Madame Cuivré fuligineux

Madame Cuivré fuligineux sur trèfle violet.

Moins encrassée que son compère, Madame Cuivré fuligineux aurait-elle fait un brin de toilette avant de passer au jardin ?

Monsieur Cuivré fuligineux sur trèfle violet.

Envergure maxi : 30 mm. Visible de mai à septembre.

Comme saupoudré de suie. Le qualificatif de l’espèce vaut surtout pour le mâle que l’on dirait en effet sorti d’une cheminée ! Plus coquette, Madame Cuivré fuligineux (Lycaena tityrus) semble s’être époussetée.

Si quelques suffusions noirâtres persistent aux antérieures, le fond cuivré n’en est pas moins lumineux. Avec une animation de taches brunes, sagement alignées à la marge, plus dansantes par ailleurs.

Les ailes postérieures rappellent davantage le mâle. Hormis une bordure de perles orangées pointées de brun, le fond est si « encrassé » qu’on peine à y distinguer les petites taches noires semées sur fond brun.

En visite au jardin où il affectionne notamment Trèfle violet et Menthe odorante, le Cuivré fuligineux est surtout familier des prairies humides alentour. Madame y installe sa progéniture sur les rumex, particulièrement l’Oseille des prés. La vinette comme on dit en Poitou.

Madame Cuivré fuligineux.

Des franges blanches très nettes chez la femelle comme chez le mâle.

Monsieur Cuivré fuligineux.

Quelques reflets bleutés selon l’orientation de la lumière.

Madame Cuivré fuligineux sur phacélie.

Un semi de taches noires sur fond beige orangé et une ligne marginale d’oves orangées aux pointes soulignées de noir : chez les deux sexes, les suffusions fuligineuses s’estompent depuis l’attache vers la marge extérieures.

En savoir plus : 

  • Guide pratique des papillons de jour, 2022, Moussus, Lorin et Cooper, Delachaux & Niestlé.
  • Insectes du jardin, 2026, JF Irastorza, La Geste éditions.
  • Le Cuivré fuligineux avec le site quelestcetanimal.com

Photos JF Irastorza

 

En manque de petits bleus !

Petits bleus : l'Azuré commun.

D’ordinaire si familiers au jardin, les « petits bleus » et autres papillons sont comptés cette année. Comme nombre de butineurs !

Petits bleus : Azuré commun.

Étrange été ! Le contre-coup sans doute d’un long printemps pluvieux et frisquet. Le manque de soleil jusqu’en début juillet se traduit aujourd’hui par un manque de papillons et singulièrement de « petits bleus ». Exit ou presque les habituels Azurés porte-queue, de la faucille, des Nerpruns, des Anthyllides,… Seul l’Azuré commun, alias l’Azuré de la Bugrane, fait tardivement son apparition ces jours-ci.

Annonce-t-il un large retour virevoltant en cette fin d’été ? On aimerait le croire car cuivrés, nacrés, damiers, mélitées et hespéries aussi manquent à l’appel. Certes quelques voiliers – Paons du jour, Soucis et Myrtils notamment – passent parfois au jardin en compagnie de la petite Carte de géographie et de Robert le diable. Mais où sont passés Flambés, Machaons, Belles dames, Citrons, Grandes tortues, Mars changeants et Tabacs d’Espagne ?

Faut-il se consoler en constatant que syrphes et abeilles sauvages ne sont guère légion non plus ? Jusqu’aux bourdons hélas dont les ouvrières sont restées chétives tout l’été. Bref une année globalement chiche pour les butineurs ! 

Soyons optimiste. L’été a encore un bon mois pour redresser la barre. Se faisant, en choyant ici les futures reines, là les imagos appelés à passer l’hiver, sans oublier ceux qui passeront dès l’automne le relai à leurs larves hivernantes, il préparera de foisonnantes émergences pour le prochain printemps !

Petits bleus : l'Azuré commun.

En savoir plus : 

Photos JF Irastorza

 

L’Amaryllis

Amaryllis mâle / Un jardin dans le Marais poitevin.

Chacun ses goûts. Les chenilles du lumineux Amaryllis préfèrent le chiendent des prés voisins aux légumes du potager. Et c’est très bien comme ça !

Amaryllis, mâle.

Envergure maxi : 45 mm. Visible de juin à août. Une « virgule » centrale brune pour le mâle.

De taille moyenne, brun orangé, assez peu farouche, c’est le papillon estival par excellence. L’Amaryllis (Pyronia tithonus) se distingue immédiatement par un ocelle noir doublement pupillé de blanc aux antérieures. Et sa lumineuse dominante fauve lorsqu’il ouvre les ailes. 

Le petit ocelle noir des postérieures, simplement pupillé, est parfois peu ou pas lisible.

Le contraste est alors saisissant entre l’ardente plage centrale et sa large marge brune. Surtout chez la femelle. Puisqu’une épaisse « virgule » transversale brune en atténue l’intensité chez le mâle. 

Si l’Amaryllis vient au jardin, le vol tranquille, c’est uniquement pour butiner. Ou s’abandonner au farniente au bord des haies ensoleillées. Mais il préfère les prés alentour pour établir sa progéniture. Ses chenilles se développent ainsi sur pâturin, fétuque et chiendent. Parfait ! 

Couple d'Amaryllis in copula / Un jardin dans le Marais poitevin.

Trois à quatre petits points blancs, dans des halos brunâtres, aux postérieures.

D’un été l’autre…

Début juillet. Sitôt émergés, sitôt accouplés. Ici sur un capitule d’artichaut en fleurs.

Début août. Et une, et deux et trois canicules ! C’est peu dire que le jardin est grillé. Foi d’Amaryllis !

Fin août. Un peu de fraicheur dans la canicule avec la menthe aquatique, sur les prairies humides du marais.

Mi-juillet. Sur les capitules jaunes du Séneçon-de-Jacob. Le petit ocelle noir simplement pupillé est ici bien visible aux postérieures.

Aux antérieures, les écailles de la « virgule »participent à la diffusion des phéromones.

En savoir plus :

  • Guide pratique des papillons de jour, 2022, Moussus, Lorin et Cooper, Delachaux & Niestlé.
  • Insectes du jardin, 2026, JF Irastorza, La Geste éditions.
  • L’Amaryllis avec le site quelestcetanimal.com
  • L’Amaryllis avec le site papillonsetjardin.org

Photos JF Irastorza