La Volucelle enflée

Volucelle enflée sur Cornouiller sanguin.

Membre de la grande famille des syrphes, la Volucelle enflée, une jolie butineuse aux rondeurs avantageuses !

Il est des qualificatifs abruptes qui, pour être explicites, sont peu flatteurs. C’est le cas pour la Volucelle enflée (Volucella inflata). Injuste pour cette jolie mouche à dominante orange et noir. Elle a certes l’abdomen rondelet. Et alors ?

Deux gros yeux brun rouge sur une face jaune-orangé. Y compris les courtes antennes. Des ailes transparentes fortement nervurées, teintées d’orange puis comme taguées de noir. Une double ligne rouge brique sur les flancs du corselet, en écho au scutellum également brique. Et enfin, deux demi-lunes orangées à l’avant de l’abdomen noir. Avouons que tout cela ne manque pas d’allure.

Inoffensive, vol rapide, butinage des ombelles, ses larves microphages engloutissent quantité de très petits insectes et de l’humus en formation dans lequel ils évoluent. Elles participent à la maturation dudit humus. Tout pour plaire. Il faudrait vraiment être gonflé pour ne pas l’apprécier !

Volucelle enflée sur Cornouiller sanguin.

Les yeux joints : un mâle.

La Volucelle enflée (Volucella inflata) / Un jardin dans le Marais poitevin.

Les yeux disjoints : une femelle.

En savoir plus :

  • Mouches et moustiques d’Europe, Denis Richard et Pierre-Olivier Maquart, 2024, Delachaux & Niestlé.
  • Guide photo des insectes, Heiko Bellmann, 2019, Delachaux & Niestlé.
  • Le Guide nature au jardin, collectif, 2017, Salamandre.
  • Guide la la vie sauvage du jardin, Michael Chiney, 2002, Delachaux & Niestlé.
  • Les volucelles avec le site aramel.free.fr 
  • La Volucelle enflée avec la galerie du Monde des insectes.

Photos JF Irastorza

 

Le Fraisier des Indes

fraisier des indes, fruit.

Envahissant et toxique : le Fraisier des Indes, alias le faux fraisier, n’en constitue pas moins un superbe couvre-sol.

Fraisier des Indes, fruit et feuillage.Comment est-elle arrivée là ? Depuis deux ans, une petite colonie de Fraisier des Indes (Potentilla indica) s’est implantée dans un coin du jardin. Elle commence à faire son job de couvre-sol. Réputée envahissante, elle a toutefois fort à faire ici face au Trèfle blanc et à la Luzerne lupuline qui l’assaillent de toutes parts.

Autant le dire d’emblée, il s’agit d’un faux fraisier ! Même si ses fruits rouge vif, brillants, font penser à la délicieuse fraise des bois. En l’occurrence, gourmands s’abstenir ! Car la chaire, blanche, n’est pas seulement sèche et insipide. Elle est toxique. Avec une colique à la clé.

N’était sa propension à pousser toujours plus loin ses stolons, ce cousin des potentilles ne manque pas de qualité graphiques.  Avec les trois folioles de ses feuilles dentées. Avec ses fleurs jaune vif, ceintes d’une couronne de bractées vertes joliment découpées. Les mêmes qui sertissent ensuite les petits rubis charnus.

Fraisier des Indes, fleur.

Le fraisier des Indes fleurit et fructifie en mai-juin. Quant à sa toxicité, elle suppose un ingestion en assez grande quantité. Peu probable compte tenu d’une texture sans intérêt comme d’une totale absence d’odeur et de saveur !

En savoir plus : 

  • Guide des fleurs sauvages, Richard Fitter, Alaster Fitter et Marjorie Blamey, 2009, Delachaux & Niestlé
  • Fleurs sauvages, guide nature, collectif, 2022, La Salamandre.
  • Avec le site sauvagesdupoitou.com
  • Le Fraisier des Indes avec le site tela-botanica.org

Photos JF Irastorza 

 

La guêpe des araignées

Pompile sp., alias la Guêpe des araignées, sur Euphorbe des garrigues.

Une guêpe dont les larves ont un régime carné très spécial : la petite pompile chasse les araignées pour nourrir sa progéniture.

Pompile sp., alias la Guêpe des araignées, sur Euphorbe des garrigues.

Taille maxi : 17 mm. Visible de mars à novembre.

Svelte, noire, les ailes fumées, les premiers segments de l’abdomen rouge orangé et de très longues pattes épineuses… Voilà une petite guêpe pompile. Sa famille compte une centaine d’espèces en Europe, très difficiles à distinguer entre elles. Pompile sp. donc. Peut-être Priocnemis sp. Elle butine paisiblement ici les généreuses touffes d’euphorbe.

Mais les pompiles sont aussi de sacrées chasseuses. Les femelles du moins. Furetant en permanence, au jardin comme sur les prairies alentour, les longues antennes toujours en mouvements, elles traquent inlassablement leurs proies. Pour nourrir leurs larves. Avec une cible privilégiée. Les araignées. Même les plus grosses tant les audacieuses n’ont peur de rien. Avec une seule stratégie : l’attaque et une piqure rapide. La victime est alors le plus souvent démembrée pour en faciliter le transport.

Une araignée et un oeuf dans un nid creusé au sol. Encore et encore. La progéniture émergera en été pour s’accoupler aussitôt. Les mâles n’y survivront pas. Les femelles fécondées passeront l’hiver dans un terrier. Pour chasser les araignées au printemps.

Pompile sp., alias la Guêpe des araignées, sur Euphorbe des garrigues.

En cette saison, il n’y a que des femelles, fécondées l’été dernier : la nouvelle génération émergera en juillet. En attendant, il faut savoir prendre des forces entre deux parties de chasse !

Pompile sp., alias la Guêpe des araignées, sur Cerfeuil des bois.

Cela dit, même en pleine traque, elle ne rechigne pas sur une « pause nectar », ici sur une ombelle de Cerfeuil des bois.

En savoir plus : 

  • Abeilles, bourdons, guêpes et fourmis d’Europe, 2019, Heiko Bellmann, Delachaux et Niestlé.
  • Insectes du jardin, 2026, JF Irastorza, La Geste éditions.
  • La famille Pompile, clé de détermination, avec le site quelestcetanimal.com

 Photos JF Irastorza