La Mégachile des jardins

Mégachile des jardins, mâle, sur fleur de bourrache.

Une abeille sauvage sur son 31 ! Le mâle de la Mégachile des jardins arbore tout à la fois « gants blancs » et coiffure iroquoise.

Taille maxi : 16 mm. Visible de mai à août. Rouge orangé, la brosse de collecte de la femelle vire au noire sur les derniers segments de l’abdomen.

Des tarses avant nettement aplatis, laiteux, rehaussés d’une frange de soies blanches. Voilà qui évoque le mâle de la Mégachile poignets-laineux (Megachile lagopoda), familier des artichauts en fleurs chaque début d’été. Un proche cousin assurément. Mais Monsieur Mégachile des jardins  (Megachile willughbiella) est d’un moindre gabarit. Et, petite coquetterie, ses franges tarsales sont mâtinées d’orangé.

Abondante sur le thorax et la face, où elle varie du brun roux au gris fauve selon les individus, la fourrure se raréfie sur l’abdomen, limitée à de fines bandes grisâtres pour en rythmer les segments.

Sans fanfreluches aux tarses avant, la femelle se distingue surtout par sa brosse ventrale de collecte. Rouge orangé, celle-ci vire au noir sur la pointe et les côtés de l’abdomen. Coupeuse de feuilles, Madame récolte ainsi des « confettis » pour tapisser et aménager son nid creusé dans du bois mort. Cela dit, d’anciennes galeries d’insectes xylophages peuvent très bien convenir. 

Mégachile des jardins, mâle, sur fleur de bourrache.

Et si, le moment venu, la femelle n’était pas insensible aux « gants blancs » du mâle ? Surtout si quelque phéromone vient les parfumer !

Mégachile des jardins, mâle, sur fleur de bourrache.

Une fourrure frontale très fournie pour une allure « iroquoise » caractéristique.

En savoir plus :

  • Abeilles, bourdons, guêpes et fourmis d’Europe, Bellmann, 2019, Delachaux & Niestlé.
  • Insectes du jardin, JF Irastorza, 2026, La Geste éditions.
  • Megachile willughbiella avec la galerie du site insecte.org
  • Les mégachiles avec le site aramel.free.fr

Photos JF Irastorza 

 

Le Cryptocéphale à corselet rugueux

Cryptocéphale à corselet rugueux sur crépide.

Noir et jaune orangé : le Cryptocéphale à corselet rugueux, un petit coléoptère d’un demi-centimètre tout au plus. La tête dans les épaules !

Cryptocéphale à corselet rugueux sur crépide.

Taille maxi : 5 mm. Visible de mars à juillet.

Amateur de composées jaunes, le Cryptocéphale à corselet rugueux (Cryptocéphalus rugicollis) apprécie notamment les crépides en bordure du jardin. En attendant les marguerites. On le dit « rugueux » par allusion à son thorax bombé, noir luisant, ponctué et très finement couvert de courtes soies blanches. À peine visibles à vrai dire.

Cela dit, jaune orangé, bordés de noir, les élytres sont également ponctués et pubescents. Ils se distinguent ici par deux épais traits noirs, l’un à l’avant, l’autre plus diffus à l’arrière. Quand à la tête, engoncée sous le thorax (crypto = caché), on n’en voit généralement que les yeux et les solides antennes annelées.

Les Cryptocéphales appartiennent à la famille des Crysomèles, généralement considérées comme ravageuses. Pas de panique ici ! Les minuscules coléoptères (moins de 5 mm) se nourrissent plutôt sur les fleurs. Et leurs larves, éclectiques, sur les feuilles d’arbres divers, saules, aulnes, noisetiers, aubépines, peupliers… Avec cette particularité familiale : elles se confectionnent un fourreau protecteur avec leurs propres excréments ! 

Cryptocéphale à corselet rugueux sur crépide.

Ce n’est pas systématique et se distingue à peine ici : une petite tache noire apparaît parfois à l’avant des élytres, à proximité de la suture.

La rencontre avec Madame Syrphe porte-plume donne l’échelle du Cryptocéphale à corselet rugueux.

Deux cousins 

Le Cryptocéphale à deux points sur un bouton de marguerite.

Cryptocéphale soyeux

Le Cryptocéphale soyeux dans une corolle de bouton d’or.

En savoir plus : 

 

  • Coléoptères d’Europe, Vincent Albouy et Denis Richard, 2017, Delachaux & Niestlé.
  • Guide photo des insectes, Heiko Bellmann, 2019, Delachaux & Niestlé.
  • Le Guide nature au jardin, collectif, 2017, Salamandre.
  • Guide la la vie sauvage du jardin, Michael Chiney, 2002, Delachaux & Niestlé.
  • Le Cryptocépale à corselet rugueux avec les Carnets nature de Jessica
  • La famille des Cryptocéphales sur le site aramel.free.fr
  • Cryptocephalus rugicollis avec la galerie du site insecte.org

Photos JF Irastorza

 

La Phalène ornée

Phalène ornée sur feuille d'hémécoralle.

La Phalène ornée : dentelle raffinée, un rien désuette, comme sur un éventail de soie aux tonalités d’ivoire.

Phalène ornée sur feuille d'hémécoralle.

Envergure maxi : 25 mm. Visible de mai à septembre.

Ornée ? Si, si ! Oh, rien de spectaculaire mais une allure tellement raffinée. Laissez-vous donc prendre au charme diaphane de la Phalène ornée (Scopula ornata). Une blancheur envoûtante, voilée de gris, délicatement mouchetée de noir et, surtout, bordée d’une bande ondoyante de dentelle comme on n’en fait plus !

La petite phalène ne fait d’ailleurs pas mystère de ses atours surannés. Papillon de nuit certes, elle volète aussi le jour et, lorsqu’elle se pose, elle étale sans vergogne tout son falbala… Mais, gare, si vous approchez trop près, elle ira se fondre dans la végétation basse;

Présente tout l’été au jardin et sur les prairies voisines, elle installe sa progéniture sur diverses aromatiques. Les petites « arpenteuses » sont friandes notamment de menthe, thym, mélisse, origan… Sans compromettre à vrai dire infusions et bouquets garnis !

Phalène ornée sur feuille d'hémécoralle.

Comme un éventail aux tonalités ivoire, bordé d’une élégante passementerie.

En savoir plus :

  • Hétérocères diurnes, 2020, Rainer Ulrich, Delachaux & Niestlé.
  • Insectes du jardin, 2026, JF Irastorza, La Geste éditions.
  • La Phalène ornée avec les Carnets nature de Jessica

Photos JF Irastorza