La Mouche-scorpion

Mouche-scorpion sur mûres des haies.

Si les cadavres d’autres insectes constituent l’ordinaire de la Mouche-scorpion, elle apprécie aussi le jus sucré des mûres…

Taille maxi : 25 mm. Visible de mai à août.

Avec son drôle de « bec » doté de solides mandibules, la Mouche-scorpion (Panorpa vulgaris) est principalement carnassière. Elle ne chasse pas pour autant et se contente de tailler en pièces les cadavres de rencontre. Notamment les dépouilles de mouches et d’abeilles. 

Cela dit, opportuniste autant qu’audacieuse, elle n’hésite pas à chiper les insectes pris au piège d’une toile d’araignée, au nez et la barbe de la maîtresse des lieux. Surtout si, comme les proies de l’Épeire fasciée par exemple, ils sont « emmaillotés » et prêts à la dégustation…

Tout cela est certes assez peu ragoutant. Mais la Mouche-scorpion sait aussi se faire délicate. Elle apprécie notamment nectar et pollen des fleurs. Puis, avec la fin de l’été, vient le temps d’une de ses principales gourmandises : les mûres ! Un jeu d’enfant pour le rostre que de percer la fine peau noire et luisante des petites drupes. Et d’en aspirer le jus sucré.  

Mouche-scorpion sur mûres des haies.

Mouche-scorpion sur mûres des haies.

Il s’agit ici d’une femelle dont la pointe abdominale, rouge orangé,  est très effilées et se termine par deux courts cerques…

Mouche scorpion mâle, bulbe abdominal recourbé à la manière d'une scorpion / Un jardin dans le Marais poitevin.

… Tout au contraire, le dernier segment est fortement enflé chez le mâle qui  redresse redresse ce curieux bulbe au-dessus du corps à la manière d’une queue de scorpion.

Si elle apprécie le jus sucré des mûres à l’occasion, c’est avant tout un chasseur d’insecte. On voit bien ici le long rostre armé de mandibules dont la mouche-scorpion use pour broyer ses proies.

Femelle à l’affût dans une prairie voisine du jardin.

En savoir plus : 

  • Guide photo des insectes, 2019, Heiko Bellmann, Delachaux & Niestlé.
  • Insectes du jardin, 2026, JF Irastorza, La Geste éditions.
  • La famille des Panorpes avec le site aramel.free.fr
  • Les Mouches-scorpions avec le site zoom-nature.fr

Photos JF Irastorza

 

La bataille de l’eau

Ecureuil à la buvette du jardin / Un jardin dans le Marais poitevin.

La bataille de l’eau, dans le Marais poitevin, on connaît ! Jusqu’au bord de la petite mare du jardin. Mais l’écureuil s’en fiche !

Merleau à la buvette du jardin / Un jardin dans le Marais poitevin.Pas de vraie pluie depuis plus d’un mois. C’est peu dire que le potager et ses résidents tirent la langue. Heureusement, il y a la mare, sous le couvert des grands peupliers. Gare cependant à la bataille de l’eau.

Encore affublés de leurs livrées
juvéniles roussâtres, les turbulents merleaux aimeraient bien en effet régenter la buvette du jardin. Sinon se l’approprier. Il faut dire que leurs nichées du printemps ont connu une belle réussite. Ils sont nombreux les bougres. Et ne tolèrent guère les intrus.

Cela dit, les grives musiciennes ont du répondant et ne s’en laissent pas compter. Elles boivent quand bon leur chante. Et décortiquent imperturbablement leurs escargots sur la margelle…

L’écureuil est tout aussi indifférent aux gesticulations des ados. Il vient là régulièrement entre deux cabrioles et prend tout son temps pour se désaltérer. De quoi encourager les passereaux. Néanmoins prudent, le verdier se faufile parmi les touffes de myosotis pour accéder discrètement à la mare. La fauvette à tête noire est plus téméraire. L’eau n’appartient à personne. Au diable les prétentions de ces balourds de merleaux ! 

Abreuvoir des oiseaux, chardonneret / Un jardin dans le Marais poitevin.

Abreuvoir des oiseaux, verdier et chardonneret / Un jardin dans le Marais poitevin.

Grive musicienne décortiquant un escargot / Un jardin dans le Marais poitevin.

Une pierre plate au bord de la petite mare. La Grive musicienne y décortique les escargots du jardin : sa gourmandise !

 Photos JF Irastorza 

 

Le Géophile, précieux mille-pattes

Le Géophile, précieux auxiliaire au potager / Un jardin dans le Marais poitevin

Membre de la grande famille des mille-pattes, le Géophile est carnassier. Il vit essentiellement sous terre. C’est là qu’il trouve son ordinaire.

Le Géophile, un mille-pattes carnivore très utile au potager / Un jardin dans le Marais poitevin.A force de parler souvent ici des ravageurs, on finirait presque par en oublier les précieux auxiliaires du jardin. Il ne faut pas remuer le sol très loin pour trouver celui-ci. Et le voir s’enfouir tout aussitôt. Il mobilise alors chacune de sa trentaine de paires de pattes (ce n’est déjà pas si mal) pour évacuer la terre de sa nouvelle galerie.

Jaune orangé, extrêmement souple et vif, le Géophile n’est pas amateur de légumes. C’est un carnivore et un redoutable prédateur.

L’équilibre du jardin passe notamment par lui pour lutter contre la prolifération du trop fameux taupin mais aussi contre les larves de la tipule, les chenilles de la noctuelle et autres vers gris ou blancs… Au hasard des travaux du potager, il peut surprendre et impressionner par son étrange physique. Le mieux est de le laisser tranquille.

Rien de tel que le Géophile pour lutter contre la prolifération du Taupin, les larves de la Noctuelle et autres vers gris ou blancs / Un jardin dans le Marais poitevin.

Ses proies favorites

Les géophiles sont particulièrement précieux pour lutter contre les fameux « vers gris », autrement dit les chenilles des noctuelles.

Le fameux taupin ! Un ver jaune orangé, parfois appelé « fil de fer ». C’est la larve d’un petit coléoptère. On lui doit notamment les salades qui s’étiolent (le ver s’attaque au collet) ou les tubercules minés des pommes de terre !

Autres ravageurs prisés par les géophiles : les larves de tipule dont le régime radicicole peut faire de gros dégâts au potager…

… et celles de la Mouche de Saint-Marc, également friandes de jeunes racines.

Photos JF Irastorza