L’Aeschne paisible

Aeschne paisible, femelle.

Formes et couleurs de son décor procurent à l’Aeschne paisible un parfait mimétisme avec ses refuges favoris : végétation et mûrs ombragés.

Aeschne paisible, femelle.

Longueur maxi : 71 mm. Visible de juin à septembre (pic en juillet-août).

Les yeux verts, un petit « nez » pointu (le front en fait) et une tenue de camouflage assez terne, mêlant brun, bleu gris et verdâtre : voilà une libellule qui porte bien son nom. En journée, l’Aeschne paisible (Boyeria irene) se tient en effet le plus souvent à l’ombre, plaquée contre un mur, ou tapie dans le feuillage d’une berge.

Elle fait exception chez les Aeschnes, évitant le soleil pour s’activer, chassant plutôt en fin d’après-midi, à l’ombre des arbres, jusqu’au crépuscule. Le vol silencieux, assez lent, elle est néanmoins capable de brusques accélérations pour fondre in extremis sur une proie.

Peu craintive, elle se laisse ici photographier en milieu de matinée dans la verdure d’une jardinière ombragée de calibrachoa. On la remarque d’autant moins que ses ailes ouvertes, entièrement hyalines, hormis quelques nervures jaunes, sont quasi invisibles. Il s’agit d’une femelle dont la forme dite « typique » présente deux longs cerques à la pointe de l’abdomen. On y devine également son ovipositeur (organe de ponte) sous les deux derniers segments.

Paisible, peu farouche, certes, à condition d’être soi-même discret. Au moindre mouvement brusque, elle disparaît comme par enchantement. Sans bruit. Pour aller se réfugier non loin de là, contre un mur, sous l’épais couvert d’une bignone.

Aeschne paisible, femelle.

Chez le mâle, ici plaqué contre un mur, les deux derniers segments de l’abdomen sont verts.

En savoir plus : 

  • Guide des libellules de France et d’Europe, 2021, Dijkstra, Schröter et Lewington, Delachaux & Niestlé.
  • Libellules du Poitou-Charentes, 2009, collectif, Poitou-Charentes Nature (Ed).
  • Insectes du jardin, 2026, JF Irastorza, La Geste éditions.
  • Boyeria irene avec la galerie du site insecte.org.

  Photos JF Irastorza 

L’Andrène agile

Andrène agile en pause sur pétale de tulipe.

Quelques instants magiques auprès de l’Andrène agile. Réputée d’une grande vivacité, elle se laisse ici volontiers approcher. Et photographier.

Andrène agile en pause sur feuille d'hortensia.

Taille maxi : 16 mm. Visible d’avril à août.

En pause sur un pétale de tulipe rouge puis sur une feuille d’hortensia. Par cette matinée frisquette, l’Andrène agile (Andrena agilissima) semble recharger ses batteries au soleil de Pâques. Le temps de se faire admirer. Pas si fréquent pour cette abeille solitaire dont le qualificatif latin suggère à juste titre une hyper activité.

Elle ressemble à sa cousine l’Andrène cinéraire. Mais avec une fourrure thoracique noire et cendrée moins dense. Des touffes grises latérales à la pointe de l’abdomen, des brosses de collecte blanches et, surtout, des ailes fumées aux reflets métalliques bleutés.

L’Andrène agile émerge ordinairement en avril lorsque les arbres fruitiers du jardin amorcent leur floraison. Cela dit, pour garnir généreusement le garde-manger des nids creusés au sol, elle a aussi un faible pour la moutarde blanche. Ne l’appelle-t-on pas parfois l’Andrène des crucifères ?

Andrène agile en pause sur pétale de tulipe.

Andrène agile en pause sur feuille d'hortensia.

À noter le dessus du thorax, nu et granuleux, ainsi que les petits toupets gris faciaux, de part et d’autre des antennes.

Andrène agile, mâle.

Plus petite taille, pas de brosse blanche de collecte : mâle sur un poirier en fleurs.

La Moutarde blanche fait coup triple : couvert hivernal du jardin, engrais vert au printemps et source de nectar pour les premiers butineurs. Notamment pour Andrena agillisima, parfois appelée l’Andrène des crucifères.

L’Andrène agile apprécie talus et vieux murs pour aménager son nid : elle creuse ici un joint de mortier, au parement du mur nord de l’église Sainte-Catherine de Magné (Deux-Sèvres).

Ne pas confondre avec…

L’Andrène cinéraire,  ici une femelle, fourrure thoracique noire et cendrée bien fournie, brosses de collecte noires, ailes  hyalines.

En savoir plus :

  • Abeilles, bourdons, guêpes et fourmis d’Europe, Bellmann, 2019, Delachaux & Niestlé.
  • Insectes du jardin, JF Irastorza, 2026, La Geste éditions.
  • Abeilles sauvages, Boyer, 2015, Ulmer.
  • Découvrir et protéger nos abeilles sauvages, Vereecken, 2018, Glénat.
  • Le Bourdon, Vincent Albouy, 2005, Belin Éveil nature.
  • Les abeilles solitaires avec le site aramel.free.fr
  • Andrena agilissimia avec la galerie du site insecte.org

Photos JF Irastorza 

 

L’Abeille charpentière

On pense d’abord à un bourdon. L’Abeille charpentière est si imposante ! Parfaitement inoffensive, c’est surtout une très active butineuse.

Abeille charpentière / Un jardin dans le Marais poitevin.

Taille maxi : 28 mm.  Visible de mars à octobre.

Les abeilles sauvages comptent parmi les butineurs les plus hardis au sortir de l’hiver. De la plus petite jusqu’à la plus impressionnante. Dès la fin février, au moindre rayon de soleil, l’Abeille charpentière, alias le Xylocope violacé (Xylocopa violacea), fait ainsi son tour au jardin. Elle ne passe pas inaperçue. Notamment sur le romarin en fleurs.

Un lourd vol bruyant. Une massive silhouette noire. On jurerait un gros bourdon. Mais c’est bien une abeille. La plus volumineuse qui soit. Thorax et abdomen poilus se poudrent de pollen au fil du butinage. Et les reflets électriques de ses ailes bleu violacé rutilent dans le soleil. Il s’agit ici d’un mâle, reconnaissable aux « anneaux d’or » de ses antennes.

Le cycle de l’Abeille charpentière est singulier : les individus des deux sexes qui émergent en fin d’hiver sont nés l’été précédent. Ils ne s’accouplent qu’au printemps suivant. Les mâles meurent alors, laissant les femelles aménager et approvisionner un nid solitaire creusé dans du bois mort. Ou dans un tube de bambou. La nouvelle génération apparaît en juillet-août.

L’abeille charpentière au sortir de l’hiver

Abeille charpentière / Un jardin dans le Marais poitevin.

Fin février. Au sortir d’un long hivernage, il faut prendre des forces. Avant le temps des amours dans quelques semaines…

Fin février. À l’approche des dernières fleurs de bourrache de la saison passée, survivantes d’un hiver trop doux.

Au printemps

Fin mars. Dans le mirabellier en fleurs, le prétendant de l’abeille charpentière se déclare sans ambages. Quitte à commencer ici de façon acrobatique…

Mi avril. Sur les pommiers en fleurs.

Fin avril. Il est temps d’aménager un nid. Ce tube de bambou fera l’affaire. Oh, pardon, la place est déjà prise !

Fin mai. Très assidue sur la planche des petits pois !

Fin mai. Parmi les commensaux de la Sauge des bois.

Fin mai. Sous le « casque » de la Sauge de Jérusalem.

Mi juin. À l’assaut des corolles sur mesure du Penstémon !

Début juin. À l’approche de la Sauge argentée.

Début juin. L’art du raccourci pour atteindre sans peine le nectar de la Sauge « hot lips ».

En été

Fin juin. Des fleurs en tandem, réunies par une large bractée blanc pourpre : le nectar de la Sauge toute-bonne est immanquable pour l’abeille charpentière. Droit devant !

Fin juin. La Sauge argentée, un somptueux feuillage et une abondante source de nectar.

Mi juin. Poudrée du pollen orangé du lupin arbustif.

Mi juin. Impatience. Sans attendre l’épanouissement complet du capitule, l’Abeille charpentière à l’assaut des tout premiers fleurons violets d’artichaut.

Début juillet. Les roses trémières, ce n’est pas que pour les bourdons !

Début juillet. Poudrée de pollen sur les solides capitules des échinacées.

En automne

Fin septembre. La nouvelle génération a pris le relais pour « passer l’hiver » et s’accoupler au printemps prochain.

Mi octobre. Sur le Gattilier, alias l’Arbre au poivre.

Mi octobre. Sur le massif automnal d’asters.

En savoir plus :

  • Abeilles, bourdons, guêpes et fourmis d’Europe, Bellmann, 2019, Delachaux & Niestlé.
  • Insectes du jardin, JF Irastorza, 2026, La Geste éditions.
  • La charpentière avec le site aramel.free.fr
  • Le Xylocope violacé, alias l’Abeille charpentière, avec le site quelestcetanimal.com

 Photos JF Irastorza