La Punaise dentée

Punaise dentée sur Luzerne lupuline.

Malgré son nom, la petite Punaise dentée est bien une piqueuse-suceuse. Amatrice de sève de légumineuses.

Punaise dentée sur Luzerne lupuline.

Taille maxi : 10 mm. Visible de mai à septembre.

N’allez pas croire que la Punaise dentée (Coriomeris denticulatus) soit une croqueuse ! Non, comme toute punaise qui se respecte, c’est bien une piqueuse-suceuse pourvue d’un long rostre pour siphonner la sève des végétaux. Son nom ne fait donc pas allusion à ses pièces buccales !

Les dents dont il est question visent en effet les sortes d’épines blanches qui, à la manière d’un fin croquet, soulignent les bords latéraux du pronotum.

Finement velue, jusqu’à ses épaisses antennes, la petite punaise présente une silhouette étroite, un peu à la manière de sa cousine du noisetier. Elle est cependant plus chétive encore et d’un brun plus soutenu.

Réputée friande de légumineuses, la Punaise dentée ne semble pas s’intéresser aux fèves ni aux petits pois du potager. Pas même aux jeunes plants de lupin. Non, elle a jeté son dévolu sur la Luzerne lupuline qui illumine ici et là les allées du jardin de ses petites inflorescences jaune vif. Il est vrai que le tapis en est particulièrement généreux ce printemps.

Punaise dentée sur Luzerne lupuline.

En savoir plus : 

Photos JF Irastorza

 

La Myope peinte

Myopa picta sur phacélie.

Parasite des abeilles sauvages et des bourdons, la Myope peinte (Myopa picta) vient pondre directement sur la fourrure de ses cibles !

Myopa picta sur phacélie.

Taille maxi : 11 mm. Visible d’avril à juin.

Étrange mouche. La Myope peinte (Myopa picta), ici sur la phacélie en fleurs, retient d’abord l’attention par ses joues blanches. Ses bajoues plutôt ! Pendantes, un peu flasques, elles évoquent une baudruche dégonflée. L’effet est accentué par une épaisse barbe en collier. Cette curieuse coquetterie est rehaussée de quelques taches noires. Comme le front jaune-orangé d’ailleurs.

C’est tout l’inverse sur le noir du thorax et des pattes, mais aussi sur le brun rouge de l’abdomen où des petits rehauts blancs argentés illuminent (un peu) une dominante sombre.

Enfin, comme chez le Sicus ferrugineux, un cousin déjà rencontré au jardin, la pointe de l’abdomen, recourbée par en dessous, vient se loger entre les pattes arrière, dans une attitude caractéristique.

Ce n’est pas le seul point commun avec le Sicus. Hélas ! Car la Myope peinte, par ailleurs tranquille butineuse, est une redoutable parasite des abeilles sauvages et des bourdons. Les femelles vont pondre directement sur la fourrure de leurs cibles. Sitôt l’éclosion, les larves en percent la cuticule et commencent leur festin. Tout en gardant leur hôte vivant le plus longtemps possible. Le pupaison a lieu dans l’enveloppe vide. Pour une émergence au printemps suivant.

Myopa picta sur phacélie.

On voit bien ici une autre caractéristique de la Myope peinte : une langue si longue qu’elle est repliée au repos.

En savoir plus :

  • Mouches et moustiques d’Europe, Denis Richard et Pierre-Olivier Maquart, 2024, Delachaux & Niestlé.
  • Guide photo des insectes, Heiko Bellmann, 2019, Delachaux & Niestlé.
  • Le Guide nature au jardin, collectif, 2017, Salamandre.
  • Guide la la vie sauvage du jardin, Michael Chiney, 2002, Delachaux & Niestlé.
  • Myopa picta avec la galerie du site insecte.org
  • Les Conopsoïdes, dont Myopa picta, avec le site aramel.free.fr

Photos JF Irastorza 

 

 

La Mouche de Saint-Marc

La Mouche de saint Marc.

La Mouche de Saint-Marc volète en avril-mai sur les prairies humides, au bord des canaux du marais. La mouche emblématique des pêcheurs.

La Mouche de Saint-Mars sur feuille de rosier.

Taille maxi : 10 mm. Visible de mars à mai.

Simple question de calendrier. La Mouche de Saint-Marc (Bibio marci) doit son nom à la date approximative de son émergence printanière. Vers le 25 avril donc. Elle fréquente les milieux plutôt humides, bois et prairies mais aussi les jardins.

On la reconnait sans peine. Notamment à son vol maladroit. Une mouche mollassonne au look sans pareil. Entièrement noire, velue, le thorax proéminent, avec des ailes fumées et de gros yeux rapprochés comme ici chez les mâles. Plus petits et disjoints chez la femelle.

Terricoles, ses larves apprécient les sols riches en matières organiques. Grégaires, elles peuvent causer des dégâts sur les racines du potager. C’est le revers des apports réguliers de fumier que la femelle à tôt fait de repérer pour installer sa progéniture.

L’ennemi de la Mouche de saint Marc

C’est (presque) son portrait tout craché ! Également tout noir et bossu, l’Empis ciliata s’en distingue notamment par une tête « moyenne » : plus petite que celle Bibio marci mâle, plus volumineuse que celle de la femelle. Et surtout, bien visible ici, par sa longue trompe dirigée vers le bas. Lui n’a pas le vol mollasson : butineur, c’est aussi un chasseur redoutable. Sa proie favorite en cette saison ? Le Bibio marci !

Et voilà le travail !  Car, non ce n’est pas un accouplement (Les Mouches de Saint-Marc s’accouplent en opposition). Plutôt la capture d’un Bibio marci mâle (en dessous avec la grosse tête) par un Empis ciliata, reconnaissable à sa tête plus petite et, surtout,  à sa longue trompe. De quoi aspirer sans peine le nectar des fleurs ou les fluides internes de ses proies !

En savoir plus :

  • Mouches et moustiques d’Europe, Denis Richard et Pierre-Olivier Maquart, 2024, Delachaux & Niestlé.
  • Guide photo des insectes, Heiko Bellmann, 2019, Delachaux & Niestlé.
  • Le Guide nature au jardin, collectif, 2017, Salamandre.
  • Guide la la vie sauvage du jardin, Michael Chiney, 2002, Delachaux & Niestlé.
  • La Mouche de Saint-Marc avec le site quelestcetanimal.com
  • Les mouches de Saint-Marc avec le site aramel.free.fr 
  • Bibio marci et la pêche avec le site fildepeche.fr

Photos JF Irastorza