L’Écrevisse de Louisiane

L’invasive Écrevisse de Louisiane a la bougeotte. Elle traverse ici une prairie proche du jardin pour rejoindre le fossé d’à-côté…

Écrevisse de Louisiane.Autant elle peut être vive dans l’eau, même basse, autant elle semble se traîner parmi les herbes de cette prairie voisine du jardin. Sans doute la traverse-t-elle pour passer d’un fossé à l’autre. Maculée de vase, elle hésite entre gris et brun mais s’illumine de rouge au moindre rayon de soleil : une Écrevisse de Louisiane (Procambarus clarkii).

À l’approche de l’intrus, elle se dresse en prenant appui sur sa large nageoire caudale. Prête à l’attaque… Elle écarte ses puissantes pinces hérissées de petits tubercules rouges. Approches si tu l’oses !

La bravache aurait mieux fait de filer à l’anglaise au lieu de retenir ainsi l’attention. Car, invasive, elle se développe, ici comme ailleurs, aux dépens notamment de sa cousine autochtone à pattes blanches. Mieux vaut ne pas la laisser proliférer. Torsion de la pointe abdominale. Son sort est vite réglé. Elle ne tardera pas à faire le bonheur d’un prédateur. Héron ou loutre. Sans compter les insectes.  À moins qu’une de ses congénères passe à son tour par là…

Source : 

Écrevisse de Louisiane.

Écrevisse de louisiane.

 

L’Araignée des marais

Dolomède commune sur les cailloux d'un gué.

Si la Dolomède commune marche sur l’eau pour « aller à la pêche », elle chasse aussi les insectes à l’affût sur la terre ferme…

Dolomède commune à l'affût sur une feuille morte flottant sur un fossé.Aussi à l’aise sur l’eau que dans la végétation des berges ! La Dolomède commune (Dolomedes fimbriatus), alias l’Araignée des marais, prend place ici sur les cailloux d’un gué. Là sur une feuille morte. À l’affût, elle peut ainsi « pêcher » larves, mollusques et mêmes alevins, tout en restant relativement l’abri des prédateurs…

En ce début d’automne, on rencontre surtout des individus immatures. Leurs pattes hérissées de soies noires sont encore verdâtres presque translucides. Thorax et abdomen commencent à peine à brunir. Adultes, ils  seront davantage sombres. Les bandes blanches latérales contrasteront alors plus fortement. De même que les deux lignes de points blancs sur l’abdomen.

Les jeunes Dolomèdes s’aventurent volontiers sur les prairies du marais. Jamais très loin d’un fossé ou d’une conche. Elles peuvent rester figées des heures, tapies au creux d’une feuille ou au revers d’une inflorescence. Pour saisir les insectes de passage. Des mouches surtout. Mais aussi des papillons ! Pas besoin de tisser une toile pour piéger une proie. Sur l’eau comme dans les herbes, il suffit de beaucoup de patience. Et d’une bonne détente le moment venu.

Source : 

La Dolomède commune, juvénile, vient de capturer un Azuré des nerpruns.

Venu butiner la menthe des champs, le petit Azuré des nerpruns s’est laissé surprendre. Il est vrai que le mimétisme de la jeune Dolomède était parfait !

Mouche capturée par une Dolomède commune juvénile.

Fin août 2021. À l’affût sur capitules de pulicaire.

 

La montgolfière de l’Argiope frelon

Argiope frelon, femelle, sur son cocon.

Le cocon de l’Argiope frelon a une allure de montgolfière retournée. Trois centimètres de diamètre. Un petit chef-d’oeuvre construit en une nuit !

Argiope frelon, femelle, sur son cocon.Décidément, l’Argiope frelon (Argiope bruennichi), alias l’Épeire fasciée, ne ressemble à aucune autre araignée. On connaissait sa livrée rayée blanc-jaune-noir et l’étrange « zigzag » de sa toile. Voici son étonnant cocon en forme de montgolfière retournée ! Un petit chef d’oeuvre qui annonce l’arrivée de l’automne.

Car, mine de rien, si l’été semble s’éterniser, les jours raccourcissent et les nuits sont frisquettes. Madame Argiope sent bien que le moment est venu de passer le relais. Pondre, évidemment, mais pas n’importe comment. Ni n’importe où. Alors, en une nuit, avec un mystérieux savoir-faire, elle a tissé sa superbe nurserie. Suspendue à de grandes feuilles jaunissantes de carex. Au petit matin, elle s’y agrippe encore comme pour la protéger. Avant bientôt de se laisser mourir…

L’enveloppe de soie a déjà commencé à durcir et brunir. Les mauvais jours peuvent venir, le cocon sera invisible parmi les herbes sèches. Plusieurs centaines d’oeufs puis de petites larves passeront l’hiver dans cette carapace imperméable et douillettement feutrée. Si tout va bien, elles en émergeront début mai.

Sources : 

Argiope frelon, femelle, sur son cocon.

Alors que le mâle n’a pas survécu à l’accouplement, la femelle vient de terminer son ouvrage et, du même coup, le cycle de vie de l’Épeire fasciée. Elle va se laisser mourir…

La superbe Épeire fasciée à l’affût. On la distingue à sa livrée rayée  blanc-jaune-noir bien-sûr mais aussi au panache de soie blanche qui zigzague verticalement sur la toile.