Le Grand sphinx de la vigne

La chenille du Grand sphinx de la vigne sur Gaillet gratteron.

À défaut de discrétion, la chenille du Grand sphinx de la vigne ne manque pas d’arguments pour dissuader ses éventuels prédateurs.

Longueur de la chenille : 80 mm.

Il y a bien une treille au jardin. Mais de là à attirer le Grand sphinx de la vigne… C’est pourtant bien sa chenille ici à l’escalade, en bord de haie, sur une tige de gaillet. Un de ses autres repas favoris. Avec le fuchsia notamment.

Impressionnante ! Sept bons centimètres. Un corps noirâtre replet. Des lignes de petites tâches beiges et bleutées. On jurerait des écailles. Pour parfaire l’illusion du serpent, la chenille se tortille et se balance de droite et de gauche au moindre dérangement.

Son museau en forme de groin, qui lui vaut le surnom de Petit pourceau, est alors vite rétracté. La tête se gonfle d’autant. Ses quatre ocelles prennent Chenille du grand sphinx de la vigne, une face inquiétante propre à dissuader les importuns.ainsi l’allure de gros yeux noirs aux paupières fardées de bleu et de gris.

Pour aller jusqu’au bout de la dissuasion, le jeu des couleurs de la face imite une bouche béante dotée d’une solide dentition. Un Petit pourceau doublé d’un menaçant bouledogue !

Cela dit, malgré une scrupuleuse inspection, pas d’autre chenille serpentine à l’horizon. Pas de Grand Sphinx de la vigne non plus. Il est vrai que l’imposant papillon rose et brun est nocturne. Il est aussi réputé ne pas apprécier les zones humides. L’exception qui confirme la règle sans doute.

Un des tout premiers stades larvaires de la chenille du Grand sphinx de la vigne. D’un vert tendre, elle arbore déjà ses deux paires « d’yeux » (jaunes et rouges à ce stade) et son épine dorsale (blanche, noire et rouge). Sans oublier le mufle rétractable ici à demi étiré. Ce n’est qu’en fin d’évolution qu’elle foncera pour devenir brun gris.

En savoir plus : 

  • Hétérocères diurnes, 2020, Rainer Ulrich, Delachaux & Niestlé.
  • Insectes du jardin, 2026, JF Irastorza, La Geste éditions.
  • Le Grand sphinx de la vigne et sa chenille avec le site insectes-net.fr

Photos JF Irastorza

 

La Pyrale pourprée

Pyrale pourprée sur feuille de sauge / Un jardin dans le Marais poitevin.

Magnifique petit papillon, la Pyrale pourprée vole et butine de jour comme de nuit. Avec un faible pour les aromatiques.

Pyrale pourprée sur feuille de sauge / Un jardin dans le Marais poitevin.

Envergure maxi : 20 mm. Visible de mai à septembre.

Leschenilles de la Pyrale pourprée (Pyrausta purpuralis) ont des goûts de luxe et se limitent aux plantes aromatiques. Particulièrement la menthe. Au jardin comme dans les champs.

Minuscule, pas plus grosse qu’une pièce de 2 centimes au repos, elle saute pourtant aux yeux avec sa superbe livrée. La dominante des ailes antérieures est pourpre, illuminées de taches dorées soulignées de noir. Il est d’ailleurs injuste de parler de taches. Surtout au regard du fleuron au graphisme subtile qui s’épanouit dans le prolongement la petite tête aux yeux clairs. Masquées au repos, les ailes postérieures sont plus sombres mais néanmoins rehaussées d’or.

Ce n’est pas tant la Pyrale pourprée, paisible butineuse, de jour comme de nuit, qui est susceptible de ravages. Mais ses chenilles. Pour l’heure, rien d’inquiétant. Sans doute a-t-elle préféré la belle station de menthe sauvage de la peupleraie voisine pour installer sa progéniture. Tant mieux.

Fin septembre. Tout d’or et de rouge vêtue sur la menthe aquatique d’une prairie humide.

À ne pas confondre avec la Pyrale de la menthe (Pyrausta aurata) qui lui ressemble beaucoup dans son allure et son comportement. Parmi les différences : la tache jaune du bord interne des ailes antérieures, large et entière chez la Pyrale pourpre, fragmentée chez la Pyrale de la menthe.

En savoir plus :

  • Hétérocères diurnes, 2020, Rainer Ulrich, Delachaux & Niestlé.
  • Guide photo des insectes, 2019, Heiko Bellmann, Delachaux & Niestlé.
  • Insectes du jardin, 2026, JF Irastorza, La Geste éditions.
  • La Pyrale pourprée avec le site Les carnets nature de Jessica

Photos JF Irastorza

 

L’arlequinette jaune

Arlequinette jaune sur fleur de bourrache / Un jardin dans le Marais poitevin.

Ne cherchez pas un costume bariolé !  L’arlequinette cherche plutôt à se faire oublier dans un sobre contraste noir et jaune pâle.

Arlequinette jaune sur pétiole d'une fleur de bourrache / Un jardin dans le marais poitevin.Sa tenue de camouflage a malgré tout belle allure. Et ses grands yeux bleus pointés de noir attirent irrésistiblement le regard. L’Arlequinette jaune (Acontia trabeatis) s’est réfugiée parmi les fleurs de bourrache. Sans doute pour attendre la nuit. Même s’il lui arrive de voler le jour.

Bourdons et abeilles ne la dérangent pas. Le photographe davantage. Elle passe ainsi de fleurs en feuilles pour chercher un couvert. Et finit par s’envoler en quête d’un gîte plus tranquille.

Loin du costume multicolore d’Arlequin, la livrée de l’arlequinette alterne plus sobrement noir et jaune pâle, dans un jeu de taches et de larges lignes sinueuses. Jusque sur sa tête minuscule sommée de deux longues antennes. Et sur les pointes de ses vigoureuses pattes.

Comme celles du Ptérophore blanc, ses chenilles ne s’intéressent pas aux légumes du potager. Elles sont plutôt inféodées à la mauve et surtout au liseron. Décidément, ce fichu liseron ne manque pas d’intérêt pour les bestioles du jardin.

Arlequinette jaune sur fleur de bourrache / Un jardin dans le marais poitevin.

En savoir plus :

Photos JF Irastorza