La Vanesse des chardons

Vanesse des chardons, alias la Belle-dame, sur capitule de scabieuse.

Fini le ciel tristouille ?  La Vanesse des chardons, alias la belle dame, ouvre (enfin)  le bal des papillons au jardin…

Vanesse des chardons, alias la Belle-dame, sur capitule de scabieuse.Après des semaines de ciel bas et frisquet, revoici le temps des papillons. Dans un printemps encore timide malgré quelques « coups de chaud ». La Vanesse des chardons (Vanessa cardui), alias la belle-dame, semble ainsi jouer les éclaireuses. Avec la complicité d’une des fleurs les plus généreuses qui soit. La Scabieuse colombaire.

Une dominante orangée, voire fauve ou saumon, maculée de noir, avec la pointe des antérieures rehaussée de blanc : la belle-dame se reconnaît au premier coup d’oeil, sans risque de confusion. Notamment grâce à un plaisant détail aux ailes postérieures : des demi-lunes noires et bleues, comme deux yeux pensifs mi-clos.

D’ordinaire, à pareille époque, le jardin n’est que bruissements d’ailes… Il se languit aujourd’hui du Flambé et du Machaon, du petit Fadet et de l’Azuré commun. Ah que reviennent vite les grands voiliers et les petits bleus !

Mi-clos, les « yeux bleus et pensifs » de la belle-dame sont ici bien visibles aux postérieures.

Vanesse des chardons, alias la Belle-dame, sur capitule de scabieuse.

La belle dame ne se hasarde pas à hiverner sur place. Dès l’approche des premières gelées, elle se lance dans une longue migration qui la conduit, en troupes populeuses, vers le sud où elle poursuit les cycles de ses générations successives. Ce sont ainsi des individus méridionaux qui, en retour, reviennent coloniser nos contrées au printemps.

En savoir plus :

  • Guide pratique des papillons de jour, 2022, Moussus, Lorin et Cooper, Delachaux & Niestlé.
  • Insectes du jardin, 2026, JF Irastorza, La Geste éditions.
  • La Belle-dame avec le site quelestcetanimal.com
  • Les migrations de la belle-dame avec le site sciencesetavenir.fr

 Photos JF Irastorza 

 

Le Sicus ferrugineux

Sinus ferrugineux, accouplement

Butinage et interminable gaudriole. On a peine à imaginer la femelle du Sicus ferrugineux en ennemi mortel des bourdons. Une virtuose de la ponte en vol.

Sinus ferrugineux, accouplement.

Taille maxi : 13 mm. Visible d’avril à septembre.

Les bourdons sont pourvus d’une abondante et dense fourrure. Tant mieux pour la pollinisation. Mais, hélas, cette pilosité peut leur être fatale si la femelle du Sicus ferrugineux (Sicus ferrugineus) passe à proximité. L’étrange mouche est en effet une redoutable spécialiste des attaques aériennes.

Après l’accouplement (ici sur un capitule de scabieuse), elle pond ainsi ses oeufs, un à un, en vol, de telle manière que chacun tombe sur le dos d’un bourdon. Les poils facilitent la réception. Sitôt l’éclosion, la larve perce la peau de son hôte involontaire, s’installe et s’en repaît… à l’intérieur. Elle en ressortira, devenue mouche, au printemps suivant, la pupe ayant passé l’hiver dans le cadavre desséché du bourdon.

Le Sicus ferrugineux se reconnaît un premier coup d’oeil. À sa dominante rouille tout d’abord qui lui vaut son qualificatif. Mais aussi à son abdomen le plus souvent recourbé, en forme de sica, la courte épée antique à la lame coudée. D’où son nom. Enfin à la face jaune de sa volumineuse tête.

Certes, c’est un actif butineur au jardin. Pourtant, on a envie de lui demander de passer son chemin. Pour que vivent paisiblement les bourdons !

Sice ferrugineux (Sicus ferriginosus), face jaune et dominante rouille / Un jardin dans le Marais poitevin.

En savoir plus : 

  • Mouches et moustiques d’Europe, 2024, Denis Richard et Pierre-Olivier Maquart, Delachaux & Niestlé.
  • Insectes du jardin, 2026, JF Irastorza, La Geste éditions.
  • Le Sicus ferrugineux avec le site quelestcetanimal.com

 Photos JF Irastorza 

 

 

L’Oedémère noble

Oedémère noble, mâle, sur fleur de Weigélia.

Vert métallique, le petit Oedémère noble est incomparable au jardin, avec ses élytres effilés et, surtout, les fémurs ostentatoires du mâle.

Oedémère noble femelle sur bouton de fleur de mûrier sauvage / Un jardin dans le Marais poitevin.

Taille maxi : 12 mm. Visible d’avril à août. Pas de renflement des fémurs pour la femelle par ailleurs identique en tout point au mâle.

Il est des mâles qui roulent les mécaniques avec leurs gros bras. Pour l’Oedémère noble (Oedemera nobilis), la virile gloriole passe plutôt par les « cuisses ». L’impressionnant renflement des fémurs postérieurs est en effet l’apanage de Monsieur.

Luisants, incroyablement gonflés, ils sont vert métallique comme le reste des pattes, les longues antennes, le corselet, la tête et les élytres. Allant se rétrécissant vers l’arrière, ceux-ci découvrent abdomen et ailes membraneuses.

Pourtant de taille comparable, la femelle parait presque fluette sans les prétentieux attributs du mâle. Cela dit, l’un et l’autre ont les mêmes goûts. Leur péché mignon, c’est le pollen. Pas étonnant donc de les voir ici affairés parmi les étamines du Weigelia, de l’églantine, du bouton d’or ou de la ronce.

Au fil du printemps

L'Oedémère noble mâle et ses impressionnants fémurs enflés aux pattes arrière / Un jardin dans le Marais poitevin.

Fin avril. Livrée vert métallique et élytre en queue de pie : l’Oedémère noble est de retour. Ici sur une fleur de Ronce bleue, un mâle reconnaissable à la généreuse « gonflette » de ses fémurs arrière. Inoffensif et peu farouche, il se laisse aisément approcher lorsqu’il broute les fleurs du jardin ou des haies.

Oedémère noble femelle sur fleur de mûrier sauvage / Un jardin dans le Marais poitevin.

Fin avril. Madame également sur une fleur de Ronce bleue. Elle pond au sol où ses larves se développent dans le bois et les racines en décomposition.

Fin avril. Rencontre sur une corolle de bouton d’or. Non pas avec Madame mais avec Psilothrix vert bleu !

Oedémère noble, mâle, sur fleur d'églantine.

Début mai. Dans les haies sur une fleur d’églantine.

Oedémère noble, mâle, sur Orchis pyramidal.

Fin mai. Exploration d’un épi d’Orchis pyramidal.

Oedémère noble (Oedemera nobilis), mâle, sur fleur de marguerite / Un jardin dans le Marais poitevin.

Juin. Sur le généreux « coeur » des marguerites.

Deux cousins

Fin juin. Un proche cousin : l’Oedémère à corselet rouge (Anogcodes seladonius). Orange plutôt le corselet, ainsi que l’abdomen. Du moins pour la femelle. Le mâle est entièrement vert métallique. Comme celles de l’Oedémère noble, c’est un grand amateur de pollen, ici celui du Gaura blanc. Et ses larves se développent dans les bois morts en décomposition.

Fin mai. Un autre cousin : l’Oedemère ochracée (Oedemera podagrariae). Une femelle ici avec la pronotum ocre (vert chez le mâle) et les fémurs arrière non renflés.

En savoir plus : 

  • Coléoptères d’Europe, 2017, Vincent Albouy et Denis Richard, Delachaux & Niestlé.
  • Guide photo des insectes, 2019, Heiko Bellmann, Delachaux & Niestlé.
  • Insectes du jardin, 2026, JF Irastorza, La Geste éditions.
  • L’Oedémère noble avec le site quelestcetanimal.com
  • Oedemera nobilis avec la galerie du site insecte.org

 Photos JF Irastorza