La Chicorée amère

Halicte de la scabieuse sur Chicorée amère.

Une sauvageonne de saison : jadis médicinale et vivrière, la lumineuse Chicorée amère régalent toujours abeilles et syrphes.

Abeille domestique sur Chicorée amère.Reléguée aux bords des chemins, la Chicorée amère (Cichorium intybus) laisse désormais à ses dérivées cultivées le soin d’offrir leurs feuilles en salade ou leurs racines charnues à la torréfaction. Modeste, il lui suffit de fleurir au coeur de l’été. Pourvu qu’il y ait du soleil.

Elle piaffait depuis quelques semaines, sous un ciel trop bas, gardant le plus souvent fermés ses lumineux capitules bleus. La voilà enfin libérée. Un feu d’artifice. Aux pointes comme aux aisselles de sa généreuse ramure dégingandée. 

Le matin seulement. Du soleil d’accord mais mieux vaut baisser pavillon l’après-midi sous la canicule ! Rendez-vous demain à la fraîche. Ravis de l’invitation, syrphes et abeilles seront là dès la réouverture. Les stigmates bifides ne tarderont pas alors à se barbouiller de pollen blanc. Une floraison d’autant plus éphémère. Mais de nouveaux boutons fleuris remplacent chaque jour les capitules fanés.

Syrphe porte-plume sur Chicorée amère.

Une quinzaine de fleurons ligulés par capitule et, pour chacun, un faisceau d’étamines accolées, bleu foncé, débordant de pollen. D’où émerge un stigmate bifide qui doit recevoir le pollen venu d’une chicorée voisine. Cette fécondation croisée est favorisée par le va et vient incessant des abeilles et des syrphes qui véhiculent le pollen d’un capitule l’autre.

En savoir plus :

Photos JF Irastorza

 

L’Andrène de Wilke

Andrène de Wilke, femelle, sur trèfle blanc.

Andrène de Wilke, femelle, sur trèfle blanc.

Taille maxi : 12 mm. Visible de mai à août.

Dans les allées du jardin. Parmi les habitués du Trèfle blanc. Aux côtés de l’Abeille domestique et du Bourdon des champs, une discrète abeille sauvage retient l’attention malgré sa relative petite taille (12 mm tout au plus). Sa brosse de collecte jaune pâle, à demi chargée ici de pollen jaune d’or, tranche en effet sur une dominante noire et luisante.

Rase et plutôt clairsemée, sa fourrure grisonnante anime la face, les côtés et l’arrière du thorax, pour prendre des nuances roussâtres à la pointe de l’abdomen. Enfin, fines et blanches, les bandes abdominales sont plus ou moins discontinues, voire quasi absente à l’avant.

Voilà un petit Andrène si l’on en croit les trois cellules submarginales des ailes légèrement fumées. Peut-être l’Andrène de Wilke (Andrena wilkella), une espèce terricole assez rare dont les femelles privilégient le pollen de trèfle pour approvisionner leurs larves. C’est en tous cas la première fois qu’elle est repérée au jardin.

Andrène de Wilke, femelle, sur trèfle blanc.

Andrène de Wilke, femelle, sur trèfle blanc.

L’Andrène de Wilke : une petite touffe roussâtre à la pointe de l’abdomen.

En savoir plus :

  • Bellmann 2019, Abeilles, bourdons, guêpes et fourmis d’Europe, Delachaux & Niestlé.
  • Boyer 2015, Abeilles sauvages, Ulmer.
  • Vereecken 2018, Découvrir et protéger nos abeilles sauvages, Glénat.
  • Vincent Albouy 2005, Le Bourdon, Belin Éveil nature.
  • Les abeilles solitaires avec le site aramel.free.fr

Photos JF Irastorza

 

La Mégachile des jardins

Mégachile des jardins, mâle, sur fleur de bourrache.

Une abeille sauvage sur son 31 ! Le mâle de la Mégachile des jardins arbore tout à la fois « gants blancs » et coiffure iroquoise.

Taille maxi : 16 mm. Visible de mai à août. Rouge orangé, la brosse de collecte de la femelle vire au noire sur les derniers segments de l’abdomen.

Des tarses avant nettement aplatis, laiteux, rehaussés d’une frange de soies blanches. Voilà qui évoque le mâle de la Mégachile poignets-laineux (Megachile lagopoda), familier des artichauts en fleurs chaque début d’été. Un proche cousin assurément. Mais Monsieur Mégachile des jardins  (Megachile willughbiella) est d’un moindre gabarit. Et, petite coquetterie, ses franges tarsales sont mâtinées d’orangé.

Abondante sur le thorax et la face, où elle varie du brun roux au gris fauve selon les individus, la fourrure se raréfie sur l’abdomen, limitée à de fines bandes grisâtres pour en rythmer les segments.

Sans fanfreluches aux tarses avant, la femelle se distingue surtout par sa brosse ventrale de collecte. Rouge orangé, celle-ci vire au noir sur la pointe et les côtés de l’abdomen. Coupeuse de feuilles, Madame récolte ainsi des « confettis » pour tapisser et aménager son nid creusé dans du bois mort. Cela dit, d’anciennes galeries d’insectes xylophages peuvent très bien convenir. 

Mégachile des jardins, mâle, sur fleur de bourrache.

Et si, le moment venu, la femelle n’était pas insensible aux « gants blancs » du mâle ? Surtout si quelque phéromone vient les parfumer !

Mégachile des jardins, mâle, sur fleur de bourrache.

Une fourrure frontale très fournie pour une allure « iroquoise » caractéristique.

En savoir plus :

  • Abeilles, bourdons, guêpes et fourmis d’Europe, Bellmann, 2019, Delachaux & Niestlé.
  • Insectes du jardin, JF Irastorza, 2026, La Geste éditions.
  • Megachile willughbiella avec la galerie du site insecte.org
  • Les mégachiles avec le site aramel.free.fr

Photos JF Irastorza