L’Écaille martre

Écaille martre / Un jardin dans le Marais poitevin.

Sous la canicule, l’Écaille martre s’est réfugiée dans la relative fraicheur d’une haie. Immobile. En attendant la nuit.

Écaille martre / Un jardin dans le Marais poitevin.Elle s’est posée au petit matin du bon côté de la haie. Celui qui, tout le jour, lui évitera les ardeurs du soleil caniculaire. Comme la plupart des papillons dits de nuit, l’Écaille martre (Arctia caja) a replié ses ailes en un « triangle de camouflage ». Le sien est chocolat, parcouru de larges veines blanc crème.

Dérangée, elle ouvre brusquement les ailes, découvrant le rouge vif orangé de ses postérieures, parsemé d’ocelles noirs aux reflets bleutés. Un réflexe censé surprendre et décourager l’intrus.

Finalement, elle se réfugie dans un parfait immobilisme. Sa meilleure défense sans doute dans le secret contrejour de la haie. La tête rétractée dans une abondante fourrure brune, c’est à peine si l’on en distingue le collier rouge.

On l’appelle parfois l’écaille hérisson. Une allusion aux épis de longues soies de sa chenille. Celle-ci apprécie notamment les feuilles du Saule marsault, de l’ortie et de la Reine des prés. Elle n’a que l’embarras du choix dans le marais.

Chenille de l'Écaille martre / Un jardin dans le Marais poitevin.

La cousine chinée

Écaille chinée sur Eupatoire chavirée.

Si l’Écaille martre est strictement nocturne, sa cousine l’Écaille chinée  vole également le jour, surtout dans les senteurs estivale de l’Eupatoire à feuille de chanvre.

En savoir plus :

Photos JF Irastorza 

 

Le Clytre des saules

Clytre des saules en ponte.

Le comble du parasitisme… Le Clytre des saules « maquille » ses oeufs pour les faire transporter jusqu’à la fourmilière par les fourmis elles-mêmes !

Taille maxi : 11 mm. Visible de mai à août.

Madame Clytre des saules (Clytra laeviuscula) est surprise ici en pleine ponte. Entre ses pattes arrière. Elle retient ainsi ses oeufs car, avant de les disséminer, il lui faut les préparer. Elle va donc minutieusement les enduire de ses excréments puis les lâcher sur le passage d’une colonie de fourmis.

Celles-ci vont alors les estimer bons matériaux de construction et les transporter jusqu’à la fourmilière. Sitôt l’éclosion, les larves parasites s’échapperont des parois où elles avaient été incluses pour commencer leur festin. Non sans s’enduire très vite de terre et de leurs propres excréments pour se constituer une gangue protectrice propre à se garder des mandibules des fourmis !

Un thorax noir et luisant d’où la tête dépasse à peine. Des élytres allongés, rouge orangé, marqués de deux points noirs à l’avant et de deux taches plus larges et plus diffuses à l’arrière. Pour sa part, le Clytre des saules se nourrit du feuillage d’arbres divers, saule, Peuplier, Chêne, Orme, Noisetier… Mais aussi de pollen. Notamment de Marguerite.

Clytre des saules : le feuillage des arbres mais aussi le pollen des marguerites.

Sur une feuille de la Sauge toute-bonne.

À l’escalade d’une tige de Cardère sauvage.

Un cousin

À ne pas confondre avec le Crytocéphale à deux taches (Chryptocephalus biponctatus) dont les élytres, rouge orangé, sont à la fois striés et ponctués. Les  taches noires diffèrent de celles du Clytre : moins diffuses à l’arrière, simples tirets à l’avant. Les antennes sont plus longues, avant les quatre premiers articles tirant vers la jaune.

En savoir plus :

  • Coléoptères d’Europe, Vincent Albouy et Denis Richard, Delachaux/Niestlé
  • Le Clytre des saules avec le site quelestcetanimal.com

 Photos JF Irastorza 

Acanthe et Abeille charpentière

Opération brossage des antennes au sortir d’une fleur d’acanthe.

Une fleur et une butineuse à la mesure l’une de l’autre : l’acanthe et l’abeille charpentière. Majestueux duo sous le soleil de juin.

Acanthe et abeille charpentièreAprès avoir expérimenté toutes les fleurs du jardin, ou presque, de la Sauge sclarée à la Rose trémière, de la Sauge de Graham au Penstémon, du Lupin arbustif à la Reine des prés, décidément, c’est l’Acanthe qu’elle préfère ! Même les Artichauts déjà en fleurs, les lumineuses Lavatères ou les éclatants Glaïeuls ne soutiennent pas la comparaison…

Il est vrai que les choses sérieuses battent plus que jamais leur plein pour l’Abeille charpentière (Xylocopa violacea). Du moins pour les femelles. Après un début de printemps peu amène, pollen et nectar sont désormais abondamment disponibles. Alors, il n’est plus temps de batifoler : l’Acanthe est une valeur sûre pour ravitailler le garde-manger des couvains !

Ayant fait leur office, les mâles s’éteindront peu à peu en début d’été. Plus actives que jamais, les femelles mettent les bouchées doubles et bichonnent leurs nurseries. Elles attendront l’émergence de la nouvelle génération (qui hivernera et s’accouplera au printemps) pour passer le relais en août-septembre. 

Acanthe et abeille charpentière

Les mâles (identifiables aux « anneaux d’or » de leurs antennes) ne participent pas à l’approvisionnement des nids et font actuellement leurs derniers tours de piste.

Acanthe et abeille charpentière

Acanthe et Abeille charpentière : il suffit de se glisser entre la bractée pourpre (attention elle pique) et la lèvre trilobée blanche…

Et pourtant, la concurrence est rude ! 

À l’approche de la Sauge argentée.

La Sauge toute-bonne : comme son nom l’indique !

Et quand le tube nectarifère est trop profond, ici avec la Sauge Rio grande, le plus simple est de la perforer au plus près du calice !

Même chose avec la Sauge Hot lips.

Prêt pour un bain de pollen avec la rose trémière !

Monsieur sur les enivrants épis du lupin arbustif.

Les généreux capitules des échinacées font le dos rond pour séduire les butineurs.

Les délicates corolles du Penstémon digitalis lui vont comme un gant !

Quand le butinage tient un peu de la spéléo avec le Penstémon rouge.

Quel plaisir de plonger au petit matin dans la vaporeuse floraison de la Reine des prés !

Quitte à tout essayer, voilà les tout premiers fleurons des artichauts…

En savoir plus : 

 Photos JF Irastorza