Madame Halicte de la Scabieuse

Halicte de la Scabieuse, femelle, début mars 2021.

Début mars ! Aussi précoce l’une que l’autre… Madame Halicte de la Scabieuse sur les premiers capitules de sa fleur emblématique.

Halicte de la Scabieuse, femelle, début mars 2021.Avec son mauve lumineux, la première floraison des touffes de Scabieuse ne pouvait laisser indifférentes les premières butineurs du jardin ! À tout seigneur, tout honneur, évidemment. Le petit Halicte de la Scabieuse (Halictus scabiosae) n’a donc pas manquer ce rendez-vous inaugural. Aussi précoce soit-il.

Halicte de la Scabieuse, femelle, début mars 2021.Auparavant, les capitules de pissenlit l’ont poudré de pollen jaune, entre la visite des pâquerettes et celle de la phacélie. D’un mauve à l’autre.

Il s’agit ici d’une femelle. Fécondée l’été dernier, elle a hiverné et, malgré l’ambiance un peu frisquette de ce début mars, elle se met au travail sans retard. Aménagement d’un terrier, façonnage de petites loges, et, déjà, collecte de pollen pour approvisionner les futures larves. Les brosses des pattes sont efficaces ! La récolte va bon train.

L’Halicte femelle se reconnait notamment à ses antennes coudées mais, surtout, à ses doubles bandes feutrées abdominales. Jaune plus ou moins vif à l’avant, beige clair à l’arrière. Avec un court sillon longitudinal caractéristique à la pointe de l’abdomen.

SOURCES :

Halicte de la Scabieuse, femelle, début mars 2021.

À la pointe de l’abdomen, le court sillon longitudinal caractéristique de Madame Halicte de la Scabieuse.

Une visite incontournable : la planche de phacélie !

Le généreux pissenlit, toujours prêt pour accueillir les premiers butineurs de la fin d’hiver.

Avec un abdomen plus long et plat, Monsieur Haliecte de la scabieuse se distingue également par de longues antennes à l’extrémité en forme de crochet.  Mais seule les femelles, fécondées l’été dernier, ont passé l’hiver. Il n’y a donc pas de mâles au début du printemps ! Ils émergeront bien plus tard…

 

De la bourrache toute l’année ?

Bourrache en fleurs butinée par une Anthophore plumeuse (mâle).

Faut-il vraiment s’en réjouir ? Faute d’un véritable hiver, la bourrache n’aura guère connu d’interruption depuis un an au jardin.

Bourrache en fleurs, abeille charpentière à l'approche.Nés d’un semi naturel, l’été dernier au sortir de la canicule, les vieux pieds de bourrache du jardin reviennent de loin. Malmenés par les pluies incessantes et les bourrasques à répétition, mais épargnés par le gel, ils n’ont jamais cessé de fleurir depuis début septembre. Et les voilà qui passent vaille que vaille l’hiver.

Les premiers butineurs ne pouvaient rêver meilleur comité d’accueil, en complément de l’incontournable le romarin. À commencer par la très active Anthophore plumeuse (Anthophora plumides) dont le mâle est aisément reconnaissable ici aux longues soies de ses tibias médians. Mais aussi l’impressionnante Abeille charpentière (Xylocopa violacea) et la petite Osmie cornue (Osmia cornuta).

Les tiges souvent éclatées et noircies, les vieilles carcasses de bourrache s’épuiseront sans doute assez vite. Mais déjà de nouveaux plants émergent ici et là. Le retour enfin du soleil, annoncé pour les prochains jours, accélérera sans doute le mouvement. Le relai ne devrait pas tarder. De la bourrache toute l’année ?

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Bourrache en fleurs butinée par une Osmie cornue (femelle)

C’était en juin dernier. L’Arlequinette jaune au repos sur un pied de bourrache. Fusillé par la canicule, celui-ci n’en a pas moins abondamment grainé. Et c’est donc la génération suivante, éclose à la faveur des premières pluies d’automne, qui vient de passer l’hiver.

Fuchsia et bourdons

Fuchsia visité par un bourdon des champs.

Comment les étranges et superbes fleurs du fuchsia fonctionnent-elles ? Il suffit de suivre le manège des bourdons pour comprendre…

Fuchsia visité par un bourdon des champs.Il faut la longue langue du Bourdon des champs pour atteindre le nectar du fuchsia. Son talent d’acrobate aussi ! Car si le bel arbuste est généreux, le trésor sucré de ses innombrables fleurs retombantes se mérite.

Fort heureusement, d’une corolle l’autre, le faisceau de huit très longues étamines tombantes est le bienvenu. Une aide précieuse pour s’accrocher, à la renverse, sous le tube violacé donnant accès au Saint des saints. Quatre pétales enroulées en vérité qui peuvent s’écarter si besoin pour faciliter le passage. Tout cela sous la protection du calice rouge vif dont les quatre sépales lancéolés, légèrement relevés, gardent les fleurs voisines à distance.

Ce faisant, chaque acrobatie des bourdons secoue suffisamment les étamines pour que les anthères, disposées en deux étages, dispersent la poussière blanche du pollen. La petite massue du long style central n’attend que cela pour être pollinisée !

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Fuchsia visité par un bourdon des champs.

On perçoit bien ici, dépassant le faisceau d’étamines, le long style rouge à l’extrémité en forme de petite massue. Juste au dessus, les anthères libèrent un peu de pollen blanc à chaque passage des bourdons.

Fuchsia visité par un bourdon des champs.