Tant pis pour les fleurs !

Rhubarbe : couper assez tôt les hampes florales.

La rhubarbe, c’est parti ! Gare à ne pas trop lui laisser la bride sur le cou. Pour des côtes charnues, mieux vaut en effet couper maintenant les hampes florales.

Rhubarbe : la vieille souche sort de sa léthargie hivernale.On a beau aimer les grandes ombelles, comme celles de l’Angélique qui pousse tout à côté, il faut bien se résoudre à choisir… Mais, à vrai dire, avec quelques savoureuses tartes à la rhubarbe dans la balance, il n’y a pas vraiment photo !

Rhubarbe : les hampes florales friseront les deux mètres avant l'été.C’est maintenant qu’il faut opérer. En ce tout début de printemps, la vielle souche sort de sa longue léthargie hivernale. Quelques feuilles tirbouchonnées, déjà de belle taille, commencent à se déployer. Et, au beau milieu, deux solides hampes prennent leur élan. Elles mettent les bouchées doubles. À ce rythme-là, elles friseront les deux mètres avant l’été. Quitte à épuiser la souche et compromettre la vigueur des feuilles. Avec des côtes riquiqui à la clé.

Mieux vaut donc sans tarder y couper court. Tant pis pour les fleurs. Mais l’énergie ainsi économisée se reportera sur les pétioles qui n’en seront que plus épais, fermes et charnus.  Rendez-vous bientôt pour une première récolte.

Mieux vaut cueillir la rhubarbe jeune pour des tronçons charnus bien tendres, acidulés juste ce qu’il faut. Voir la recette.

Photos JF Irastorza

 

La Punaise des noisettes

Punaise des noisettes, accouplement à peine dérangé par une Osmie cornue.

C’est la saison des amours pour la Punaise des noisettes. La nouvelle génération émergera en fin d’été. Comme les noisettes fraîches !

Punaise des noisettes, accouplement sur fleur de pommier.

Taille maxi : 14 mm. Visible toute l’année.

S’il est des accouplements furtifs, voire expéditifs, comme ceux de l’abeille Anthidie par exemple, c’est loin d’être le cas pour le Gonocère, alias la Punaise des noisettes (Gonocerus acuteangulatus) ! Ces deux-là sont restés accolés des heures durant, immobiles ou presque, au creux d’une fleur de pommier…

Pas vraiment de quoi troubler la petite Osmie cornue. Excusez le dérangement, M’sieur dame ! Juste le temps de siroter une ou deux gouttes de nectar. Et la voilà déjà partie. Les deux tourtereaux n’ont pas eu le temps de broncher.

La Punaise des noisettes passe l’hiver à l’état adulte sous la litière de feuilles mortes. Elle se réveille au printemps et ne tarde pas à s’accoupler. Pour bientôt mourir. La nouvelle génération apparaît au cour de l’été. Les noisettes sont alors jeunes et vertes. Faciles à percer donc pour le rostre du Gonocère qui se délecte des amandes tendres et juteuses.

Punaise des noisettes, accouplement sur fleur de pommier.

Silhouette élancée, dominante brun chamois, thorax moins large que l’abdomen, angles du pronotum très saillants, pattes jaune pâle, antennes jaune orangé.

À ne pas confondre avec la Corée marginée (Coreus marginatus), plus brune, dont l’abdomen plat déborde largement sur les côtés des élytres. À noter également l’extrémité noire des antennes orangées.

En savoir plus : 

  • Hémiptères de France, 2015, Romain Garrouste, Delachaux & Niestlé.
  • Guide photos des insectes, Heiko Bellmann, 2019, Delachaux & Niestlé.
  • Insectes du jardin, 2026, JF Irastorza, La Geste éditions.
  • La Punaise des noisettes avec le site quelestcetanimal.com
  • La Punaise des noisettes avec les Carnets nature de Jessica

Photos JF Irastorza

 

La Viole rouge

La Viole rouge (Spilostethus pandurus)

La Viole rouge. Joli nom pour une punaise. Le potager n’a pas grand chose à en craindre. Tant qu’elle y vient en touriste. Et en solitaire.

La Viole rouge (Spilostethus pandurus).

Taille maxi : 15 mm. Visible en deux génération avec un pic printanier puis automnal.

Dans la série des punaises rouges et noires du jardin, voici la Viole rouge (Spilostethus pandurus). Impossible à confondre avec sa cousine la Punaise de la Jusquiame. Et plus encore avec le Gendarme. Elle s’en distingue notamment par sa taille respectable. Un bon centimètre et demi. Hors antennes.

Fleurs et plantes sauvages : elle a des goûts très éclectiques. On la rencontre surtout dans les prairies et les haies alentour. Finalement assez rarement au jardin. Elle est ici en touriste. Seule. Et c’est très bien comme ça.

Pourquoi la Viole rouge ?

Peut-être en raison des deux bandes verticales noires, fortement échancrées, qui marquent son corselet. La tache centrale rouge qui en résulte évoque la silhouette de l’instrument de musique.

Peut-être aussi pour le côté baroque de son agencement coloré. Profusion de détails, courbes, contre-courbes : un savant désordre fait de contrastes et d’estompes. Depuis les hémélytres jusqu’à la petite tête pointue.

Mais la Viole rouge sait aussi faire preuve de sobriété. Elle porte une simple tache blanche sur la membrane de ses ailes sombres. Pas si difficile à identifier finalement. Un point, c’est tout.

La Viole rouge (Spilostethus pandurus).

Au nombre des insectes piqueurs suceurs, la Viole rouge est réputée pour ses ravages dans les cultures vivrières d’Asie notamment. Elle n’est ici présente qu’en petit nombre, sans grande conséquence pour le jardin et le verger.

En savoir plus : 

  • Hémiptères de France, 2015, Romain Garrouste, Delachaux & Niestlé.
  • Guide photos des insectes, Heiko Bellmann, 2019, Delachaux & Niestlé.
  • Le guide nature au jardin, collectif, 2017, Salamandre.
  • Insectes du jardin, 2026, JF Irastorza, La Geste éditions.
  • La Viole rouge, alias la Punaise à damier, avec le site quelestcetanimal.com

Photos JF Irastorza