En manque de petits bleus !

Petits bleus : l'Azuré commun.

D’ordinaire si familiers au jardin, les « petits bleus » et autres papillons sont comptés cette année. Comme nombre de butineurs !

Petits bleus : Azuré commun.

Étrange été ! Le contre-coup sans doute d’un long printemps pluvieux et frisquet. Le manque de soleil jusqu’en début juillet se traduit aujourd’hui par un manque de papillons et singulièrement de « petits bleus ». Exit ou presque les habituels Azurés porte-queue, de la faucille, des Nerpruns, des Anthyllides,… Seul l’Azuré commun, alias l’Azuré de la Bugrane, fait tardivement son apparition ces jours-ci.

Annonce-t-il un large retour virevoltant en cette fin d’été ? On aimerait le croire car cuivrés, nacrés, damiers, mélitées et hespéries aussi manquent à l’appel. Certes quelques voiliers – Paons du jour, Soucis et Myrtils notamment – passent parfois au jardin en compagnie de la petite Carte de géographie et de Robert le diable. Mais où sont passés Flambés, Machaons, Belles dames, Citrons, Grandes tortues, Mars changeants et Tabacs d’Espagne ?

Faut-il se consoler en constatant que syrphes et abeilles sauvages ne sont guère légion non plus ? Jusqu’aux bourdons hélas dont les ouvrières sont restées chétives tout l’été. Bref une année globalement chiche pour les butineurs ! 

Soyons optimiste. L’été a encore un bon mois pour redresser la barre. Se faisant, en choyant ici les futures reines, là les imagos appelés à passer l’hiver, sans oublier ceux qui passeront dès l’automne le relai à leurs larves hivernantes, il préparera de foisonnantes émergences pour le prochain printemps !

Petits bleus : l'Azuré commun.

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Photos JF Irastorza

 

La double pupille de l’Amaryllis

Amaryllis mâle / Un jardin dans le Marais poitevin.

Chacun ses goûts. Les chenilles du lumineux Amaryllis préfèrent le chiendent des prés voisins aux légumes du potager. Et c’est très bien comme ça !

Amaryllis, mâle.

Une « virgule » centrale brune pour le mâle.

De taille moyenne, brun orangé, assez peu farouche, c’est le papillon estival par excellence. L’Amaryllis (Pyronia tithonus) se distingue immédiatement par un ocelle noir doublement pupillé de blanc aux antérieures. Et sa lumineuse dominante fauve lorsqu’il ouvre les ailes. 

Le petit ocelle noir des postérieures, simplement pupillé, est parfois peu ou pas lisible.

Le contraste est alors saisissant entre l’ardente plage centrale et sa large marge brune. Surtout chez la femelle. Puisqu’une épaisse « virgule » transversale brune en atténue l’intensité chez le mâle. 

Si l’Amaryllis vient au jardin, le vol tranquille, c’est uniquement pour butiner. Ou s’abandonner au farniente au bord des haies ensoleillées. Mais il préfère les prés alentour pour établir sa progéniture. Ses chenilles se développent ainsi sur pâturin, fétuque et chiendent. Parfait ! 

Couple d'Amaryllis in copula / Un jardin dans le Marais poitevin.

Trois à quatre petits points blancs, dans des halos brunâtres, aux postérieures.

D’un été l’autre…

Début juillet 2021. Sitôt émergés, sitôt accouplés. Ici sur un capitule d’artichaut en fleurs.

Début août 2022. Et une, et deux et trois canicules ! C’est peu dire que le jardin est grillé. Foi d’Amaryllis !

Fin août 2022. Un peu de fraicheur dans la canicule avec la menthe aquatique, sur les prairies humides du marais.

Mi-juillet 2023. Sur les capitules jaunes du Séneçon-de-Jacob. Le petit ocelle noir simplement pupillé est ici bien visible aux postérieures.

Fin juillet 2024. Conséquence sans doute d’un interminable printemps pourri, l’émergence a été très tardive cette année.

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Photos JF Irastorza

 

Carte géographique : vive la saison 2 !

Carte géographique, génération estivale.

Après le bref tour de piste de la génération printanière, bienvenue à la version estivale de la petite Carte géographique !

Carte géographique, génération printanière.

La lumineuse génération printanière, début avril, sur l’aubépine en fleurs.

La première génération de la Carte géographique (Araschnia levana) avait pourtant bien ouvert le bal des premiers beaux jours, début avril, notamment sur l’aubépine en fleur. Et puis, patatras ! Quel printemps pourri. On ne l’a pas revue depuis. Elle n’en a pas moins secrètement rempli sa mission : la génération suivante vient ainsi d’arriver. Sous un soleil resplendissant.

D’une saison l’autre, la livrée de ce petit papillon familier du jardin pourrait faire croire à deux espèces distinctes. Avec une lumineuse dominante orangée au printemps. Noire en été. Le revers toutefois ne change guère, avec ce réseau évocateur de lignes blanches qui lui vaut son nom et un « fond de carte » où alternent blanc crème, noir et surtout brun rouge.

Cette saison 2 accompagnera le jardinier jusqu’en septembre. Les chenilles se développeront bientôt au bord du halage et sur les prairies du marais. Exclusivement sur les orties. Et ce seront les chrysalides qui passeront l’hiver.

Carte géographique, génération estivale.

Le contraste est évidemment marquant sur les capitules de marguerite ! Une dominante noire rehaussée de lignes blanches et rouge orangé. Outre le revers des ailes, les deux générations partagent un abdomen noir finement rayé de blanc.

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Photos JF Irastorza