L’Épeire porte-croix

Epeire porte-croix et sa proie.

Si l’Épeire porte-croix capture ici une abeille, son régime très varié en fait un bon auxiliaire au jardin où elle participe à la régulation des insectes ravageurs.

Epeire porte-croix.

Taille maxi : 22 mm. Visible de juin à septembre.

Et dire que la vaste toile était parfaite ! L’Épeire diadème (Araneus diadematus), alias l’Épeire porte-croix, l’avait soigneusement tendue au petit matin entre deux pommiers du jardin. En quelques secondes, la voilà dépenaillée, secouée par les soubresauts d’une abeille soudainement prise au piège. 

À vrai dire, l’agitation désespérée ne dure que quelques secondes. Jusqu’alors bien cachée, la grosse araignée surgit de nulle part et se rue sur sa proie. Celle-ci est vite « emmaillotée ». Plus aucun mouvement n’est possible dans cette camisole de soie blanche.

Avec l’automne, l’Epeire diadème est parvenue à pleine maturité. Brun orangé, marquée ici et là de rouille, notamment sur les pattes, elle présente une large croix blanche sur le dos. Il s’agit là d’une femelle à l’abdomen bien rebondi. La ponte aura sans doute bientôt lieu. À l’abri d’un cocon jaunâtre, dans quelqu’anfractuosité d’une écorce où les oeufs passeront l’hiver. La nouvelle génération apparaitra dès les premiers beaux jours.

Epeire porte-croix et sa proie.

La toile a beaucoup souffert de la capture. Qu’importe ! L’Épeire porte-croix en reconstruira une nouvelle demain au petit matin. À moins que le moment soit venu pour elle de pondre…  Une fois le cocon refermé sur les oeufs, elle se laissera mourir.

En savoir plus : 

  • Araignées de France et d’Europe, Michael J. Robert, 2020, Delachaux & Niestlé.
  • L’Épeire porte-croix avec le site quelestcetanimal.com

Photos JF Irastorza

 

L’Écrevisse de Louisiane

L’invasive Écrevisse de Louisiane a la bougeotte. Elle traverse ici une prairie proche du jardin pour rejoindre le fossé d’à-côté…

Écrevisse de Louisiane.Autant elle peut être vive dans l’eau, même basse, autant elle semble se traîner parmi les herbes de cette prairie voisine du jardin. Sans doute la traverse-t-elle pour passer d’un fossé à l’autre. Maculée de vase, elle hésite entre gris et brun mais s’illumine de rouge au moindre rayon de soleil : une Écrevisse de Louisiane (Procambarus clarkii).

À l’approche de l’intrus, elle se dresse en prenant appui sur sa large nageoire caudale. Prête à l’attaque… Elle écarte ses puissantes pinces hérissées de petits tubercules rouges. Approches si tu l’oses !

La bravache aurait mieux fait de filer à l’anglaise au lieu de retenir ainsi l’attention. Car, invasive, elle se développe, ici comme ailleurs, aux dépens notamment de sa cousine autochtone à pattes blanches. Mieux vaut ne pas la laisser proliférer. Torsion de la pointe abdominale. Son sort est vite réglé. Elle ne tardera pas à faire le bonheur d’un prédateur. Héron ou loutre. Sans compter les insectes.  À moins qu’une de ses congénères passe à son tour par là…

Écrevisse de Louisiane.

Écrevisse de louisiane.

En savoir plus :

Photos JF Irastorza

 

La Xylote indolente

Xylote indolente sur feuillage d'une haie.

Gourmande de miellat, la Xylote indolente fait le ménage au jardin où elle coupe ainsi court à l’élevage de pucerons par les fourmis.

Xylote indolente.

Taille maxi : 15 mm. Visible d’avril à novembre.

Contrairement aux autres syrphes du jardin, on ne voit guère la Xylote indolente (Xylota segnis) naviguer de corolles en capitules. Elle furète plutôt sur le feuillage des haies et des buissons. Voire des légumes. Pas si indolente que cela d’ailleurs ! Mais que cherche-t-elle ainsi inlassablement ?

À proprement parler, elle ne chasse pas. Elle n’est en effet pas carnivore. Non. Elle est plutôt en quête de gourmandises à lécher sur les feuilles. Du pollen dispersé par le vent et surtout divers miellats produits par des insectes parasites, pucerons, aleurodes ou cicadelles. 

En faisant consciencieusement le ménage, elle coupe court à la prolifération d’autres amateurs de ces excrétions sucrées. Les champignons tels que la fumagine par exemple. Sans oublier les fourmis. Pas miellat, pas d’élevages de pucerons. Tant mieux !

Avec son thorax bronze et ses ailes légèrement fumées, la Xylote indolente est facile à reconnaître. Surtout grâce à ses longues pattes arrière. Avec de solides fémurs noirs tachés de blanc dessus, hérissés d’épines dessous. Et des tibias jaunes et noirs fortement arqués.

Xylote indolente sur feuille de Bident feuillé.

Les larves de la Xylote indolente se développent dans le bois pourrissant des arbres morts.

En savoir plus :

  • Mouches et moustiques d’Europe, Denis Richard et Pierre-Olivier Maquart, 2024, Delachaux & Niestlé.
  • Guide photo des insectes, Heiko Bellmann, 2019, Delachaux & Niestlé.
  • Le Guide nature au jardin, collectif, 2017, Salamandre.
  • Guide la la vie sauvage du jardin, Michael Chiney, 2002, Delachaux & Niestlé.
  • La Xylote indolente avec le site quelestcetanimal.com

Photos JF Irastorza