La Ferdinande dorée

Ferdinande dorée.

Une fine toison d’or et quelques autres coquetteries : la belle Ferdinande dorée est friande de soleil autant que de pollen !

Taille maxi : 12 mm. Visible de mars novembre.

Dans la famille si diverse des syrphes, voilà une jolie mouche discrètement raffinée ! Outre le coeur des grandes marguerites, la Ferdinande dorée (Ferdinandea cuprea) apprécie les fleurs sauvages du jardin. Particulièrement les crépides capillaires et autres picrides fausses vipérines.

Tant mieux ! Rien de tel qu’un fond jaune, en effet, pour mettre en valeur sa toison rase joliment dorée. Et quelques autres coquetteries. Notamment l’orangé des pattes et les reflets roux des ailes par ailleurs marquées de deux taches noires diffuses. Sans oublier les rutilantes bandes cuivrées sur fond noir de l’abdomen. Ni les quatre lignes grises très graphiques du thorax.

Amatrice de nectar et de pollen, la Ferdinande dorée installe sa progéniture auprès des blessures des feuillus. Peupliers et saules notamment. Ses larves se nourrissent alors des écoulements de sève. Elles profitent également des cavités creusées par le Gâte-bois (Cossus cossus) pour déguster les matières en décomposition dans son sillage. La pupaison a généralement lieu au pied des arbres. Pour un hiver bien au chaud sous la litière de feuilles mortes.

Contribution à la pollinisation des concombres…

En savoir plus :

  • Mouches et moustiques d’Europe, 2024, Denis Richard et Pierre-Olivier Maquart, Delachaux & Niestlé.
  • Insectes du jardin, 2026, JF Irastorza, La Geste éditions.
  • La Ferdinande dorée avec le site quelestcetanimal.com

Photos JF Irastorza 

 

L’Argiope frelon

Épeire fasciée / Un jardin dans le marais poitevin.

Avouez qu’elle est belle ! Et admirez. La superbe Argiope frelon est surtout dangereuse… pour les insectes.

Taille maxi : 25 mm. Visible de juillet à octobre.

Ah çà ! On ne risque pas de la confondre. L’Épeire fasciée (Argiope bruennichi), alias l’Argiope frelon, présente un abdomen particulièrement replet. Du moins la femelle. Le mâle est plus fluet. Mais l’un et l’autre présentent le même jeu de bandes jaune vif et blanches animées de lignes noires. Ce graphisme éclatant lui vaut nombre de sobriquets. Araignée guêpe ou frelon notamment.

Pour compléter la parure, l’argent s’invite sur le petit avant-corps quand les longues pattes alternent brun-roux, noir et blanc nacré.

On la reconnait également à l’étrange et épais zigzag de soie blanche dont elle équipe l’axe vertical de sa large toile circulaire. Stabilisateur, tenseur, voire « trompe l’oeil » propre à éclipser visuellement le reste du piège ? À vrai dire, le mystère du zigzag reste entier. Quoiqu’il en soit, notre araignée se tient imperturbablement au centre du dispositif. La tête en bas. À l’affût.

L’Épeire fasciée évolue plutôt d’ordinaire en milieux plutôt secs. Elle n’en est pas moins très présente dans ce coin de marais où pullulent il est vrai quelques unes de ses victimes favorites. Libellules et criquets. En l’occurence le Criquet ensanglanté.  Avec pareilles énergiques proies, la toile est vite malmenée. Qu’importe. Elle est consciencieusement retissée chaque matin.

Criquet capturé par une Épeire fasciée / un jardin dans le Marais poitevin.

Criquet ensanglanté pris au piège de l’Épeire fasciée qui l’a immédiatement anesthésié puis « emmailloté » avant de s’en délecter.

Même le Vulcain peut se laisser prendre au piège !

Le cocon de l’Argiope frelon a une allure de montgolfière retournée. Trois centimètres de diamètre. Un petit chef-d’oeuvre construit en une nuit !

Mi septembre 2021. Vue en face ventrale, au centre de la vaste toile, juste au dessus du fameux zig-zag.

Fin juillet 2023. Couple d’Épeires fasciées après l’amour… Et Monsieur, où est-il ? Juste au dessus de Madame. Enfin, ce qu’il en reste ! Que voulez-vous, Madame a eu un irrépressible besoin de protéine pour concocter ses oeufs !

En savoir plus : 

  • Araignées de France et d’Europe, Michael J. Robert, 2020, Delachaux & Niestlé.
  • L’Épeire fasciée avec le site quelestcetanimal.com

 Photos JF Irastorza 

 

L’Éristale horticole

Eristale horticole, mâle.

Un petit mais actif butineur familier des jardins. D’où son nom. L’Éristale horticole. Un cousin des syrphes aux allures d’abeille.

Taille maxi : 11 mm. Visible de juin à septembre.

On songe évidemment à l’Éristale des arbustes qui présente également un abdomen noir rayé de blanc-crème. Ainsi que des taches triangulaires jaunes sur le deuxième segment. Mais celles-ci sont plus mates chez l’Éristale horticole (Eristalis lineata). Voire même très estompées pour la femelle.

Autre différence : pas de marbrure au thorax mais un joli bronze uniforme rehaussé d’une légère fourrure rousse. Et s’il reste un doute, on remarquera une ligne roussâtre, transversale et sinueuse, sur des ailes par ailleurs transparentes.

De petite taille, de l’ordre d’un centimètre, l’Éristale horticole est un excellent butineur. Au jardin comme dans les prairies humides alentour.  Il est actuellement très assidu sur les inflorescences blanc rosé de la Valériane et celles, blanc jaunâtre, de la Reine des prés. Quant à ses larves, comme toujours ou presque chez les Éristales, elles appartiennent à la famille des « vers à queue de rat » et participent à l’épuration des eaux stagnantes. 

Début août 2020. Éristale horticole sur menthe sauvage en fleurs.

Ne pas confondre avec…

L’Éristale des arbustes, ici une femelle, au thorax marbré, aux marques jaunes plus vives et aux ailes hyalines dépourvues de lignes sinueuses rousses.

En savoir plus :

  • Mouches et moustiques d’Europe, 2024, Denis Richard et Pierre-Olivier Maquart, Delachaux & Niestlé.
  • Insectes du jardin, 2026, JF Irastorza, La Geste éditions.
  • L’Éristale horticole avec le site quelestcetanimal.com

Photos JF Irastorza