Le Bourdon des pierres

Bourdon des pierres sur fleurs de sarriette.

À défaut de murs, le Bourdon des pierres loge sous terre au jardin. Noir, la pointe de l’abdomen rousse, c’est un excellent pollinisateur.

Bourdon des pierres sur fleurs de sarriette.

Taille maxi : 22 mm (reine). Visible de mars à octobre.

Aussi massif que le Bourdon terrestre. Mais sans confusion possible ! L’épaisse fourrure noire du Bourdon des pierres (Bombus lapidarius) ne présente ni collier (sauf le mâle) ni ceinture jaune. Et, surtout, les deux derniers segments abdominaux hésitent entre rouge et orangé. D’où l’un de ses noms vernaculaires. Le cul roux.

Bourdoin des pierres à l'entrée de son terrier.Pas de murs maçonnés au mortier de terre, ni de tas de pierres où aménager un nid dans ce coin de marais. Qu’à cela ne tienne ! Un terrier de mulot abandonné fera très bien l’affaire. Au printemps, inlassablement, les femelles prospectent ainsi le jardin en quête de quelque discrète anfractuosité.

Une fois installée, la future reine est très active au jardin. Elle passe alors assez vite le relais à ses filles – ouvrières asexuées – pour entretenir et approvisionner le couvain naissant. Voilà d’excellents pollinisateurs. Nullement agressifs. Jusqu’en automne.

Le Bourdon des pierres au fil des saisons

Dès la fin février, les pissenlits sont les bienvenus au jardin pour accueillir les futures reines au sortir de leur hibernation.

Au début du printemps, inlassablement, la femelle prospecte l’herbe encore rase du jardin, à la recherche d’une crevasse ou d’un trou de rongeur pour installer sa future colonie.

Au lancement de la colonie, la jeune femelle est au four et au moulin. Aménager le nid, pondre, collecter nectar et pollen pour nourrir sa progéniture. Bientôt ses premiers rejetons vont pouvoir l’aider!

Tout le printemps et au début de l’été, la reine ne produit que des ouvrières asexuées qui lui ressemblent trait pour trait. Bien qu’un peu plus petites. Puis, lorsque la colonie parvient à son apogée, fin juillet-début août, il est  temps de passer le relais. Naissent alors mâles et femelles qui ne tardent pas à s’accoupler.

Cul roux et collier jaune : les mâles apparaissent en été déjà bien sonné. Pour quelques semaines seulement. Ils disparaissent en automne, avec les dernières ouvrières asexuées et la matriarche. Seules les jeunes femelles fécondées passent l’hiver : les futures reines du prochain printemps !

Gare aux parasites ! 

Psithyre des rochers

Le Psithyre des rochers ressemble un peu à sa cible, quoique sa robe soit moins contrastée.

Volucelle bourdon dans sa forme "Bourdon des pierres".

La Volucelle bourdon n’est jamais très loin. Mimétisme aidant, cette grosse mouche au « cul roux » n’hésite pas à pénétrer dans le terrier du Bourdon des pierres pour installer sa progéniture. Il existe une forme au « cul blanc » qui parasite plutôt le Bourdon terrestre.

En savoir plus : 

  • Abeilles, bourdons, guêpes et fourmis d’Europe, 2019, Heiko Bellmann, Delachaux & Niestlé.
  • Les Bourdons, 2005, Vincent Albouy, Belin/OPIE Poitou-Charentes.
  • Insectes du jardin, 2026, JF Irastorza, La Geste éditions.
  • Le Bourdon des pierres avec le site quelestcetanimal.com

Photos JF Irastorza

 

Bourdon des jardins ou des friches ?

Bourdon des jardins ou Bourdon des friches ?

Une future reine émergente assurément en cette saison. Oui mais, Bourdon des jardins ou Bourdon des friches ? Pas si simple.

Une longue langue chez les deux espèces, spécialisées dans le butinage des fleurs à corolles profondes. Depuis les légumineuses comme le haricot jusqu’aux éperons du chèvrefeuille. Ce qui ne les empêche pas, au sortir de l’hiver, d’apprécier les pissenlits.

À dire vrai, les deux espèces se ressemblent beaucoup. Avec la réputation d’un difficile distingo. Alors, Bourdon des jardins ou Bourdon des friches ? Voyons d’abord leurs points communs. Trois bandes jaune-orangé : à l’avant et à l’arrière du thorax puis sur le premier segment de l’abdomen. Et le « cul blanc » naturellement.

L’un et l’autre présentent en outre une forte tête allongée dotée d’une très longue langue, idéale pour explorer les tubes nectarifères les plus profonds.

Jusque là, l’individu rencontré ce matin sur un capitule de pissenlit coche toutes les cases. D’où vient donc cette impression de jamais vu ? Sans doute d’une dominante noire envahissante, ne laissant que la portion congrue aux bandes jaunes et même à la pointe grise ! 

Enfin, d’une manière générale, alors que la fourrure du Bourdon des jardins (B. hortorum) est abondante, souvent hirsute, celle-ci parait plus courte et même presque rase sur le dessus du thorax. Alors ? Prenons le pari du Bourdon des friches (B. ruderatus) dont ce serait la première observation au jardin. Quoiqu’il en soit : voilà une jeune reine tout juste émergée, prête à fonder sa propre colonie.

Loin d’être complète, la bande jaune abdominale disparait presque sur les côtés, submergée de fourrure noire.

Bourdon des jardins ou Bourdon des friches ?

La fourrure est peu fournie sur le thorax, frisant la tonsure sur le dessus.

En savoir plus : 

  • Abeilles, bourdons, guêpes et fourmis d’Europe, 2019, Heiko Bellmann, Delachaux & Niestlé.
  • Les Bourdons, 2005, Vincent Albouy, Belin/OPIE Poitou-Charentes.
  • Insectes du jardin, 2026, JF Irastorza, La Geste éditions.
  • Bombus hortorum avec la galerie du site insecte.org
  • Bombus ruderatus avec la galerie du site insecte.org

 Photos JF Irastorza

 

Les jeunes reines du Bourdon terrestre

Jeunes reines du Bourdon terrestre. Sur le Laurier tin.

Mi février. Le Laurier tin est, dit-on, plutôt pauvre en nectar. Un passage obligé néanmoins. Il est vrai qu’il y a si peu de fleurs en hiver….

Le printemps ? Dans un bon mois seulement ! Mais les jeunes reines du Bourdon terrestre s’enhardissent déjà et multiplient les sorties…

Jeunes reines du Bourdon terrestre. Sur le Laurier tin.Il gèle chaque nuit en ce début février. Et les après-midi peinent à atteindre les 10°. Qu’importe. Les jours allongent à grands pas. Et le ciel est tellement lumineux. Alors, les jeunes reines du Bourdon terrestre (Bombus terrestres) n’y tiennent plus. L’hivernage a assez duré !

Fécondées l’été dernier, elles seules ont survécu en fin d’automne. À leur tour désormais de fonder leur propre colonie.

Pour l’heure, les sorties sont encore timides. Quand le soleil est au plus haut. Histoire d’explorer les alentours et de repérer les rares sources hivernales de nectar. Le Laurier tin et les premiers pissenlits notamment.

Spectaculaires et hyper actives au printemps lorsqu’elles fondent leur colonie, les jeunes reines ne tardent pas à être relayée par leurs premières ouvrières. D’abord de petite taille. Puis de plus en plus solides au fil des renouvellements. Les matriarches ne quittent alors plus leur nid. Pondent et pondent encore. Leur progéniture est asexuée jusqu’en fin d’été. Il est alors temps de passer le relais à une génération nouvelle.

Jeunes reines du Bourdon terrestre. En février sur pissenlit.

Mi février. Premiers pissenlits en fleurs pour une des premières sorties de la jeune reine.

Jeunes reines du Bourdon terrestre. Sur le mirabellier.

Dans quelques semaines, la floraison du mirabellier sonnera l’arrivée du printemps. Outre sa taille et son vol sonore, le Bourdon terrestre y sera facile à repérer. D’abord à son « cul blanc ». N’est-ce pas un de ses noms vernaculaires ? Son abondante fourrure est par ailleurs à dominante noire. Avec deux étroites bandes jaune orangé. L’une forme un collier l’avant du thorax, l’autre barre l’abdomen au niveau du deuxième segment.

Au fil des saisons

Jeunes reines du Bourdon terrestre. Sur les poiriers.

En une vingtaine de photos, retrouvez l’épopée du Bourdon terrestre, parmi les butineurs les plus constants du jardin. Du coeur de l’hiver jusqu’au bout de l’automne.

Mirage automnal

Mi octobre 2023. Les pattes arrière chargées de pollen en plein automne… Comme pour approvisionner une colonie nouvelle. À contre saison.

Attention danger !

Bourdon vestale sur origan en fleurs.

Pas de « ceinture » jaune mais un collier orangé à l’avant du thorax, et le « cul blanc » parfois précédé d’un filet jaune-orangé : le Psithyre vestale ressemble beaucoup à sa cible, le Bourdon terrestre, dont il parasite le couvain.

Volucelle bourdon dans sa forme Bourdon terrestre.

La Volucelle bourdon : une mouche de belle taille, parasite ici du Bourdon terrestre dont elle affecte la livrée pour mieux pénétrer dans son terrier et y pondre ses oeufs. Elle peut présenter une autre forme, avec un « cul roux », et parasite alors plutôt le Bourdon des pierres.

Sice ferrugineux (Sicus ferriginosus), face jaune et dominante rouille / Un jardin dans le Marais poitevin.

Une autre mouche parasite des bourdons : l’étrange Sicus ferrugineux. Dominante rouille, abdomen « crochu » : les femelles pondent en vol et leurs oeufs s’accrochent à la fourrure de leur cible.

Fin juillet 2019. Décidément, la Thomise variable ne redoute rien ni personne. Dans le soleil couchant, postée sur une inflorescence de Cardère sauvage,  la petite araignée-crabe a capturé bien plus gros qu’elle.

En savoir plus :

Photos JF Irastorza