L’Asile frelon

Asile frelon siphonnant une tipule.

À l’affût comme en vol, il fond sur les insectes de passage. Même les plus gros. L’Asile frelon ne pique pas mais ses proies n’ont aucune chance.

Asile frelon siphonnant une tipule.En ce début d’automne, la Tipule est une proie facile pour l’Asile frelon (Asilus crabroniformis). Elle pullule en effet sur les prairies comme au jardin. L’attaque foudroyante la prend par surprise. En vol et par l’arrière. Aussitôt plaquée au sol, elle est enserrée par de puissantes pattes épineuses. Impossible de se débattre. Le solide rostre noir perce alors le thorax pour en siphonner les fluides internes.

Deux gros yeux bordeaux émergent d’une face hirsute. De longues soies claires hérissent l’arrière du pronotum bossu… L’Asile frelon a une allure cauchemardesque. Il se rattrape un peu avec des ailes rousses joliment dessinées, marquetées de noir, couvrant à peine un long abdomen effilé, noir puis jaune, à la pointe rougeâtre.

Peu engageant sans doute, cet intrépide chasseur est inoffensif pour l’homme. Et bien utile au potager. La tipule en est un bon exemple. Car, si elle n’est pas ravageuse par elle-même, ses larves sont redoutables pour les racines des fleurs comme des légumes.

Asile frelon siphonnant une tipule.

Aussi gros et bruyant d’un frelon en effet. La comparaison s’arrête là. L’Asile frelon vient parfois chasser au jardin, il est surtout familier des prairies alentour. Pourvu qu’il y ait des bouses de vache où installer sa progéniture !

À l’affût, au sol, près d’une vieille souche d’artichaut. le rostre noir est ici bien visible.

En savoir plus :

  • Mouches et moustiques d’Europe, Denis Richard et Pierre-Olivier Maquart, 2024, Delachaux & Niestlé.
  • Guide photo des insectes, Heiko Bellmann, 2019, Delachaux & Niestlé.
  • Le Guide nature au jardin, collectif, 2017, Salamandre.
  • Guide la la vie sauvage du jardin, Michael Chiney, 2002, Delachaux & Niestlé.
  • L’Asile frelon avec le site quelestcetanimal.com

Photos JF Irastorza 

 

La Leptophyie ponctuée

Sauterelle ponctuée, mâle.

Impressionnantes antennes ! La Leptophyie ponctuée est familière du jardin. On la rencontre sur le trèfle des allées. Mais surtout sur les parterres fleuris.

Sauterelle ponctuée, mâle.

Taille maxi : 17 mm. Visible surtout en juilet-août.

Courtaude, un peu voûtée : la Leptophyie ponctuée (Leptophyes ponctatissima) n’a pas la prestance de la Grande sauterelle verte. Il est vrai qu’outre la taille, il lui manque les ailes, réduites à leur plus simple expression. De courts moignons à l’arrière du corselet.

Sauterelle ponctuée, mâle.L’ensemble est pourtant harmonieux. La silhouette de l’abdomen, certes trapue, est ainsi équilibrée par les longues et fines pattes arrière. Sans oublier les antennes filiformes. Interminables. Quatre fois plus longues que le corps !

Piqueté de petits points sombres, la dominante vert tendre est rehaussée par le roux des tibias, des yeux et des antennes. Avec une large bande dorsale brune qui, partant du pronotum, court jusqu’à la pointe de l’abdomen. Du moins ici chez le mâle. Car la femelle est plus uniformément verte. Mais toujours ponctuée.

Cette petite végétarienne apprécie les pétales et le feuillage des parterres fleuris. Notamment des rosiers. Il n’y a pas lieu de trop s’en formaliser. Il y a suffisamment d’oiseaux au jardin pour prévenir toute invasion.

Sauterelle ponctuée, mâle.

Ici un mâle. La femelle, plus uniformément verte, toujours ponctuée, se distingue par un oviscapte plat en forme des faucille.

En savoir plus :

  • Sauterelles, grillons et criquets d’Europe occidentale, Bellmann, Rutschmall, Roesti et Hochkirch, 2020, Delachaux & Niestlé.
  • Guide photos des insectes, Heiko Bellmann, 2019, Delachaux & Niestlé.
  • La Leptophyie ponctuée avec le site quelestcetanimal.com

Photos JF Irastorza

 

L’automne du Syrphe des corolles

Très longs à fleurir cette année, les cosmos comptent parmi les principaux pourvoyeurs de pollen cet automne. Le Syrphe des corolles ne s’en prive pas !

On a vu Madame Syrphe des corolles au printemps explorer les jeunes pousses de rosier. À la recherche d’une colonie de pucerons pour sa progéniture. Plusieurs générations se sont succéder depuis. Et le butinage d’aujourd’hui permet de mieux admirer cette jolie mouche aux couleurs bien contrastées.

De grands yeux bordeaux disjoints. Il s’agit donc ici d’une femelle. À l’avant, deux courtes antennes brunes se détachent sur une face jaune pâle. À l’arrière, une légère fourrure rousse étoffe les côtés du thorax bronze luisant. Puis, en légère saillie, la demi-lune du scutellum affecte un brun clair presque caramel. Enfin, trois paires d’épaisses lunules jaune clair – plus vif chez certains individus – rythment le noir franc d’un l’abdomen large et plat.

En cette mi-octobre, les syrphes restent très présents au jardin. Malgré la pluie, le vent et des températures qui commencent sérieusement à baisser. Il est vrai que le Syrphe des corolles n’en est jamais vraiment absent. Même en hiver.

Le Syrphe des corolles, femelle, sur fleur de cosmos.

Le Syrphe des corolles au fil des saisons

Syrphe des corolles / Un jardin dans le Marais poitevin.

Début mars 2019. En quête de pucerons sur une jeune pousse de rosier.

Mi septembre 2020. Sur un capitule de Bident feuillé.

Début mars 2021. Dans la toute fin de l’hiver, au coeur d’une corolle de Ficaire fausse-renoncule.

Mi mai 2021. En pause sur une feuille de Cornouiller sanguin.

Fin mai 2021. Sur une fleur de fraisier.

Début mars 2022. Première apparition au jardin sur la Moutarde blanche.

Début mai 2022. Sur capitule d’Euryops.

Fin janvier 2023. Au coeur de l’hiver, à l’invitation de la petite Véronique de Perse !

Fin février 2023. Heureusement, les haies protègent (un peu) de la bise ! Au rendez-vous de la Ficaire fausse-renoncule.

En savoir plus :