L’Araignée des marais

Dolomède commune sur les cailloux d'un gué.

Si la Dolomède commune marche sur l’eau pour “aller à la pêche”, elle chasse aussi les insectes à l’affût sur la terre ferme…

Dolomède commune à l'affût sur une feuille morte flottant sur un fossé.Aussi à l’aise sur l’eau que dans la végétation des berges ! La Dolomède commune (Dolomedes fimbriatus), alias l’Araignée des marais, prend place ici sur les cailloux d’un gué. Là sur une feuille morte. À l’affût, elle peut ainsi « pêcher » larves, mollusques et mêmes alevins, tout en restant relativement l’abri des prédateurs…

En ce début d’automne, on rencontre surtout des individus immatures. Leurs pattes hérissées de soies noires sont encore verdâtres presque translucides. Thorax et abdomen commencent à peine à brunir. Adultes, ils  seront davantage sombres. Les bandes blanches latérales contrasteront alors plus fortement. De même que les deux lignes de points blancs sur l’abdomen.

Les jeunes Dolomèdes s’aventurent volontiers sur les prairies du marais. Jamais très loin d’un fossé ou d’une conche. Elles peuvent rester figées des heures, tapies au creux d’une feuille ou au revers d’une inflorescence. Pour saisir les insectes de passage. Des mouches surtout. Mais aussi des papillons ! Pas besoin de tisser une toile pour piéger une proie. Sur l’eau comme dans les herbes, il suffit de beaucoup de patience. Et d’une bonne détente le moment venu.

Source : 

La Dolomède commune, juvénile, vient de capturer un Azuré des nerpruns.

Venu butiner la menthe des champs, le petit Azuré des nerpruns s’est laissé surprendre. Il est vrai que le mimétisme de la jeune Dolomède était parfait !

Mouche capturée par une Dolomède commune juvénile.

Fin août 2021. À l’affût sur capitules de pulicaire.

 

Please follow and like us:

La montgolfière de l’Argiope frelon

Argiope frelon, femelle, sur son cocon.

Le cocon de l’Argiope frelon a une allure de montgolfière retournée. Trois centimètres de diamètre. Un petit chef-d’oeuvre construit en une nuit !

Argiope frelon, femelle, sur son cocon.Décidément, l’Argiope frelon (Argiope bruennichi), alias l’Épeire fasciée, ne ressemble à aucune autre araignée. On connaissait sa livrée rayée blanc-jaune-noir et l’étrange « zigzag » de sa toile. Voici son étonnant cocon en ferme de montgolfière retournée ! Un petit chef d’oeuvre qui annonce l’arrivée de l’automne.

Car, mine de rien, si l’été semble s’éterniser, les jours raccourcissent et les nuits sont frisquettes. Madame Argiope sent bien que le moment est venu de passer le relais. Pondre, évidemment, mais pas n’importe comment. Ni n’importe où. Alors, en une nuit, avec un mystérieux savoir-faire, elle a tissé sa superbe nurserie. Suspendue à de grandes feuilles jaunissantes de carex. Au petit matin, elle s’y agrippe encore comme pour la protéger. Avant bientôt de se laisser mourir…

L’enveloppe de soie a déjà commencé à durcir et brunir. Les mauvais jours peuvent venir, le cocon sera invisible parmi les herbes sèches. Plusieurs centaines d’oeufs puis de petites larves passeront l’hiver dans cette carapace imperméable et douillettement feutrée. Si tout va bien, elles en émergeront début mai.

Source : 

Argiope frelon, femelle, sur son cocon.

Alors que le mâle n’a pas survécu à l’accouplement, la femelle vient de terminer son ouvrage et, du même coup, le cycle de vie de l’Épeire fasciée. Elle va se laisser mourir…

La superbe Épeire fasciée à l’affût. On la distingue à sa livrée rayée  blanc-jaune-noir bien-sûr mais aussi au panache de soie blanche qui zigzague verticalement sur la toile.

 

Please follow and like us:

Le zigzag de l’Épeire fasciée

Épeire fasciée / Un jardin dans le marais poitevin.

Oubliez votre éventuelle phobie des araignées ! Et admirez. La superbe Épeire fasciée est surtout dangereuse… pour les criquets.

Ah çà ! On ne risque pas de la confondre. L’Épeire fasciée (Argiope bruennichi), alias l’Argiope frelon, présente un abdomen particulièrement replet. Du moins la femelle. Le mâle est un peu plus fluet. Mais l’un et l’autre présentent le même jeu de bandes jaune vif et blanches animées de lignes noires. Ce graphisme éclatant lui vaut nombre de sobriquets. Araignée guêpe ou frelon notamment.

Pour compléter la parure, l’argent s’invite sur le petit avant-corps quand les longues pattes alternent brun-roux, noir et blanc nacré.

On la reconnait également à l’étrange et épais zigzag de soie blanche dont elle équipe l’axe vertical de sa large toile circulaire. Stabilisateur, tenseur, voire “trompe l’oeil” propre à éclipser visuellement le reste du piège ? À vrai dire, le mystère du zigzag reste entier. Quoiqu’il en soit, notre araignée se tient imperturbablement au centre du dispositif. La tête en bas. À l’affût.

L’Épeire fasciée évolue plutôt d’ordinaire en milieux plutôt secs. Elle n’en est pas moins très présente dans ce coin de marais où pullulent il est vrai quelques unes de ses victimes favorites. Libellules et criquets. En l’occurence le Criquet ensanglanté.  Avec pareilles énergiques proies, la toile est vite malmenée. Qu’importe. Elle est consciencieusement retissée chaque matin.

En savoir plus sur l’Épeire fasciée avec le site quelestcetanimal.com

Criquet capturé par une Épeire fasciée / un jardin dans le Marais poitevin.

Criquet ensanglanté pris au piège de l’Épeire fasciée qui l’a immédiatement anesthésié puis “emmailloté” avant de s’en délecter.

Le cocon de l’Argiope frelon a une allure de montgolfière retournée. Trois centimètres de diamètre. Un petit chef-d’oeuvre construit en une nuit !

Mi septembre 2021. Vue en face ventrale, au centre de la vaste toile, juste au dessus du fameux zig-zag.

 

Please follow and like us: