La Stélide ponctuée

Stélide ponctuée sur origan en fleurs.

Dans la série des abeilles coucous, Mme Stélide ponctuée cible le nid de l’Anthidie à manchettes pour installer sa progéniture.

Stélide ponctuée sur origan en fleurs.

Taile maxi : 7 mm. Visible de juin à septembre.

Rien d’étonnant à la voir tourner et virer dans la planche des aromatiques. Et pas seulement pour le nectar de l’origan ! La petite Stélide ponctuée (Stelis ponctulatissima) est en effet inséparable de l’Anthidie à manchettes, familière de la Mélisse en fleurs toute proche.

Hélas, le compagnonnage n’est pas désintéressé. Pour Madame Stélide, il s’agit ainsi de ne pas perdre de vue sa cible… Et de la suivre jusqu’à son nid le moment venu. Il lui suffira alors d’attendre un peu : le temps pour l’anthidie d’entreposer sa récolte et de repartir très vite. La place étant libre, l’intruse pourra y pondre subrepticement. Ses larves bientôt ne manqueront de rien.

Dominante noire et ailes fumées : la Stélide ponctuée est discrète. Avec pour seules fantaisies, la fine ponctuation qui lui vaut son nom, une légère pilosité grise et les étroites rayures blanches de l’abdomen. Normal. Quand on est une abeille coucou, mieux vaut passer inaperçue.

Stélide ponctuée sur origan en fleurs.

La cible

Anthidie à manchettes, femelle, sur mélisse en fleurs.

Mme Anthidie à manchettes : la cible privilégiée de la Stélide ponctuée. Elle aménage son nid à l’aide de fibres végétales qu’elle « carde » à l’aide de ses mandibules.

En savoir plus : 

  • Abeilles, bourdons, guêpes et fourmis d’Europe, Bellmann, 2019, Delachaux & Niestlé.
  • Insectes du jardin, JF Irastorza, 2026, La Geste éditions.
  • Stelis punctulatissima avec la galerie du Monde des insectes

Photos JF Irastorza 

 

La Mélitte de la lysimaque

Mélitte de la lysimaque.

En bordure de la Sèvre et des fossés du marais, la jaune Lysimaque procure à la petite Mélitte une huile vitale pour sa progéniture.

Mélitte de la Lysimaque.

Taille maxi : 9 mm. Visible de juin à septembre.

Inféodées aux zones humides, l’une et l’autre sont inséparables. Ainsi, la petite Mélitte de la Lysimaque (Macropis europaea) creuse son nid sur les berges de la Sèvre niortaise. À proximité immédiate des panicules jaune vif qu’elle est d’ailleurs seule à fréquenter…

Il est vrai que la Lysimaque commune (Lysimaquia vulgaris) ne produit pas de nectar. Mais une huile très spécifique dont la Mélitte ne saurait se passer. À la fois pour nourrir ses larves et pour enduire les cellules de son nid d’un revêtement hydrofuge.

Cette petite abeille sauvage mesure moins d’un centimètre. D’un joli noir luisant, très peu velue, elle présente un abdomen finement rayé de blanc. On la distingue aisément. Même en vol. Ses pattes arrière lui donne en effet une silhouette incomparable. Avec tibias et tarses revêtus d’un épais manchon de pollen mélangé à ladite huile.

Évidemment, son propre besoin d’énergie appelle un peu de nectar de temps en temps. Elle n’a alors que l’embarras du choix. Entre épilobe et salicaire, eupatoire et pulicaire, tout proches sur la berge.

Mélitte de la lysimaque.

Jadis récoltée pour ses vertus médicinales, la Lysimaque commune soignait notamment plaies et contusions. D’où son nom populaire de chasse-bosse.

Mélitte de la Lysimaque.

Position caractéristique de la femelle Mélittte. Tête et pattes avant enfoncées dans la corolle de la lysimaque. Pattes arrière écartées, recouvertes d’un manchon de pollen et d’huile. Les mâles trop pressants sont ainsi prévenus : l’heure n’est plus à la bagatelle mais à l’approvisionnement des futures larves.

En savoir plus  :

Photos JF Irastorza 

 

L’Anthidie à manchettes

Anthidie à manchettes, mâle, sur fleur de mélisse.

Le mâle de l’Anthidie à manchettes est un gros macho. Agressif envers les autres mâles. Sans ménagement envers ses conquêtes.

Anthidie à manchettes, mâle, sur feuille de mélisse.

Taille maxi : 18 mm. Visible de juin à août.

Voilà un nom vernaculaire qui s’explique au premier coup d’oeil. Chez le mâle du moins. Monsieur Anthidie à manchettes (Anthidium manicatum) se laisse assez facilement observer et présente en effet de longues franges blanches sur des pattes jaunes tachées de noir. 

Anthidie à manchettes, femelle, sur fleur de mélisse.Madame en est dépourvue. Plus petite, elle ne porte pas non plus « les épines » arborées par Monsieur à la pointe de l’abdomen. De véritables armes, très efficaces pour éloigner les mâles concurrents. 

Car ici la planche des aromatiques est chasse gardée ! Depuis la Lavande officinale jusqu’à la grosse touffe de Mélisse où les femelles butinent consciencieusement. 

Oh, bien-sûr, Monsieur sirote lui aussi parfois un peu de nectar. Comme pour reprendre des forces. Mais il passe le plus clair de son temps à patrouiller. Et lorsqu’il rencontre une femelle, la tête engouffrée dans la corolle d’une fleur, irrésistiblement, il fonce… Sans ménagement. Un accouplement aussi furtif que brutal. Et pendant que Madame, imperturbable, poursuit son butinage, lui fait une petite pause sur une feuille voisine. Avant de repartir en chasse. Gros macho ! 

Sur un épi de Lavande officinale.

Anthidie à manchettes, mâle, en patrouille.

Comme chez toutes les Anthidies, l’abdomen noir présente des marques transversales jaunes.  Chez l’Anthidie à manchettes, elles partent des bords latéraux et s’arrêtent un peu avant le milieu des tergites. Sauf chez le mâle où les deux paires de marques avant sont plus ou moins fractionnées voire très incomplètes. Comme ici avec ce mâle en patrouille. Les épines de la pointe abdominale sont bien visibles.

Mâle transi sous la pluie. La patrouille reprendra à la première éclaircie…

La tête dans la corolle

Accrochée à une corolle de mélisse, une petite femelle littéralement agressée par un gros mâle.

Même scénario sur une fleur de Sauge argentée

En savoir plus :

  • Abeilles, bourdons, guêpes et fourmis d’Europe, Bellmann, 2019, Delachaux & Niestlé.
  • Insectes du jardin, JF Irastorza, 2026, La Geste éditions.
  • Abeilles sauvages, Boyer 2015, Ulmer.
  • Découvrir et protéger nos abeilles sauvages, Vereecken, 2018, Glénat.
  • Les anthidiies avec le site aramel.free.fr

 Photos JF Irastorza