Une abeille bien “encornée”

Eucère sp. sur Trèfle des prés.

Waouh, quelles antennes ! Ainsi affublé, Monsieur Eucère sp. guette Madame dont l’émergence ne saurait tarder.

Eucère sp. sur Trèfle des prés.Avec pareils attributs, des antennes plus longues que le corps, on songe à l’Eucère longicorne (Eucera longicornis) déjà rencontrée au jardin voilà un an sur une fleur de pommier. Pourtant, ici, pas de pourpoint roux. Mais une fourrure plutôt grisâtre, sur le thorax et les premiers segments de l’abdomen. Alors ? Par prudence, on l’appellera simplement Eucère sp.

Dans la famille, ce sont les mâles qui sont ainsi « encornés ». Ils patrouillent actuellement au jardin autour des fleurs de Trèfle des prés. Peu amènes, ils se font la chasse les uns les autres. Chacun son territoire. En attendant l’émergence des femelles ! En ce tout début mai, cela ne devrait plus tarder.

Pendant ce temps-là, l’Ophrys abeille (Ophrys apifera) commence à fleurir ici et là. C’est le bon moment. La petite orchidée sauvage profitera de l’impatience de ces messieurs. Les corolles, il est vrai, sont si joliment trompeuses… Le pollen passera ainsi d’une fleur l’autre au gré de ces pseudo-copulations. Et chaque année la même question : comment être là au bon moment avec un appareil photo !

Source : 

Eucère sp. sur Trèfle des prés.

Eucère sp. sur jeune pousse de ronce bleue.

Un peu de repos au pied d’une haie, sur une jeune pousse de ronce bleue. Avec cette toison grisâtre et le clypéus jaune, n’étaient les longues antennes, on songe à l’Anthophore plumeuse. Mais pas de longues soies aux pattes médianes de Monsieur Eucère sp. !

Eucère longicorne en pause dans les allées du jardin.

Thorax et premiers segments de l’abdomen roux pour l’Eucère longicorne (Eucéra longicornis), ici en pause au sol, dans une allée du jardin.

Chaque année, fin avril, début mai, les leurres de l’Ophrys abeille commencent à se mettre en place au jardin. Les deux pollinies jaunes sont ici bien visibles sous l’étroit casque verdâtre. Elles s’accrocheront aux abeilles sauvages mâles – particulièrement les Eucères sp. – attirés par l’artifice odorant et coloré de la belle orchidée sauvage. Ainsi les pseudo-copulations favoriseront-elles la dissémination du pollen d’une fleur à l’autre.

 

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