Première abeille sauvage

Lasioglossum sp. sur pissenlit.

C’est un petit Lasioglossum sp. qui, cette année, décroche la palme de l’abeille sauvage la plus précoce du jardin.  Avec la complicité d’un pissenlit.

Taille maxi : 7 mm. Visible de février à septembre.

Les éclatants capitules jaunes des pissenlits commencent tout juste à illuminer de-ci de-là les allées du jardin. Gorgés de pollen et de nectar. Les visites ne devraient pas tarder. Voici une des premières. En toute discrétion.

Ce petit Lasioglossum sp. est en effet à peine perceptible parmi les étamines poudrées d’or. 6-7 millimètres, pas davantage. Ailes hyalines repliées sur une silhouette menue à dominante noirâtre : rien de spectaculaire ni de signe distinctif ostentatoire. Sinon, à y regarder de plus près : une bande claire, feutrée et discontinue à l’avant de chaque segment abdominal et une étroite décoloration de la cuticule à l’arrière. 

À noter encore, un court sillon longitudinal à la pointe de l’abdomen : il s’agit d’une femelle. Normal. Dans la famille, seules les femelles fécondées l’été précédent survivent à l’hiver. Alors, règle n°1 au réveil : prendre des forces. Pour mieux pondre et passer le relais à une nouvelle génération aux prochains beaux jours.

On perçoit assez bien ici l’étroit et inégal feutrage à l’avant de chaque segment abdominal ainsi qu’une fine décoloration brune à l’arrière : un des discrets signes distinctifs du genre Lasioglossum…

Lasioglossum sp. sur pissenlit.

… et ici le court sillon caractérisant les femelles à la pointe de l’abdomen.

Lasioglossum sp. sur pissenlit.

En France métropolitaine, il existe une bonne centaine d’espèces de Lasioglosses comme on les appelle parfois. Leur distinction est souvent très subtile. Dans le doute, mieux vaut se contenter de Lasioglossum sp. !

Autre Lasioglossumn sp. dont les fines bandes feutrées blanches sont bien marquées et régulières à l’avant des tergites.

en savoir plus :

  • Abeilles, bourdons, guêpes et fourmis d’Europe, Bellmann, 2019, Delachaux & Niestlé.
  • Insectes du jardin, JF Irastorza, 2026, La Geste éditions.
  • Abeilles sauvages, Boyer, 2015, Ulmer.
  • Découvrir et protéger nos abeilles sauvages, Vereecken, 2018, Glénat.
  • La famille des halictidés avec le site aramel.free.fr
  • Lasioglossumn pollens avec le galerie du site insecte.org.

Photos JF Irastorza 

 

Madame Halicte joue les prolongations

Madame Halicte sur fleur de cosmos.

Comme ses congénères, jeunes femelles fécondées, Madame Halicte de la scabieuse va bientôt hiverner. En attendant, elle profite de l’été de la saint Martin.

Madame Halicte sur fleur de cosmos. C’est une des dernières abeilles sauvages du jardin. Cela dit, passée la saint Martin, elle est ordinairement déjà calfeutrée dans quelque terrier pour quatre mois d’hivernage. Mais à quoi bon s’enterrer quand les après-midi sont encore si doux !

Il s’agit ici d’une femelle. Une lapalissade en vérité puisque tous les mâles sont morts depuis belle lurette. Peu de temps après leur accouplement. En fin d’été. Ainsi, seules les femelles fécondées passeront l’hiver.

Avec leur long abdomen plat, rythmé de doubles bandes ocre et beiges, ces dames émergeront assez tôt en mars. Quelques congénères se regrouperont alors pour creuser un « puit » commun à partir duquel chacune aménagera et approvisionnera ses propres loges larvaires.

Las ! L’esprit communautaire tournera court. Une des femelles finira pas s’imposer et chasser ses ex compagnonnes. Non sans les avoir prises à son service pour terminer l’aménagement de la future nurserie. Elle s’arrogera alors le privilège de déposer ses oeufs dans chacune des loges. Une sorte de coup d’État.

Madame Halicte sur fleur de cosmos.

Le moment venu, au printemps prochain, Madame Halicte de la scabieuse ne devra pas manquer d’énergie. Dominante ou dominée : de quel côté du putsch sera-t-elle ?

En savoir plus :

  • Bellmann 2019, Abeilles, bourdons, guêpes et fourmis d’Europe, Delachaux & Niestlé.
  • Boyer 2015, Abeilles sauvages, Ulmer.
  • Vereecken 2018, Découvrir et protéger nos abeilles sauvages, Glénat.
  • Les halictes avec le site aramel.free.fr
  • Halictus scabiosae avec la galerie du Monde des insectes

Photos JF Irastorza

 

La Charpentière et les acariens

La Charpentière et les acariens.

Comme une ceinture mortifère. La Charpentière et les acariens ne font pas bon ménage. Insidieusement, les parasites sont à l’oeuvre…

La Charpentière et les acariens.Tout juste émergée et déjà parasitée ! La Charpentière et les acariens : cruelle fable en vérité. Car le Xylocope violacé, alias l’Abeille charpentière (Xylocopa violacea), a beau prendre ici des forces sur le massif d’asters, il risque fort de ne jamais voir le printemps…

L’extrémité jaune-orangé des antennes trahit un mâle. Comme ses futures conquêtes, il est sorti du nid en août-septembre et s’apprête à hiverner. Il suffira alors d’un après-midi bien ensoleillé pour le faire sortir dès février-mars. Et les accouplements débuteront en mars-avril. Souvent dans les fruitiers en fleurs au jardin.

Hélas, à bien y regarder, ce scénario immuable semble compromis. Des dizaines de petits squatters se sont en effet agglutinés entre abdomen et thorax. Leur gangue brunâtre s’étend vers la naissance des ailes. Et ce n’est sans doute qu’un début. Les acariens vont ainsi se développer aux dépens de leur cible. Dans quelques semaines, à l’abri d’un terrier de rongeur abandonné où il comptera passer l’hiver, l’invasion des parasites lui sera sans doute fatale…

La Charpentière et les acariens.

En savoir plus : 

Photos JF Irastorza