La Cétoine grise juvénile

Cétoine grise juvénile sur bourrache.

Une jeune Cétoine grise juvénile encore toute ébouriffée. Un taquin hasard l’a portée vers la bourrache. La ramure la plus poilue du jardin.

Cétoine grise juvénile sur bourrache.

Étrange créature ! À l’unisson des tiges et des boutons floraux hirsutes de la Bourrache qu’elle explore ici consciencieusement… À bien y regarder, la petite tête, les antennes et les pattes (c’est à peine si on les distingue perdues dans une toison fauve délavée) sont assez caractéristiques pour qu’on identifie une cétoine. Oui mais laquelle ?

Il suffit de se décaler un peu pour considérer la « bête » non plus de profil mais de dos. Apparaissent alors les élytres noirs tachés de blanc. Une cétoine grise donc. Oxythyrea funesta, alias le Drap mortuaire. 

Tout juste émergée, elle n’a pas encore perdu sa dense pilosité adolescente et présente une étrange « croûte »  à l’arrière des élytres. Un souvenir de sa vie d’avant. Lorsqu’elle était larve. Bref, un reliquat du cocon de boue dont elle s’était dotée pour abriter sa métamorphose. 

Amatrice de nectar et de pollen, elle broutera aussi étamines, pistils et même coroles. Cela lui vaut une réputation de ravageuse. Mais n’exagérons rien. Tant qu’elle n’est pas en surnombre, le jardin en a vu d’autres !

Cétoine grise juvénile sur bourrache.

Un reliquat de son ancien cocon de boue adhère encore ici à l’élytre de la Cétoine grise juvénile.

La Cétoine grise adulte

Des marques blanches sur fond noir : la Cétoine grise doit son sobriquet de Drap mortuaire au souvenir des tentures qui théâtralisaient jadis les obsèques.

En savoir plus : 

  • Vincent Albouy et Denis Richard, 2017, Coléoptères d’Europe, Delachaux et Niestlé.
  • Oxythyrea funesta avec la galerie du site insecte.org
  • La Cétoine grise avec le site quelestcetanimal.com

Photos JF Irastorza

 

Le Panache jaune

Panache jaune, mâle.

Le Panache jaune, moins d’un centimètre, hors les impressionnantes antennes bien sûr. Les femelles en sont dépourvues. Elles n’ont même pas d’ailes !

Taille maxi : 9 mm. Visible en juin-juillet (mâle).

Sans aucun doute, l’insecte auxiliaire le plus superbement « encorné » du jardin ! Avec ses spectaculaires antennes en forme de peigne, Monsieur Drile jaunâtre (Drilus flavescens), alias le Panache jaune, perçoit de loin les phéromones de Madame. Comment faire autrement pour trouver l’âme soeur ?

Car celle-ci ne vole pas. Ni ailes, ni élytres. Petites pattes et petites antennes, elle a plus de la larve que du coléoptère. Mystères de l’amour ! L’accouplement a lieu actuellement pour une ponte avant l’été.

Commence alors une longue vie de squatteur dont profite, sans le savoir, le jardinier ! Car chaque larve du Panache jaune s’attaque bientôt au premier petit escargot venu. Pour le dévorer et s’installer dans sa coquille. À chaque mue, un escargot plus gros. Le cycle peut durer 3 à 4 ans. Quoi de plus confortable qu’une coquille vide, sous la litière de feuilles mortes, pour passer l’hiver ?

Panache jaune à l'envol.

Panache jaune, mâle, à l’envol sur un petit piquet de bambou du jardin. Par l’imagination, supprimez les élytres chamois, les ailes noires, les antennes pectinées, les hautes pattes. Ajoutez de courtes antennes, des petites pattes. Le tout dans une dominante fauve nuancée de noir. Et voilà Madame ! Pour le moins différente du mâle. Si lui fréquente les fleurs et broute le pollen, elle ne prend même pas la peine de s’alimenter et meurt peu de temps après la ponte. Étonnante destinée.

En savoir plus : 

  • Albouy et Richard, 2017, Coléoptères d’Europe, Delachaux et Niestlé.
  • Quatre belles pages consacrées aux différents stades larvaires du Drile jaunâtre sur le site insectes-net.fr

Photos JF Irastorza

 

Le Téléphore moine

Un discret auxiliaire. Le Téléphore moine chasse notamment larves et chenilles. Et sa progéniture adore escargots et petites limaces.

Téléphore moine sur ombelle de Cerfeuil des bois.

Taille maxi : 14 mm. Visible d’avril à juillet.

Son cousin, le petit Téléphore fauve, grand amateur de pucerons, est familier du jardin où il patrouille parfois en grand nombre à la belle saison. De plus grande taille, un bon centimètre et demi, le Téléphore moine (Cantharis rustica) est tout aussi utile. Et ses larves davantage encore !

En ce début de printemps, noir mâtiné de rouge, avec un petit coeur au centre du scutellum, on le rencontre surtout sur les ombellifères, notamment celles du Cerfeuil des bois. Il s’y gave de nectar mais, également carnivore, il n’hésite pas à croquer les petits insectes de rencontre. Notamment les chenilles. 

Sa progéniture se développe au sol. On aimerait lui montrer le chemin du potager. Et plus particulièrement des semis de salades, de carottes et de radis. Car si elle fait son ordinaire de petits insectes et larves en tous genres, elle a surtout un péché mignon : les petites limaces et les escargots ! 

Téléphore moine sur ombelle de Cerfeille des bois.

Silhouette allongée. Fine pubescence sur les élytres noirs. Pattes noires avec fémurs tachés de rouge.

Volontiers chasseur, le Téléphore moine est aussi une proie ! Victime ici d’une araignée-crabe.

Deux cousins

Un cousin presque semblable. Ici, poudré de pollen, sur une feuille de Cornouiller sanguin, le Téléphore sombre (Cantharis fusa) présente notamment un pronotum rouge avec une tache sombre, non pas centrale mais touchant le bord antérieur. Son régime est le même : nectar mais aussi pucerons et petits insectes.

Téléphore fauve sur feuille de marguerite / Un jardin dans le Marais poitevin.

Même silhouette allongée. Une dominante orangée marquée de noir à l’extrémité des élytres. Le Téléphore fauve est également amateur de nectar et carnivore. Grand consommateur de pucerons notamment.

En savoir plus : 

  • Coléoptères d’Europe, 2017, Vincent Albouy et Denis Richard, Delachaux & Niestlé.
  • Guide photo des insectes, Heiko Bellmann, 2019, Delachaux & Niestlé.
  • Insectes du jardin, 2026, JF Irastorza, La Geste éditions.
  • La famille des Cantharides avec le site aramel.free.fr

Photos JF Irastorza