La Lucilie soyeuse

Lucilie soyeuse sur Bident feuillé.

Elle est plutôt jolie. Mais les habitudes alimentaires de la Lucilie soyeuse, notamment autour de de la viande, lui valent une sale réputation !

Lucilie soyeuse sur Bident feuillé.Il faut bien avouer que son véritable nom est plus avenant que la plupart de ses sobriquets… Lucilie soyeuse (Lucilia seritacata), c’est quand même plus sexy que Mouche verte, Mouche à viande ou Mouche des cadavres ! 

À vrai dire, il existe une vingtaine de « mouches vertes » plus ou moins différentes. Celle-ci est une des plus communes. Elle se distingue notamment, d’où son  nom, par ses longues soies noires. Avec une disposition thoracique caractéristique : en deux lignes transversales à l’avant de la suture et trois à l’arrière. À noter encore, outre sa couleur vert métallique emblématique, de grands yeux rouge-bordeaux sur une face blanc-argenté.

Reste que si ladite mouche apprécie nectar, pollen et fruits blets, elle se régale aussi de jus de viande plus ou moins décomposée ! Elle y installe d’ailleurs sa progéniture. Dans la nature, les larves font ainsi utilement le ménage sur la carcasse des animaux morts. Revers de la médaille, cette fréquentation des charognes – et des excréments – lui vaut la réputation de véhiculer divers agents pathogènes. Jusque sur les tables de pique-nique !

Sources :

Lucilie soyeuse sur Bident feuillé.

Éristale bronzé sur Bident feuillé.

À ne pas confondre avec l’Éristale bronzé dont l’abdomen présente une couleur métallique vert-bronze légèrement cuivrée.

Avec un look très différent, surtout pour le mâle ici,  la Stercoraire est affublée de noms vernaculaires encore moins ragoûtants : la Mouche du fumier mais aussi la Mouche à merde !

 

La Xanthie paillée

Xantihe paillée sur feuille morte de peuplier.

Inféodée aux zones humides, la Xanthie paillée est assez fréquente dans le Marais poitevin où ses chenilles se développent dans les chatons des peupliers.

Xantie paillée sur feuille morte de peuplier.

Envergure maxi : 30 mm. Visible d’août à octobre.

Une seule génération par an. Pour quelques semaines seulement. Et en automne !  La Xanthie paillée (Xanthia ocellaris) apparaît fin août, début septembre, mais le gros de la troupe se concentre plutôt en octobre. 

Comme la plupart des membres de la famille noctuelle, la Xanthie paillée présente une livrée aux couleurs un peu éteintes, hésitant ici entre l’ocre et le roux, avec des nuances vieux rose. Le dessin est par contre assez sophistiqué, mêlant un double réseaux de lignes droites rayonnantes et de bandes transversales festonnées. On y remarquera notamment deux taches réniformes pointées de blanc.

Pluie, vent, froid, fichue saison pour un papillon… Pas de temps de batifoler. Tout juste celui de s’accoupler et de pondre. Les oeufs passeront l’hiver à l’abri du lichen, de la mousse ou au creux d’une écorce. Au printemps, les petites chenilles se gaveront des chatons des peupliers puis descendront pour parfaire leur maturation dans la végétation basse. Nymphose estivale au sol puis émergence automnale. Et c’est reparti pour un tour.

Xantihe paillée sur feuille morte de peuplier.

Xanthie paillée sur feuille de ronce.

Les quatre saisons de la Xanthie paillée : les oeufs passent l’hiver à l’abri d’un repli d’écorce ; au printemps, les chenilles dévorent les chatons du peuplier ; les chrysalides patientent tout l’été au sol ; émergence des adultes en automne…

Mousse, lichen, anfractuosités de l’écorce des peupliers : autant d’abris où les oeufs de la Xanthie paillée pourront passer l’hiver… Et un garde-manger pour les oiseaux ! Ici le petit Grimpereau.

En savoir plus : 

  • Hétérocères diurnes, 2020, Rainer Ulrich, Delachaux & Niestlé.
  • Guide photo des insectes, 2019, Heiko Bellmann, Delachaux & Niestlé.
  • Insectes du jardin, 2026, JF Irastorza, La Geste éditions.
  • La Xantie paillée avec le site Papillon-poitou-charentes.org

Photos JF Irastorza

 

La Molène blattaire

Molène blattaire.

Elle fleurit normalement en juillet-août. Baroud d’honneur automnal à la faveur de l’été indien pour la Molène blattaire.

Après la fauche estivale des bords de routes et de chemins, quelques fleurs tentent à nouveau leur chance parmi le regain d’automne. Oh bien sûr la Molène blattaire (Verbascum blattaria) sait bien que le temps lui est compté avant les premières gelées. Elle n’aura guère le loisir d’élever très haut sa hampe florale. Mais ses corolles sont toujours aussi lumineuses !

D’abord rouge orangé, les petits boutons s’ouvrent un à un. Cinq lobes bien ronds s’épanouissent alors, d’un éclatant jaune vif. Avec ostentation, cinq étamines y dressent leur anthère orangé au dessus d’une pilosité blanchâtre et violacée. Au centre, un seul long style verdâtre attend d’être pollinisé…

Hélas, abeilles et bourdons ne sont plus légion en cette fin octobre. Qu’importe. Ce n’est là qu’un baroud d’honneur automnal. Pas de précipitation : l’important est dans les rosettes qui, ici et là, s’apprêtent à passer l’hiver pour mieux s’élancer au printemps. Ainsi va la vie des bisannuelles !

Corolle jaune vif à cinq lobes. Cinq étamines aux filets poilus, les deux inférieures plus longues que les trois autres. Anthères réniformes orangés. Un seul style à la pointe renflée verdâtre au centre.

Même configuration des fleurs (sans les filets poilus aux étamines) pour la grande Molène bouillon-blanc, également bisannuelle, dont la rosette et la hampe florale sont toutefois beaucoup plus spectaculaires.

En savoir plus : 

  • Guide des fleurs sauvages, Richard Fitter, Alaster Fitter et Marjorie Blamey, 2009, Delachaux & Niestlé
  • Fleurs sauvages, guide nature, collectif, 2022, La Salamandre.
  • Avec le site sauvagesdupoitou.com
  • La Molène blattaire avec l’herbier numérique flore-en-ligne.fr

Photos JF Irastorza