Monsieur Libellule fauve

La pruine bleutée s’est largement estompée. Monsieur Libellule fauve chasse encore mais, au coeur de l’été, l’aventure est bientôt finie…

Monsieur Libellule fauve à l'affût.On a souvent vu Madame, dès la mi mai et tout le printemps au jardin. Assez curieusement, Monsieur Libellule fauve (Libellula fulva) semble avoir attendu la chaleur estivale pour s’y aventurer. Comme un dernier tour de piste !

D’un sexe l’autre, la silhouette est la même. Ramassée, pour ne pas dire trapue. Autre similitude : des taches sombres à l’attache et à l’extrémité des ailes par ailleurs plus ou moins nuancées de jaune dans leurs nervures avant. Pour le reste, tout diffère.

Loin de l’orangé de Madame, l’abdomen de Monsieur est ainsi brun sombre, recouvert d’une pruine bleue qui finit par s’estompée avec l’âge. Et les yeux, non pas brun roux, sont ici beaucoup plus clairs, hésitant entre gris et bleu.

À l’affût sur une graminée ou les bambous des tomates, comme sur le dossier d’une chaise ou le manche de la fourche bêche. Monsieur Libellule fauve bondit sur tout ce qui vole à proximité. Même si les enjeux ne sont plus les mêmes. Le temps des amours est passé. Il s’agit simplement de survivre désormais. Jusqu’en automne si tout va bien.

À l’émergence, femelle et mâle immature présente peu ou prou la même lumineuse dominante orangée, jusque sur le thorax et les yeux.

En pause sur un épis de Brunelle commune. Au début de printemps, Monsieur arbore une pruine encore uniformément bleu clair.

En savoir plus :

  • Dijkstra, Schröter et Lewington, 2007, Guide des libellules de France et d’Europe, Delachaux et Niestlé.
  • Eric Prud’homme, 2009, in Libellules du Poitou-Charentes, Éd. Poitou-Charentes nature, Fontaine-le-Comte, pp 176-177.
  • La Libellule fauve avec le site nature22.com

Photos JF Irastorza 

 

Le Pic vert et les fourmis

Pic vert, mâle / Un jardin dans le Marais poitevin.

Il faut l’oeil perçant du Pic vert pour repérer les fourmis au sol. De là à en déduire l’emplacement de leurs galeries souterraines… Un sixième sens sans doute.

Envergure maxi : 46 cm (mâle). Ponte en avril-mai.

Un bec si puissant pour de si petites proies !  Au jardin comme ailleurs, le Pic vert (Picus viridis) se nourrit en effet essentiellement de fourmis. Et s’il martèle le sol avec tant d’ardeur, c’est pour atteindre et crever une de leurs galeries. Ou mieux, leur nid. Il ne reste plus alors qu’à y insinuer la langue ! Et à se régaler.

Ce matin, le vieux mâle est accompagné d’un de ses rejetons. Les ailes déjà verdâtres, la tête et le poitrail juvénile encore mouchetés, celui-ci arbore un début de calotte rouge. Mais toujours pas de tâche noire autour des yeux. Mâle ou femelle ? La couleur de la future moustache (noire pour Madame, rouge pour Monsieur) le dira bientôt.

Quand l’apprentissage du merleau n’était déjà pas si simple, on imagine le défi ici pour le jeune Pic vert… Car il ne s’agit pas de tambouriner le sol au hasard. Comment repérer une galerie quelques centimètres sous terre ?

Visiblement, il n’en est pas à son coup d’essai. Il creuse, creuse, près de la planche des iris, et bientôt semble se figer. Le temps de la dégustation. Lorsqu’il relève fièrement la tête, quelques fourmis rescapées courent le long de bec. Il a visé juste ! Évidemment, tous les coups ne sont pas gagnants. Qu’importe. Il peut toujours se consoler avec une larve ou une mouche de rencontre.

Pic vert juvénile / Un jardin dans le Marais poitevin.

Quelques fourmis rescapées courant sur le bec en témoignent : le jeune Pic vert a visé juste !

En savoir plus : 

  • Guide de la nature dans le Marais poitevin, Éric Rousseaux et Benoît Pétorin, 2010, Éd. La Geste.
  • Oiseaux du Marais poitevin, Thomas Brosset et Hélène de Saint-Do, 2023, Éd. La Geste.
  • Guide des oiseaux de France, R. Peterson, G. Mountfort, P.A.D. Hollom et P. Géroudet, 2014, Delachaux & Niestlé.
  • Le Pic vert avec le site oiseaux.net

 Photos JF Irastorza 

 

Une calotte noire… ou rousse !

Fauvette à tête noire, femelle / Un jardin dans le Marais poitevin.

Même silhouette, même robe grisâtre mais la calotte diffère chez la Fauvette à tête noire. Et Monsieur a éclipsé Madame dans le nom de l’espèce.

Fauvette à tête noire, mâle / Un jardin dans le Marais poitevin.

Envergure maxi : 23 cm. Nidification d’avril à juillet.

On a vu la Fauvette à tête noire (Sylvia atricapilla) tenir la dragée haute à ces galopins de merleaux autour de la mare. À tête noire ? Encore une vision quelque peu machiste. Car si le mâle arbore bel et bien une calotte noire, large et luisante, celle de la femelle est plutôt brune. Presque rousse.

Fauvette à tête noire, femelle / Un jardin dans le Marais poitevin.

Très peu ostentatoire, le reste du plumage est assez comparable d’un sexe l’autre. Grisâtre dessus, blanchâtre dessous. Encore que, noire ou rousse, la couleur de la calotte se diffuse ici et là, sur la nuque, la poitrine et les ailes.

La discrète chasse rarement au sol. Elle préfère le couvert des feuillages. Alors, les Fauvette à tête noire, femelle / Un jardin dans le Marais poitevin.fruitiers et les arbustes du jardin lui conviennent parfaitement, comme les haies, les taillis et les broussailles de ses abords.

Elle s’y faufile avec aisance pour débusquer petits insectes, larves chenilles et araignées. Au début de l’été, elle appréciait aussi cerises, framboises et groseilles. En attendant les mirabelles.

Au bord de la mare / Un jardin dans le Marais poitevin.

En savoir plus : 

  • Guide de la nature dans le Marais poitevin, Éric Rousseaux et Benoît Pétorin, 2010, Éd. La Geste.
  • Oiseaux du Marais poitevin, Thomas Brosset et Hélène de Saint-Do, 2023, Éd. La Geste.
  • Guide des oiseaux de France, R. Peterson, G. Mountfort, P.A.D. Hollom et P. Géroudet, 2014, Delachaux & Niestlé.
  • La Fauvette à tête noire avec le site oiseaux.net

Photos JF Irastorza