Amours estivales chez les petits bleus

À chaque génération son temps des amours ! Voici celui de la fin d’été pour l’Azuré commun dont les chenilles passent l’hiver.

Le temps des amours n’est pas l’apanage du printemps ! Une évidence pour l’Azuré commun (Polyommatus icarus) qui développe deux voire trois générations dans l’année. Émergés depuis peu, les actuels « petits bleus » content ainsi fleurette dès que le soleil de la fin d’été le permet. Et ce n’est pas forcément un chemin bordé de roses.

En témoignent Monsieur et Madame, accouplés ici dos à dos sur une feuille d’Héliotrope d’Europe. Surgit alors un trublion pour le moins sans gêne. Et entreprenant. Monsieur s’interpose aussitôt entre sa belle et le nouveau venu. Sans se désaccoupler pour autant.

Les deux mâles se toisent quelques instants. Puis, furtivement, l’intrus contourne l’obstacle et vient se positionner à l’arrière de Madame. Prêt à forcer le destin. Mais peine perdue ! Monsieur fait volte-face. Madame suit le mouvement et, toujours accouplée, s’accroche sous la feuille. 

Éberlué par le tour de passe-passe, le goujat préfère jeter l’éponge et s’envole. Nullement désarçonnés, les deux autres poursuivent leur affaire. Ce sont leurs chenilles qui passeront l’hiver.

Chez les petits bleus aussi, les amours estivales ne durent guère… Raison de plus pour ne pas se laisser déborder par un malotru !

En savoir plus : 

Photos JF Irastorza

 

La Mélitte de la salicaire

Mélitte de la salicaire

Un étonnant vert jaune : la généreuse récolte de pollen mêlé de nectar aux pattes arrière de la très active Mélitte de la salicaire.

Mélitte de la salicaire

Taille maxi : 12 mm. Visible de juin à août.

On a déjà vu ici une petite mélitte noire, abeille sauvage inféodée aux panicules jaune d’or de la Lysimaque. Voici une de ses cousines, la Mélitte de la Salicaire (Mellita nigricans), elle aussi liée aux zones humides.

Comme la plupart des membres du genre, son régime alimentaire exclusif facilite sa découverte. En l’occurence, au coeur de l’été, auprès de la Salicaire commune (Lythrum salicaria).

Si la dominante est également noire, les bandes abdominales blanches y sont plus prononcées et régulières que chez la Mélitte de la Lysimaque. Et, loin d’être nu, le thorax présente une fourrure légère, brun roux, dont on perçoit quelques échos sur le premier et le dernier segments de l’abdomen.

Chargées de pollen mêlé de nectar, les brosses des pattes postérieures prennent une couleur incomparable. Entre jaune et vert. De quoi garnir les réserves des futures larves. Une progéniture difficile : du pollen de salicaire sinon rien !

Mélitte de la salicaire

L’autre Mélitte du marais 

Mélitte de la lysimaque.

L’autre Mélitte du Marais poitevin est, elle, inféodée à la Lysimaque qui lui donne son nom.

En savoir plus :

  • Abeilles, bourdons, guêpes et fourmis d’Europe, Bellmann, 2019, Delachaux & Niestlé.
  • Insectes du jardin, JF Irastorza, 2026, La Geste éditions.
  • Melitta nigricans avec la galerie du Monde des insectes

 Photos JF Irastorza 

 

L’Amaryllis

Amaryllis mâle / Un jardin dans le Marais poitevin.

Chacun ses goûts. Les chenilles du lumineux Amaryllis préfèrent le chiendent des prés voisins aux légumes du potager. Et c’est très bien comme ça !

Amaryllis, mâle.

Envergure maxi : 45 mm. Visible de juin à août. Une « virgule » centrale brune pour le mâle.

De taille moyenne, brun orangé, assez peu farouche, c’est le papillon estival par excellence. L’Amaryllis (Pyronia tithonus) se distingue immédiatement par un ocelle noir doublement pupillé de blanc aux antérieures. Et sa lumineuse dominante fauve lorsqu’il ouvre les ailes. 

Le petit ocelle noir des postérieures, simplement pupillé, est parfois peu ou pas lisible.

Le contraste est alors saisissant entre l’ardente plage centrale et sa large marge brune. Surtout chez la femelle. Puisqu’une épaisse « virgule » transversale brune en atténue l’intensité chez le mâle. 

Si l’Amaryllis vient au jardin, le vol tranquille, c’est uniquement pour butiner. Ou s’abandonner au farniente au bord des haies ensoleillées. Mais il préfère les prés alentour pour établir sa progéniture. Ses chenilles se développent ainsi sur pâturin, fétuque et chiendent. Parfait ! 

Couple d'Amaryllis in copula / Un jardin dans le Marais poitevin.

Trois à quatre petits points blancs, dans des halos brunâtres, aux postérieures.

D’un été l’autre…

Début juillet. Sitôt émergés, sitôt accouplés. Ici sur un capitule d’artichaut en fleurs.

Début août. Et une, et deux et trois canicules ! C’est peu dire que le jardin est grillé. Foi d’Amaryllis !

Fin août. Un peu de fraicheur dans la canicule avec la menthe aquatique, sur les prairies humides du marais.

Mi-juillet. Sur les capitules jaunes du Séneçon-de-Jacob. Le petit ocelle noir simplement pupillé est ici bien visible aux postérieures.

Aux antérieures, les écailles de la « virgule »participent à la diffusion des phéromones.

En savoir plus :

  • Guide pratique des papillons de jour, 2022, Moussus, Lorin et Cooper, Delachaux & Niestlé.
  • Insectes du jardin, 2026, JF Irastorza, La Geste éditions.
  • L’Amaryllis avec le site quelestcetanimal.com
  • L’Amaryllis avec le site papillonsetjardin.org

Photos JF Irastorza