Les petits ballots de l’écureuil

Ecureuil, aménagement du nid / Un jardin dans le Marais poitevin.

Des paquets bien compacts. L’Écureuil roux transporte ainsi herbes sèches, brindilles et mousse pour retaper son nid.

Ecureuil, aménagement du nid / Un jardin dans le Marais poitevin.Bien-sûr, il peut compter sur ses réserves, cachées un peu partout au potager. De quoi passer l’hiver sans trop de difficultés. Pas question pour autant de se la couler douce. Car, en cette mi-janvier, commence la saison des amours pour l’écureuil. La quête n’est pas forcément de tout repos. D’autant que, parallèlement, il faut retaper le nid !

C’est une grosse boule de brindilles bien calée entre deux solides et hautes branches d’un peuplier. L’entrée est sur le côté, invisible depuis le sol. On pourrait presque croire à un nid de corneilles.

Si le refuge fait ses preuves, le moment est venu de renouveler son confort. Aussi malin qu’industrieux, l’écureuil transporte à pleine gueule ses ballots d’herbes sèches, de feuilles mortes et de mousse… C’est qu’il en faut des matériaux tout là-haut ! En prévision des rigueurs d’un hiver qui débute à peine. En prévision surtout de la future nichée.

Ecureuil, aménagement du nid / Un jardin dans le Marais poitevin.

Quelques réserves

Une noix camouflée à l’entrée d’un terrier de rongeur, une autre découverte à la faveur du sarclage des salades… L’Écureuil multiplie les cachettes plus ou moins sûres au jardin. À moins qu’il s’agisse du Geai des chêne ! Quoi qu’il en soit, pas sûr que l’un et l’autre se souviennent précisément des lieux de leurs trésors le moment venu…

Geai des chênes / Un jardin dans le Marais poitevin.

Le Geai des chênes aussi fait quelques réserves au jardin en prévision de l’hiver.

En savoir plus : 

  • Guide de la vie sauvage du jardin, 1997, Michael Chinery, Delachaux & Niestlé.
  • L’Écureuil roux avec le site de la LPO
  • Le Geai des chênes avec la site de la LPO

 Photos JF Irastorza 

 

Le Demi-diable

Demi-diable sur lupin arbustif.

Piqueur, suceur, sauteur : le Centrote cornu – alias la cigale épineuse – porte un casque étrange qui lui vaut le surnom de Demi-diable.

Demi-diable sur lupin arbustif.On a déjà vu ici son cousin, le vert Membracide bison, un petit piqueur-suceur, doué d’une prodigieuse détente dans le saut tant en hauteur qu’en longueur. Le Centrote cornu (Centrotus cornutus) est tout aussi vif et lilliputien (7-8 mm) mais un peu moins discret. Surtout en cette saison sur les tiges et les feuilles du lupin arbustif !

Deux petits yeux ronds, brun clair, tout en bas de la tête. Un front très haut, brun gris, couronné de deux « cornes » pointues, avec une troisième excroissance, lancéolée, ondulée et étirée vers l’arrière. L’ensemble forme un « casque » étrange auquel fait écho le surnom de Demi-diable. On l’appelle également cigale épineuse en référence à ses ailes caractéristiques, aux nervures aussi rougeâtres que les pattes.

Comme celles des cicadelles ou des cercopes, ses larves se développent actuellement à l’aisselle des feuilles de nombreuses herbacées. Sous la protection des fameux « crachats de coucou ». Adultes et progéniture se nourrissent de la sève siphonnée sur feuilles et tiges tendres. Sans grand dommage pour les plantes hôtes.

Demi-diable sur lupin arbustif.

« Crachat de coucou »

Ici à l’aisselle d’une feuille d’oseille sauvage, un « crachat de coucou », protection spumeuse des larves de cercopides et autres membracides, dont le Demi-diable.

En savoir plus : 

  • Hémiptères de France, 2015, Romain Garrouste, Delachaux & Niestlé.
  • Guide photos des insectes, 2019, Heiko Bellmann, Delachaux & Niestlé.
  • Insectes du jardin, 2026, JF Irastorza, La geste éditions.
  • Le Centrote cornu avec les Cahiers nature de Jessica.

Photos JF Irastorza

 

Le Hérisson d’Europe

Le hérisson et les feuilles mortes.

Isolant thermique autant que garde-manger : la litière de feuilles mortes est précieuse pour le Hérisson d’Europe qui la fouille de son long museau pointu…

Taille maxi : 30 cm. Visible de mars à novembre.

Le bruit des feuilles mortes brassées est caractéristique. Au pied des haies, le Hérisson commun, alias le Hérisson d’Europe (Erinaceus europaeus)  est assuré d’en trouver une bonne couche. Et, avec elles, qualité de limaces, escargots, insectes et larves diverses dont il se délecte.

Il furète également au potager, essentiellement la nuit, dès le crépuscule, en quête de chenilles notamment, sans jamais s’en prendre aux légumes ou aux fruits, sinon parfois lorsqu’ils sont tombés au sol et qu’il n’y a rien d’autre à se mettre sous la dent.

Le jour, le Hérisson d’Europe se cache au creux d’une haie, d’un tas de bois ou d’un fourré qu’il aménage à l’approche des gelées, en accumulant feuilles mortes et débris végétaux divers pour s’y abandonner de novembre à février.

Deux accouplements peuvent se succéder dans l’année. La première sitôt la fin de l’herbernation, en mars, la seconde en août-septembre, chaque portée comptant 4 à 5 petits que la femelle prend seule en charge.

Parmi les cachettes et abris du hérisson dans un coin du jardin.

En savoir plus : .

  • Guide nature : 100 traces et empreintes, Bernard Loyer, 2004, Nathan.
  • Le Guide nature au jardin, collectif, 2017, Salamandre.
  • Guide la la vie sauvage du jardin, Michael Chiney, 2002, Delachaux & Niestlé.
  • Le Hérisson d’Europe avec la LPO

Photos JF Irastorza