Du pollen, en veux-tu en voilà !

Chaque chose en son temps. La Ronce commune fait actuellement grand étalage de pollen. C’est pour mieux préparer notre gourmandise de la fin d’été.

Syrphes sur fleurs de Ronce commune / Un jardin dans le Marais poitevin.La confiture de mûres, ce sera dans quelques semaines. Syrphes, abeilles et bourdons commencent à y travailler activement dans les haies. La Ronce commune amorce en effet sa floraison. La concurrence est certes rude auprès des butineurs mais, pour un amateur de nectar ou de pollen, il n’y a pas photo !

Abeille et Oedémère noble sur fleur de Ronce commune / Un jardin dans le Marais poitevin.Les cinq pétales blanc-rosé s’étalent largement, puis se rabattent vers l’arrière, libérant un impressionnant bouquet d’étamines. Blanc rosé également, les petits sacs de pollen sont légion. Les carpelles ne le sont pas moins.

Plus discrètement ramassés en petit fagot, au centre, ils ne tarderont pas à être fécondés dans tout ce remue-ménage ! Chacun d’entre eux deviendra une des petites drupes, noires, parfumées et juteuses, agglomérées au sein de la future mûre.

La maturation va s’opérer tout l’été. Pour l’heure, pas d’inquiétude, même si les nuits sont encore fraîches en ce début juin. La Ronce commune est moins exigeante que tomates, aubergines, piments et courgettes qui commencent à s’impatienter au potager !

Abeille sur fleur de Ronce commune / Un jardin dans le Marais poitevin.

Abeilles butinant et à l'approche d'une fleur de la Ronce commune / Un jardin dans le Marais poitevin.

Plus on est petit, plus il faut savoir s’imposer ! La petite abeille sauvage n’a pas l’air d’être impressionnée par sa cousine domestique.

Une allure de frelon pour la Volucelle zonée.

Myrtil sur fleur de Ronce commune / Un jardin dans le Marais poitevin.

Pour le Myrtil, c’est plutôt le nectar !

Le Paon du jour sera là en fin d’été pour siroter les baies bien juteuses !

La Sésie de l’oseille a beau se donner des airs d’hyménoptère, si, si c’est bien un papillon.

En savoir plus : 

  • Guide des fleurs sauvages, Richard Fitter, Alaster Fitter et Marjorie Blamey, 2009, Delachaux & Niestlé
  • Fleurs sauvages, guide nature, collectif, 2022, La Salamandre.
  • Orchidées de Poitou-Charentes et Vendée, Jean-Claude Guérin, Jean-Michel Mathé, André Merlet, Maryvonne Lorgeré, 1995, Éd. Méloé.
  • Avec l’herbier numérique du site flore-en-ligne.fr
  • Avec le site sauvagesdupoitou.com

Photos JF Irastorza 

 

La Grande sésie du peuplier

Grande sésie du peuplier, accouplement.

La Grande Sésie du peuplier : une silhouette massive, des ailes transparentes… Et un si petit Monsieur !

Envergure maxi : 50 mm (femelle). Visible de mai à août.

Le papillon frelon ! Parmi les noms vernaculaires de la Grande sésie du peuplier (Sesia apiformis), celui-ci a le mérite d’être imagé sans trahir la réalité. Car, comme toutes les sésies, il s’agit bien d’un papillon. Mais, noir, jaune et roux, elle ressemble en effet à un gros hyménoptère. Y compris par son vol lourd et bruyant. Est-il besoin de préciser qu’elle ne pique pas ?

Un long et épais abdomen cerclé de jaune, cantonné de petites ailes transparentes aux solides nervures rousses : le corps est finement velu, jusque sur les pattes et la face. Sans oublier le petit toupet de la pointe abdominal.

En ce début juin, c’est la saison des amours. L’accouplement a lieu « en opposition » et c’est Madame qui mène la danse ! Le petit Monsieur ne peut pas faire autrement que de suivre le mouvement, parmi les herbes, au pied des peupliers du jardin. Les larves grignoteront l’écorce avant d’y creuser des excavations puis de pénétrer dans le bois où elles séjourneront jusqu’à la nymphose du prochain printemps.

Grande sésie du peuplier, accouplement.

L’accouplement peut s’éterniser. Et quand Madame se déplace, pour échapper aux importuns par exemple, elle traîne le « petit monsieur » derrière elle ! On perçoit bien ici les petites ailes transparente aux solides nervures rousses. L’abdomen est presqu’entièrement cerclé de jaune. Sauf le segment central qui reste noir.

Une cousine

Sésie de l'oseille sur fleur de ronce commune.

Une cousine : la Sésie de l’oseille sur une fleur de Ronce commune. Beaucoup plus petite mais même silhouette, avec long abdomen massif, longues antennes à la pointe recourbée, ailes hyalines et… petit toupet à la pointe de l’abdomen.

Vous avez dit « petit monsieur » ?

Dans la série des amours disproportionnées : l’Andrène cendrée

Thomises variables, femelle et mâle / Un jardin dans le Marais poitevin.

… et la Thomise variable à qui revient la palme des amours improbables !

En savoir plus : 

  • Hétérocères diurnes, 2020, Rainer Ulrich, Delachaux & Niestlé.
  • Insectes du jardin, 2026, JF Irastorza, La Geste éditions.
  • La famille des sésies avec le site aramel.free.fr

Photos JF Irastorza

 

La Sauge des bois

Dans la série des sauges du jardin, voici le bleu violacé de la Sauge des bois. Des petites fleurs aussi nombreuses que très mellifères.

On ne risque pas de la confondre avec la commune Sauge des prés (Salva pratensis). Même si, de prime abord, la Sauge des bois (Salvia nemorosa) lui ressemble un peu. Mais pas de toucher poisseux pour les solides tiges de la seconde. Et ses étroites feuilles gaufrées, dégagent une forte odeur aromatique. Un simple effleurement suffit.

Par étages successifs, ses petites fleurs vont par quatre. Perpendiculairement ordonnées autour de la tige à section carrée. D’un bleu soutenu, tirant sur le violet, elles sont fidèles à la tradition des sauges. Labiacées donc, avec une large lèvre inférieure trilobée pour accueillir les butineurs. Et, juste au-dessus, une lèvre repliée en forme de faucille pour abriter les étamines. L’extrémité bifide du style unique en émerge, prête à caresser la fourrure poudrée de pollen ici du petit Bourdon des prés. Les sauges font décidément merveille au jardin !

Source : 

Sauge des bois et Bourdon des prés.

Parmi les aficionados de la Sauge des bois, le petit Bourdon des prés, ici un mâle à l’abondante fourrure jaune sur fond noire, avec le « cul roux » naturellement…

… et l’Anthidie à manchettes, un mâle reconnaissable notamment aux longues soies blanches de ses pattes et à son comportement belliqueux : intolérant en diable, il chasse tout concurrent, souvent en le percutant de plein fouet !

Butinage en vol stationnaire pour le Sphinx gazé. Avec une précision millimétrique, la longue trompe s’insinue entre les deux lèvres bleu violacé pour y puiser le nectar.

Plus commune, la Piéride du chou fréquente assidûment les petites fleurs bleues de la Sauge des bois.

Petite Mégachile sp. et sa brosse orangée.

Début mai 2022. Madame Anthophore plumeuse sur les premiers épis de la Sauge des bois.

Fin mai 2022. Première visite printanière pour la Belle-Dame.

Mi mai 2022. Avec les compliments du majestueux Flambé.

Quelques autres sauges du jardin

Un violacé plutôt clair : la Sauge des prés.

Sauge toute-bonne et abeille charpentière.

Fleurs blanches nuancées de mauve : la Sauge toute-bonne

… la Sauge farineuse

… et la Sauge des marais.