La Passagère

La Passagère au flanc d'une citrouille.

Un étonnant décor en trompe l’oeil pour la Passagère, discret papillon nocturne familier du jardin de mai à octobre, en deux générations.

La Passagère au flanc d'une citrouille.

Envergure maxi : 46 mm. Visible de mai à juin.

Au flanc d’une citrouille en attendant le retour de la nuit. Comme nombre de papillons de nuit, la Passagère (Dysgonia algira) dispose ses ailes antérieures en triangle lorsqu’elle est au repos. Avec une double dominante brun foncé et gris chiné, elle présente un décor très caractéristique.

Un quart-de-rond brun à l’avant, avec les antennes claires rigoureusement disposées selon le même angle. Puis une bande grise – parfois vieux rose- aux allures de paranthèse ( } ) suivie d’un ensemble de taches informes généralement ainsi résumées : « Deux petites pointes sombres à l’apex des ailes ». À bien y regarder, on peut plutôt y voir, en trompe l’oeil, la simulation de l’enroulement d’une feuille dentelée.

Quoiqu’il en soit, ses chenilles se développent notamment sur les ronces des haies et les rumex des prairies. Et l’adulte vient enrichir la grande variété des pollinisateurs nocturnes du jardin !

La Passagère au flanc d'une citrouille.

Les ailes de la Passagère sont rigoureusement planes, avec une illusion d’optique qui évoque l’enroulement d’une feuille morte.

En savoir plus :

  • Hétérocères diurnes, 2020, Rainer Ulrich, Delachaux & Niestlé.
  • Insectes du jardin, 2026, JF Irastorza, La Geste éditions.
  • La Passagère avec le site papillon-poitou-charentes.org
  • Dysgonia algira avec la galerie du site insecte.org

Photos JF Irastorza

 

La Timandre aimée

Timandre aimée sur feuille de frêne.

Anguleuse, rythmée de lignes roses et roussâtres :  on débusque la Timandre aimée par hasard dans la végétation basse.

Timandre aimée sur feuilles d'achillée.

Envergure maxi : 30 mm. Visible de mai à novembre.

De la mythologie grecque au jardin, il n’y a qu’un pas avec la Timandre aimée (Timandra comae). Cela dit, inutile de trop disserter sur la vie sentimentale de la fille de Tyndare et Léda puisque, dans leur grande sagesse, les entomologistes l’ont résumée en un qualificatif attendrissant. Et comment ne pas l’aimer en effet ce discret papillon de nuit, original tant par la forme que par la délicate harmonie de ses couleurs ?

D’un apex à l’autre, deux lignes traversent les ailes anguleuses frangées de rose : comme un trait de pastel roussâtre au centre et un sinueux filet gris à l’arrière. Une troisième leur fait discrètement écho, vaguement orangée, à peine perceptible, à hauteur du thorax. Le tout sur fond ocre clair et pointillé. Un décor plus ou moins estompé somme toute très sobre.

La Timandre aimée ne vient pas au potager pour pondre. Elle y butine la nuit et volète un peu le jour lorsqu’elle est dérangée. Ses chenilles sont plutôt les hôtes de plantes des prairies, renouée, arroche et oseille sauvage. On peut donc l’admirer sans arrière pensée !

Timandre aimée dans les allées du jardin.

Malgré un décor assez estompé, le discret point discal des antérieures reste lisible.

En savoir plus :

  • Hétérocères diurnes, 2020, Rainer Ulrich, Delachaux & Niestlé.
  • Insectes du jardin, 2026, JF Irastorza, La Geste éditions.
  • La Timandre aimée avec le site quelestcetanimal.com
  • Timandra comae avec la galerie du site insecte.org

Photos JF Irastorza

 

Le Charançon de la salicaire

Charançon de la Salicaire sur sa plante hôte.

Comme ses larves, le Charançon de la salicaire a un goût exclusif pour sa plante hôte dont il contient ainsi un peu les ardeurs invasives.

Charançon de la Salicaire sur sa plante hôte.

Taille maxi : 12 mm. Visible de juin à août (plutôt nocturne).

Une silhouette sans surprise. Trapue, ovoïde, avec une petite tête incrustée dans un thorax rond. Gros yeux et long « nez » recourbé : comme un masque carnavalesque affublé de solides antennes coudées. Bref, c’est bien un charançon. Assez semblable à la plupart de ses cousins et pourtant reconnaissable au premier coup d’oeil.

Le Charançon de la salicaire (Hylobius transversovittatus) n’a en effet pas son pareil ! Par la couleur tout d’abord. Entre brun cramoisi et rouge vénitien. L’ensemble est ensuite très fortement ponctué, des élytres au rostre en passant par le thorax. À noter enfin des fémurs enflés et deux lignes de petites taches jaune clair sur les élytres.

C’est peu dire que ce charançon-ci est inféodé aux zones humides. En fait, comme son nom le suggère, il est surtout inséparable de sa plante-hôte. Les adultes en grignotent les feuilles. Plus insidieuses, les larves se développent dans les racines ligneuses de la souche. Ainsi, le petit coléoptère participe discrètement à la régulation de la salicaire réputée envahissante.

Le Charançon de la salicaire ne présente pas toujours cette dominante cramoisie, le brun foncé étant souvent alors de rigueur. Les mouchetures jaune clair – en fait de petites touffes de poils – trouvent un discret écho à l’arrière du thorax et à la base des élytres.

En savoir plus : 

  • Coléoptères d’Europe, 2017, Vincent Albouy et Denis Richard, Delachaux & Niestlé.
  • Guide photo des insectes, 2019, Heiko Bellmann, Delachaux & Niestlé.
  • Insectes du jardin, 2026, JF Irastorza, La Geste éditions.
  • Le Charançon de la salicaire avec le site quelestcetanimal.com
  • Hylobius transversovittatus avec la galerie du site insecte.org

Photos JF Irastorza