Le Téléphore moine

Un discret auxiliaire. Le Téléphore moine chasse notamment larves et chenilles. Et sa progéniture adore escargots et petites limaces.

Téléphore moine sur ombelle de Cerfeuil des bois.

Taille maxi : 14 mm. Visible d’avril à juillet.

Son cousin, le petit Téléphore fauve, grand amateur de pucerons, est familier du jardin où il patrouille parfois en grand nombre à la belle saison. De plus grande taille, un bon centimètre et demi, le Téléphore moine (Cantharis rustica) est tout aussi utile. Et ses larves davantage encore !

En ce début de printemps, noir mâtiné de rouge, avec un petit coeur au centre du scutellum, on le rencontre surtout sur les ombellifères, notamment celles du Cerfeuil des bois. Il s’y gave de nectar mais, également carnivore, il n’hésite pas à croquer les petits insectes de rencontre. Notamment les chenilles. 

Sa progéniture se développe au sol. On aimerait lui montrer le chemin du potager. Et plus particulièrement des semis de salades, de carottes et de radis. Car si elle fait son ordinaire de petits insectes et larves en tous genres, elle a surtout un péché mignon : les petites limaces et les escargots ! 

Téléphore moine sur ombelle de Cerfeille des bois.

Silhouette allongée. Fine pubescence sur les élytres noirs. Pattes noires avec fémurs tachés de rouge.

Volontiers chasseur, le Téléphore moine est aussi une proie ! Victime ici d’une araignée-crabe.

Deux cousins

Un cousin presque semblable. Ici, poudré de pollen, sur une feuille de Cornouiller sanguin, le Téléphore sombre (Cantharis fusa) présente notamment un pronotum rouge avec une tache sombre, non pas centrale mais touchant le bord antérieur. Son régime est le même : nectar mais aussi pucerons et petits insectes.

Téléphore fauve sur feuille de marguerite / Un jardin dans le Marais poitevin.

Même silhouette allongée. Une dominante orangée marquée de noir à l’extrémité des élytres. Le Téléphore fauve est également amateur de nectar et carnivore. Grand consommateur de pucerons notamment.

En savoir plus : 

  • Coléoptères d’Europe, 2017, Vincent Albouy et Denis Richard, Delachaux & Niestlé.
  • Guide photo des insectes, Heiko Bellmann, 2019, Delachaux & Niestlé.
  • Insectes du jardin, 2026, JF Irastorza, La Geste éditions.
  • La famille des Cantharides avec le site aramel.free.fr

Photos JF Irastorza

 

L’Éristale des fleurs

Éristale des fleurs sur touffe d'achillée.

Tête de mort ou marque de Batman ? Indifférente au débat, la superbe Éristale entretient le mystère de ses taches noires…

Éristale des fleurs au repos.

Taille maxi : 15 mm. Visible de mai à septembre.

Les avis divergent. On l’appelle parfois Syrphe à tête de mort. Et même Syrphe de Batman ! Selon la lecture faite des taches noires du thorax.Quoiqu’l en soit, l’Éristale des fleurs (Myatropa florea) est une grosse et jolie mouche, membre de la famille des syrphes dont elle adopte volontiers le vol stationnaire.

Cela dit, si la plupart des larves de syrphes sont siphonneuses de pucerons, celles de la branche des éristales ont un régime moins ragoutant. Elles s’épanouissent dans les eaux fangeuses et sont munies d’une sorte de tuba qui leur valent le surnom de « vers à queue de rat ». Elles contribuent ainsi à l’épuration des eaux chargées en matières organiques.

Avec son abondante et lumineuse pilosité jaune, l’Éristale des fleurs se distingue aisément de ses cousines les Éristales tenace et opiniâtre, plus sombres. Elles ont cependant des moeurs comparables. Au jardin, elles butinent avec beaucoup de constance. Mais elles apprécient aussi les bains de soleil et les longues toilettes au bord des haies.

Éristale des fleurs sur capitule de pissenlit.

En savoir plus :

  • Mouches et moustiques d’Europe, 2024, Denis Richard et Pierre-Olivier Maquart, Delachaux & Niestlé.
  • Insectes du jardin, 2026, JF Irastorza, La Geste éditions.
  • L’Éristale des fleurs avec les Carnets nature de Jessica

Photos JF Irastorza 

 

Sa majesté Guêpe commune

Sa majesté Guêpe commune sur pommier en fleurs.

Après plusieurs mois d’hivernage, sa majesté Guêpe commune émerge actuellement. Fécondée l’été dernier, elle fondera bientôt sa propre colonie.

Sa majesté Guêpe commune sur pommier en fleurs.

Taille maxi : 19 mm. Visible d’avril à octobre.

Un point commun entre guêpes, frelons et bourdons ? En cette saison, il n’y a que des reines au jardin. Quoique, déjà, les premières ouvrières du Bourdon des champs font leur apparition. Mais ici, pas de doute, voilà bien sa majesté Guêpe commune, tout juste sortie de diapause.

Fécondée en fin d’été dernier, il lui appartient de fonder sa propre colonie. Récolter de la fibre de bois pour amorcer la construction d’un nid, façonner les premières loges, pondre… En attendant, il lui faut prendre des forces.

De belle taille, frisant les 2 centimètres quand ses futures ouvrières feront 12-14 mm, elle se gorge de nectar sur un pommier en fleurs. C’est en effet avant tout une butineuse. Certes, bientôt, elle traquera chenilles et autres insectes mais ce sera pour les besoins en protéines du couvain. Progressivement, ses filles asexuées prendront le relais dans l’agrandissement, l’entretien et l’approvisionnement du nid. Son rôle se résumera alors à pondre et pondre encore. Jusqu’à la fin de l’été. Les ouvrières céderont enfin la place à la nouvelle génération de mâles et de femelles. La boucle sera bouclée.

Sa majesté Guêpe commune sur une feuille de pommier.

En savoir plus : 

  • Heiko Bellmann, Abeilles, bourdons, guêpes et fournis d’Europe, 2019, Delachaux & Niestlé.
  • La Guêpe commune avec le site quelestcetanimal.com

Photos JF Irastorza