La Timandre aimée

Timandre aimée sur feuille de frêne.

Anguleuse, rythmée de lignes roses et roussâtres :  on débusque la Timandre aimée par hasard dans la végétation basse.

Timandre aimée sur feuilles d'achillée.

Envergure maxi : 30 mm. Visible de mai à novembre.

De la mythologie grecque au jardin, il n’y a qu’un pas avec la Timandre aimée (Timandra comae). Cela dit, inutile de trop disserter sur la vie sentimentale de la fille de Tyndare et Léda puisque, dans leur grande sagesse, les entomologistes l’ont résumée en un qualificatif attendrissant. Et comment ne pas l’aimer en effet ce discret papillon de nuit, original tant par la forme que par la délicate harmonie de ses couleurs ?

D’un apex à l’autre, deux lignes traversent les ailes anguleuses frangées de rose : comme un trait de pastel roussâtre au centre et un sinueux filet gris à l’arrière. Une troisième leur fait discrètement écho, vaguement orangée, à peine perceptible, à hauteur du thorax. Le tout sur fond ocre clair et pointillé. Un décor plus ou moins estompé somme toute très sobre.

La Timandre aimée ne vient pas au potager pour pondre. Elle y butine la nuit et volète un peu le jour lorsqu’elle est dérangée. Ses chenilles sont plutôt les hôtes de plantes des prairies, renouée, arroche et oseille sauvage. On peut donc l’admirer sans arrière pensée !

Timandre aimée dans les allées du jardin.

Malgré un décor assez estompé, le discret point discal des antérieures reste lisible.

En savoir plus :

  • Hétérocères diurnes, 2020, Rainer Ulrich, Delachaux & Niestlé.
  • Insectes du jardin, 2026, JF Irastorza, La Geste éditions.
  • La Timandre aimée avec le site quelestcetanimal.com
  • Timandra comae avec la galerie du site insecte.org

Photos JF Irastorza

 

Le Charançon de la salicaire

Charançon de la Salicaire sur sa plante hôte.

Comme ses larves, le Charançon de la salicaire a un goût exclusif pour sa plante hôte dont il contient ainsi un peu les ardeurs invasives.

Charançon de la Salicaire sur sa plante hôte.

Taille maxi : 12 mm. Visible de juin à août (plutôt nocturne).

Une silhouette sans surprise. Trapue, ovoïde, avec une petite tête incrustée dans un thorax rond. Gros yeux et long « nez » recourbé : comme un masque carnavalesque affublé de solides antennes coudées. Bref, c’est bien un charançon. Assez semblable à la plupart de ses cousins et pourtant reconnaissable au premier coup d’oeil.

Le Charançon de la salicaire (Hylobius transversovittatus) n’a en effet pas son pareil ! Par la couleur tout d’abord. Entre brun cramoisi et rouge vénitien. L’ensemble est ensuite très fortement ponctué, des élytres au rostre en passant par le thorax. À noter enfin des fémurs enflés et deux lignes de petites taches jaune clair sur les élytres.

C’est peu dire que ce charançon-ci est inféodé aux zones humides. En fait, comme son nom le suggère, il est surtout inséparable de sa plante-hôte. Les adultes en grignotent les feuilles. Plus insidieuses, les larves se développent dans les racines ligneuses de la souche. Ainsi, le petit coléoptère participe discrètement à la régulation de la salicaire réputée envahissante.

Le Charançon de la salicaire ne présente pas toujours cette dominante cramoisie, le brun foncé étant souvent alors de rigueur. Les mouchetures jaune clair – en fait de petites touffes de poils – trouvent un discret écho à l’arrière du thorax et à la base des élytres.

En savoir plus : 

  • Coléoptères d’Europe, 2017, Vincent Albouy et Denis Richard, Delachaux & Niestlé.
  • Guide photo des insectes, 2019, Heiko Bellmann, Delachaux & Niestlé.
  • Insectes du jardin, 2026, JF Irastorza, La Geste éditions.
  • Le Charançon de la salicaire avec le site quelestcetanimal.com
  • Hylobius transversovittatus avec la galerie du site insecte.org

Photos JF Irastorza

 

Le Criquet noir-ébène

Criquet noir-ébène sur Sauge officinale.

Pointe abdominale rouge orangé sur une dominante sombre pour le Criquet noir ébène. Dos café au lait pour le mâle, vert clair pour la femelle.

Criquet noir-ébène sur touffe de mélisse.

Taille maxi : 21 mm. Visible de mai à octobre. Posté sur le feuillage fané de la mélisse, Roméo se laisse aller au langoureux vibrato de ses fémurs frottés contre les ailes.

Mimétisme aidant, le Criquet noir-ébène (Omocestus rufipes) passe quasi inaperçu lorsqu’il prend position sur le feuillage fané de la mélisse. Il se détache mieux, tout à côté, sur celui bien vert de la Sauge officinale.

Le contraste saute alors aux yeux entre la dominante noire (d’où son nom) et la pointe rougeoyante de l’abdomen. Il s’agit ici d’un mâle dont le dessus est café-au-lait quand celui de la femelle est vert.

Il n’est pas là pour manger. Comme la plupart des criquets, il fait en effet son ordinaire de graminées et de plantes herbacées. Il suffit de s’éloigner un peu pour comprendre : ses fémurs se redressent bientôt et se mettent à vibrer, frottant contre le bord des ailes à la manière d’un archet. Sur les aromatiques du jardin, il prend ainsi simplement un peu de hauteur pour « chanter » et mieux se faire entendre des belles alentour !

Criquet noir-ébène sur feuille de sauge officinale.

Un liseré beige souligne la sinuosité des carènes en bordure du thorax.

Autres signes distinctifs : une tache blanche sur l’extrémité noire des ailes ; les deux tiers avant de l’abdomen noirs rayés de blanc ; extrémités des palpes blanches (pièces buccales bien visibles ici).

Carènes également flexueuses, avant de l’abdomen noir rayé de clair… Pour le reste, le dimorphisme est important avec le mâle qui seul justifie de la qualificatif « noir-ébène » de l’espèce. À noter le dessus vert clair : Madame est d’autant plus difficile à distinguer dans l’herbe des allées du jardin…

En savoir plus :

  • Sauterelles, grillons et criquets d’Europe occidentale, Bellmann, Rutschmall, Roesti et Hochkirch, 2020, Delachaux & Niestlé.
  • Guide photos des insectes, Heiko Bellmann, 2019, Delachaux & Niestlé.
  • Le Criquet noir-ébène avec le site quelestcetanimal.com
  • Omocestus rufipes avec la galerie du site insecte.org

Photos JF Irastorza