Le Geai des chênes

Geai des chênes / Un jardin dans le Marais poitevin.

Aussi discret et craintif qu’il a le chant criard, le Geai des chênes ne se hasarde pas au jardin à la légère. La voie est-elle libre ?

Geai des chênes / Un jardin dans le Marais poitevin.

Envergure maxi : 58 cm . Ponte d’avril à juin.

Le territoire du Geai des chênes est plutôt vaste, entre prairies, peupleraies et bosquets autour du potager. A vrai dire, on l’entend plus qu’on ne le voit. De grands cris rauques, lancés du haut d’un peuplier ou d’un frêne.

Lorsqu’il vient au jardin, son travail d’approche est méthodique. Passant d’un arbre à l’autre, sur le qui-vive, il scrute chaque recoin.  Pinsons et mésanges s’éclipsent à son approche.

Posté enfin sur une branche basse, il reste quelques instants aux aguets. Large moustache noire, dos brun rosé, poitrail beige roussâtre, croupion blanc. Même au repos, il se distingue par les bandes bleu électrique de ses ailes. Comme une marque de fabrique.

La petite huppe noire et blanche du Geai des chêne se dresse au moindre soupçon. Non, décidément, il y a quelque chose qui cloche ce matin. Mieux vaut remettre la visite à plus tard. Et le voilà reparti. Courageux mais pas téméraire.

Geai des chênes / Un jardin dans le Marais poitevin.

En savoir plus : 

  • Guide des oiseaux de France, R. Peterson, G. Mountfort, P.A.D. Hollom et P. Géroudet, 2014, Delachaux & Niestlé
  • Guide nature au jardin, collectif, 2017, Salamandre.
  • Le Geai des chênes avec oiseaux.net

Photos JF Irastorza 

 

Le macottage naturel aidant

Pervenche / Un jardin dans le Marais poitevin.

Les drageons de la Pervenche sont obstinés : ce ne sont pas quelques centimètres de graviers qui vont l’empêcher de raciner !

Pervenche / Un jardin dans le Marais poitevin.La Pervenche a été longue à trouver sa place dans la petite cour près de la maison. Finalement, si le pied mère n’a pas survécu, ce sont ses drageons qui ont vigoureusement pris le relais.

Le marcottage naturel aidant, le tapis progresse au pied de la haie. La belle parvient ainsi à passer l’obstacle du couvert de graviers pour s’enraciner et pousser toujours plus loin l’aventure. Rien ne semble pouvoir l’arrêter désormais. Au point que certaines de ses longues tiges s’enhardissent et partent à l’escalade du Laurier tin.

Les premières fleurs viennent d’éclore sur fond de feuillage luisant. Cinq larges pétales bleu-mauve focalisent le regard vers le long tube nectarifère étoilé. Avec une alternance de bleu et de blanc pour fasciner et guider les pollinisateurs. Cela dit, la Pervenche ne compte pas sur ses seules graines pour prospérer. Tant que ses drageons peuvent raciner ! Il va d’ailleurs falloir commencer à y mettre le holà.

Pervenche, feuillage / Un jardin dans le Marais poitevin.

 

Le Mouron des oiseaux

Mouron des oiseaux et Véronique à feuille de lierre / Un jardin dans le Marais poitevin.

La sauvageonne rampante fait coup double au jardin. Le Mouron des oiseaux participe à la couverture hivernale du sol. Et se laisse inviter en cuisine.

Mouron des oiseaux / Un jardin dans le Marais poitevin.Le Mouron des oiseaux fait ici bon ménage avec la petite Véronique à feuille de lierre. Lui aussi a provisoirement le champ libre. Et il ne se fait pas prier. Ses tiges rampantes avancent méthodiquement leurs pions. De proche en proche, l’émergence d’une petite fleur donne également naissance à deux nouveaux rameaux. Et ainsi de suite.

Charmantes corolles autant que minuscules ! On jugerait compter dix étroits pétales. La moitié en vérité, chacun étant très profondément échancré. La promesse de capsules qui, le moment venu, libéreront des milliers de fines graines pour le régal des pinsons.

En attendant de faire place nette, plantations du printemps obligent, il serait dommage de ne pas inviter le Mouron des oiseaux en cuisine ! D’un joli vert tendre, ses abondantes petites feuilles apportent fraicheur et léger goût de noisette aux salades, sauces et veloutés. Sans arracher les pieds. Pas encore ! Il suffit de cueillir les plus belles feuilles. A volonté.

Mouron des oiseaux / Un jardin dans le Marais poitevin.

Ne pas confondre avec…

Mouron rouge / Un jardin dans le Marais poitevin.

Le Mouron rouge. Pas de risque de confusion lorsqu’il est fleuri…

Feuilles ovales, revers parsemé de petits points noirs / Un jardin dans le Marais poitevin.

… mais, avant floraison, ses feuilles peuvent semer le doute ! Gare ! Car elles sont toxiques. Heureusement, il suffit de les retourner pour lever le doute : elles sont piquetées de petites taches sombres.

En savoir plus :

  • Guide des fleurs sauvages, Richard Fitter, Alaster Fitter et Marjorie Blamey, 2009, Delachaux & Niestlé
  • Fleurs sauvages, guide nature, collectif, 2022, La Salamandre.
  • Avec l’herbier numérique du site flore-en-ligne.fr
  • Avec le site sauvagesdupoitou.com
  • La Stellaire intermédiaire, alias le Mouron des oiseaux avec le site flore en ligne

Photos JF Irastorza