L’Agrion orangé

Une dominante rousse et des yeux bleus ! Monsieur Agrion orangé ne ressemble à aucun autre. Madame est plus discrète avec des couleurs plus délavées.

Agrion orangé, mâle.

Longueur maxi : 37 mm. Visible de fin mai à mi-août.

Guère plus de 3 centimètres. De la tête à la pointe de l’abdomen. Avec un tel modeste gabarit, l’Agrion orangé (Platycnemis acutipennis) passe d’autant mieux inaperçu qu’il volette au sol parmi les graminées. Et c’est sa couleur dominante qui retient (un peu) l’attention. Du moins chez le mâle. 

Yeux bleus et abdomen orange. Le cocktail n’a pas d’équivalent parmi les agrions du jardin. Barré d’un épais trait noir, la tête est assez volumineuse. Quant au fin cylindre abdominal, sa couleur rousse est uniforme, hormis trois marques noires latérales sur les derniers segments. Avant la touche terminale blanchâtre des cerques.

La femelle présente une livrée plus pâle. Mais, d’un sexe l’autre, les pattes sont tout aussi caractéristiques. Blanches, soulignées d’un filet noir. avec des fémurs élargis hérissés de soies noires. Une arme redoutable en vérité. Pour attraper et retenir les proies en vol.

Agrion orangé femelle.

Madame Agrion orangé. Plus pâle que le mâle, sur des nuances de rose et de roux, avec deux fines lignes noires en face dorsale de l’abdomen.

En savoir plus : 

  • Guide des libellules de France et d’Europe, 2021, Dijkstra, Schröter et Lewington, Delachaux & Niestlé.
  • Libellules du Poitou-Charentes, 2009, Poitou-Charentes Nature éd.
  • Insectes du jardin, 2026, JF Irastorza, La Geste éditions.
  • L’agrion orangé avec le site aramel.free.fr
  • L’agrion orangé avec le site quelestcetanimal.com

Photos JF Irastorza 

L’Iris gigot

Première fleur de l'Iris gigot / Un jardin dans le Marais poitevin.

Il cache bien son jeu. Avec une délicate floraison au printemps, l’Iris gigot proposera des graines éclatantes l’automne prochain.

Iris gigot / Un jardin dans le Marais poitevin.Son nom latin est peu engageant : l’Iris foetidissima. Fétide !  D’aucuns préfèrent évoquer les étranges senteurs de grillade de son feuillage froissé. Voilà donc l’Iris gigot, sans doute un des iris les plus discrets. Du moins en cette saison.

Il apprécie les prairies et les bosquets des milieux humides. Ses solides hampes émergent actuellement de longues feuilles luisantes, ramassées en touffes denses au vert profond. Les premières fleurs s’épanouissent en ce début juin, un peu chétives au regard de leurs cousines cultivées. Et même de l’iris faux-acore qui lance pour quelquesjtemps encore ses derniers feux au bord des fossés.

Les étroits tépales jaunâtres, puis mauves veinés de violet, sont aussi modestes que les fruits seront spectaculaires. Quand leurs capsules brunes exploseront, l’automne prochain, des grappes de graines rouge orangé illumineront le pied des haies. C’est d’ailleurs pour elles, plus que pour sa floraison, que l’Iris gigot est parfois proposé en jardinerie. 

Iris gigot / Un jardin dans le Marais poitevin.

Une petite abeille sauvage explore et remonte chacun des tépales mauves vers le tube nectarifère.

Fin octobre. Explosion rouge-orangé au pied des haies.

Parmi les plantes sauvages dûment étiquetées du jardin !

En savoir plus : 

  • Guide des fleurs sauvages, Richard Fitter, Alaster Fitter et Marjorie Blamey, 2009, Delachaux & Niestlé
  • Fleurs sauvages, guide nature, collectif, 2022, La Salamandre.
  • L’Iris gigot avec le site tele-botanica.org

Photos JF Irastorza 

 

La Tenthrède temula

La Tenthrède temula butine les ombellifères. Ses larves sont d’insatiables dévoreuses de feuillage…

Tenthrède temula. Butinage sur ombellifère en bordure du halage.

Taille maxi : 13 mm. Visible de mai à septembre.

On a déjà vu à l’oeuvre ici les larves de la Tenthrède de l’oseille. Redoutables ! Au point de ne rien laisser des larges feuilles vertes. Sinon les nervures… Heureusement beaucoup plus rare, la progéniture de la Tenthrède temula (Tendredo temula) est tout aussi grégaire, avec des allures de fausses – mais voraces – chenilles. 

L’adulte se repère assez facilement lorsqu’il butine. Ici sur les grandes ombellifères du halage. Avec une dominante bicolore. Jaune sur la face ventrale, surtout chez le mâle. Y compris les pattes. 

Un jaune vif qui déborde un peu sur la face dorsale. À la pointe de l’abdomen mais aussi, notamment, sur les 3e et 4e segments : un bandeau transversal auquel sont accolées deux taches semi-circulaires sur les côtés. En outre, Les ailes fumées, nervurées de brun, présentent un bord antérieur plus sombre, noir et rougeâtre.

Et sur quels feuillages la Tenthrède temula jette-t-elle ordinairement son dévolu ? Elle est réputée cibler plutôt le troène des haies. Avec un faible pour les touffes d’origan au potager. Cela dit, elle n’a encore jamais sévi sur la planche des aromatiques. Vigilance, vigilance !

Tenthrède temula. Butinage sur ombellifère en bordure du halage.

Tenthrède temula. Butinage sur ombellifère en bordure du halage.

En savoir plus :

Photos JF Irastorza