Le Sphinx gazé

Sphinx gazé sur Sauge des bois.

Aussi fuselé et vif que le « papillon colibri », le Sphinx gazé se distingue notamment pas ses ailes transparentes bordées de rouge.

Sphinx gazé sur Sauge des bois.

Envergure maxi : 50 mm. Visible de mai à août.

Même silhouette fuselée, même vivacité que son cousin le Moro sphinx. Mais les ailes du Sphinx gazé (Hemaris fusiformis) sont transparentes et bordées de rouge sang. Blanchâtre en face ventrale, l’épaisse fourrure ébouriffée est barrée d’un large ceinture brun-rouge. Sans oublier le toupet noir à la pointe de l’abdomen ! 

La composition de la face dorsale est identique avec une dominante olivâtre. Ce vert brun mat se diffuse sur la naissance des ailes et vient coiffer une petite tête ronde dominée par deux solides antennes noires en forme de massue.

Champion du vol stationnaire, il aborde ici une fleur de Sauge des bois. La longue trompe coudée va s’insinuer entre les deux lèvres bleu violacé avec une étonnantes précision. Une goutte de nectar sans même poser les pattes ! Et le voilà qui passe déjà à une fleur voisine. Puis une autre. Avant de disparaître comme il est venu. Comme par enchantement.

Sphinx gazé sur Sauge des bois.

Le Sphinx gazé est très éclectique dans sa dégustation de nectar. Ses chenilles sont plus sélectives avec une préférence pour les feuilles de chèvrefeuille et de scabieuse.

Moro sphinx en vol stationnaire sur mirabellier en fleurs / Un jardin dans le Marais poitevin.

Le corps fuselé grisâtre, les ailes orangées : le cousin Moro sphinx en vol stationnaire, la longue trombe tendue vers le nectar du mirabellier en fleurs.

En savoir plus : 

  • Hétérocères diurnes, 2020, Rainer Ulrich, Delachaux & Niestlé.
  • Insectes du jardin, 2026, JF Irastorza, La Geste éditions.
  • La famille des sphinx avec le site aramel.fre.fr

Photos JF Irastorza

 

Le Diachrome allemand

Diachrome allemand sur feuillage de Cerfeuil des bois.

Après les graines fraîches des ombellifères et des graminées, le Diachrome allemand patrouille au sol à la recherche des graines superficielles.

Taille maxi : 10 mm. Visible d’avril à juillet.

Dans la famille Carabe, on est plutôt carnivore. Et donc chasseur. Une traque généralement nocturne. Larves en tous genres, chenilles, limaces et escargots. Le Diachrome allemand (Diachomus germanus) fait donc exception. Mais, pour être végétarien, il n’en est pas moins bon auxiliaire au jardin !

Son truc à lui, ce n’est pas la sève, les racines, les feuilles ou les fleurs. Mais les graines. De préférence avant maturité. C’est pourquoi, en ce début de printemps, on le rencontre  sur les premières ombellifères des bords de chemin où les graines encore vertes commencent à être légion. Sinon, le Diachrome allemand fréquente évidemment les graminées des prairies.

Excellent marcheur, il patrouille aussi au sol, y compris au jardin, et fouille la terre en quête de graines superficielles dispersées par le vent ou les oiseaux. Par là, il limite la prolifération des plantes adventices, venues d’on ne sait où et dont la spontanéité peut faire concurrence aux cultures potagères.

Diachrome allemand sur feuillage de Cerfeuil des bois.

Tête et pattes orangées, thorax noir aux reflets bleutés, élytres striés orangés avec tache noire apicale. Le Diachrome allemand est, avec 8-10 mm, l’un des plus petits membres de la famille Carabe.

En savoir plus :

  • Albouy et Richard, 2017, Coléoptères d’Europe, Delachaux & Niestlé.
  • La famille des Carabes avec le site aramel.free.fr

Photos JF Irastorza

 

Le Calameute pygmée

Calameute pygmée sur fleur de bouton d'or.

Potentiellement ravageur des cultures céréalières, le Calameute pygmée apprécie aussi carex et laîches des prairies humides du marais.

Calameute pygmée sur fleur de bouton d'or.

Taille maxi : 11 mm. Visible d’avril à août.

Il semble avoir une prédilection pour les fleurs jaunes. Alors, évidemment, en ce début mai, au jardin comme dans les prairies alentour, ce sont les boutons d’or qui ont sa préférence. La fine silhouette allongée du Calameute pygmée (Calameuta pygmaea) s’y détache avec délicatesse.

Vu du dessus, la dominante est d’un noir bien franc et luisant. Ailes, thorax, pattes, tête et longues antennes épaissies en forme de massue à l’extrémité. Et pourtant, c’est son long et lumineux abdomen orange qui le caractérise le mieux. D’autant qu’il dépasse franchement des ailes et, surtout, que le Calameute n’hésite pas à le relever pour plonger vers la source de nectar ! 

Apparaît alors le fourreau de l’ovipositeur pointé de noir, une sorte de « scie » avec laquelle les femelles perforent les tiges de graminées ou de céréales pour y déposer leurs oeufs. À l’origine, c’est là une espèce typiquement méditerranéenne. Mais, depuis quelques années, elle remonte vers le nord. Et la voilà dans le Marais poitevin où elle semble s’adapter à la végétation sauvage des prairies humides.

Calameute pygmée sur fleur de bouton d'or.

Les Céphides sont des hyménoptères sans « taille de guêpe »,  proches parents des Tenthrèdes. Ici, position caractéristique du Calameute pygmée « plongeant » pour mieux atteindre le nectar du bouton d’or.

Un cousin, peut-être Calameuta pallipes, à l’abdomen noir cerclé de fins anneaux jaune clair. Ici encore une femelle dont l’ovipositeur dépasse de la pointe abdominale.

En savoir plus : 

  • Guide photo des insectes, Heiko Bellmann, 2019, Delachaux & Niestlé.
  • La famille des Céphides, dont le Calemeute pygmée, avec le site aramel.free.fr

Photos JF Irastorza