L’Éristale bronzé

Éristale bronze sur capitule de Bident feuillé.

Une petite mouche aux étranges yeux pointillés : l’Éristale bronzé, familier des corolles et capitules jaunes des prairies humides.

Éristale bronze sur capitule de Bident feuillé.

Maillezais maxi : 9 mm. Visible de mars à novembre.

Souvent de belle taille, comme l’Éristale tenace, les membres de la tribu présentent parfois une livrée ornée de jaune vif, comme l‘Eristale des fleurs. Voilà donc l’exception qui confirme la règle. L’Éristale bronzé (Eristalinus aeneus) est courtaud avec, comme son nom le suggère, une dominante lustrée plutôt sombre. 

Malgré sa petite taille, on le repère assez facilement à son thorax noir rayé de gris, à son court abdomen sans tache aux reflets bronze et, surtout, à ses grands yeux clairs piquetés de taches brunes. En outre, ses ailes hyalines arborent la fameuse nervure « en V » emblématique des éristales.

Inféodé aux zones humides, amateur de nectar et de pollen, il installe sa progéniture dans les eaux peu profondes et dormantes des fossés. Ses larves s’y nourrissent des végétaux morts et autres matières organiques en décomposition.

Petit éristale bronzé sur Véronique de Perse.

En savoir plus :

Photos JF Irastorza 

 

 

Le Sphécode commun

Sphécode commun sur capitule de Bident feuillé.

Dans la série des abeilles-coucou du jardin, voici le petit Sphécode commun, parasite des halictes, et son emblématique abdomen orange et noir.

Sphécode commun sur feuille de Bident feuillé.

Taille maxi : 14 mm. Visible de d’avril à septembre.

Sale temps pour les dernières abeilles sauvages de la saison ! Après la longue sécheresse qui a sérieusement limité les sources de nectar, voici les fortes pluies quotidiennes… Les fenêtres de tir s’en trouvent réduites d’autant pour les ultimes sorties de butinage. En l’occurence, ce n’est pas vraiment un problème pour le Sphécode commun (Sphecodes ephippius).

Pas besoin de réserve de nectar et de pollen en effet pour les abeilles-coucou ! Bien-sûr, le Sphécode commun butine. Mais en dilettante. Égoïstement, ses besoins se limitent en effet à sa consommation personnelle. Avec le seul souci de trouver le nid d’une abeille plus industrieuse que lui pour y abandonner sa progéniture. Généralement celui d’un haclicte. Ses larves y détruiront le couvain pour mieux en dévorer le garde-manger.

Petite taille (7/8 mm), solides antennes annelées, ailes fumées, fin duvet gris sur une dominante noire : l’espèce se distingue surtout par son abdomen en partie orangé. De nombreux cousins lui ressemblent beaucoup, avec un distinguo notamment dans la proportion plus ou moins grande de cet orangé abdominal.

Sphécode commun sur capitule de Bident feuillé.

Deux cousins

Un cousin : le Sphécode à labre blanc. En patrouille ici au flanc d’un talus, fin mars, à la recherche sans doute d’un terrier de Collète lapin (Collètes cunicularius), sa cible favorite.

Sphécodes sp. sur origan en fleurs.

Autre abeille indéterminée du genre Sphécodes, avec l’abdomen orangé légèrement pointé de noir.

En savoir plus :

 Photos JF Irastorza 

 

La Mouche tigresse

Coenosia tigrina sur feuille de Bident feuillé.

Une livrée passe-partout et une redoutable voracité : la Mouche tigresse est un discret mais précieux auxiliaire au jardin.

Coenosia tigrina sur feuille de Bident feuillé.

Taille maxi : 7 mm. Visible d’avril à octobre.

Bon, c’est vrai, on a déjà vu mouche plus sexy ! Coenosia tigrina est à la fois minuscule – 6/7 mm – et dodue. C’est surtout l’abdomen rondouillard et courtaud qui lui donne cette silhouette replète. Et pas le moindre motif aux couleurs vives pour rehausser l’ensemble ! 

Certes, la blancheur de la petite tête ronde la distingue un peu. Les grands yeux rouge-bordeaux aussi. Mais la dominante est passe-partout. Gris jaunâtre, piquetée de taches plus sombre, hérissée de solides soies noires, tant sur l’abdomen que sur le thorax. Et même sur les pattes où alternent gris, noir et rougeâtre.

Reste que ladite mouche est bienvenue au jardin. Songez ! Malgré sa petite taille, ses qualités de chasseuse lui valent le surnom de Mouche tigresse. Et ses larves ne sont pas en reste. Petits vers et petits insectes au menu quotidien… Avec une prédilection, dit-on, pour la Mouche de l’oignon. Rien que pour cela, on lui pardonne volontiers d’aller aussi parfois chercher ses proies sur quelque cadavres ou excréments ! 

Coenosia tigrina sur bractée de Bident feuillé.

Pupe de la Mouche de l’oignon installée dans la tige d’un jeune plan d’ail.

En savoir plus :

  • Mouches et moustiques d’Europe, Denis Richard et Pierre-Olivier Maquart, 2024, Delachaux & Niestlé.
  • Guide photo des insectes, Heiko Bellmann, 2019, Delachaux & Niestlé.
  • Le Guide nature au jardin, collectif, 2017, Salamandre.
  • Guide la la vie sauvage du jardin, Michael Chiney, 2002, Delachaux & Niestlé.
  • À propos de la lutte contre la Mouche de l’oignon
  • À propos des mouches Muscidae dont Coenonia trigrina

Photos JF Irastorza