : le Thomise enflé (Thomisus onustus) reconnaissable à la forme anguleuse de l’abdomen (plus globuleux chez le variable). La tête présente également deux tubercules portant les yeux latéraux.

Fin juin 2021. Au bord d’une fleur de lys. Sortie de nulle part, la Thomise variable n’a laissé aucune chance au syrphe venu se régaler de pollen…

 

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Du crépi pour la lanterne

La petite Agroeca brunnea recouvre son cocon d'un enduit de boue / Un jardin dans le Marais poitevin.

Brune, ou plutôt chocolat, l’Agroeca brunnea met une énergie folle dans la protection de son cocon. Sera-ce suffisant contre les parasites ?

L'enduit de boue protège également l'encrage du cocon au brin d'herbe / Un jardin dans le Marais poitevin.A première vue, on pourrait croire à une petite araignée maçonne. C’est un peu cela mais uniquement pour la finition ! Car le nid façonné par l’Agroeca brunnea n’est pas entièrement constitué de boue. En bonne araignée, elle a filé un cocon. Une petite lanterne suspendue à un brin d’herbe. A l’intérieur, une cinquantaine d’oeufs. Le met préféré, hélas, des larves du Gelis, une petite guêpe parasite de la grande famille des Ichneumons.

Alors, pour mieux protéger sa progéniture, l’Agroeca brunnea recouvre le cocon d’un crépis de boue. Une carapace autant qu’un camouflage minutieusement façonné. C’est presque pathétique de la voir s’affairer avec tant d’énergie et d’application. Car le blindage est sans doute illusoire compte tenu de l’efficace tarière avec laquelle l’ennemi injecte ses oeufs. Mais que faire de plus ?

Une fois l’enduit en place, jusque sur les fils d’encrage, la petite araignée abandonnera le cocon et partira en chasse. Pas de toile en effet mais un patient affût. Parmi les feuilles mortes et les herbes basses. Et dans le feuillage des légumes du jardin.

En savoir plus sur les Gelis et leur parasitage des cocons d’Agroeca brunnea avec le site european-arachnology.org

Une fois le crépis en place, l'Agroeca brunnea abandonnera le cocon / Un jardin dans le Marais poitevin.

 

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