La Dolomède commune

Dolomède commune sur les cailloux d'un gué.

Si la Dolomède commune marche sur l’eau pour « aller à la pêche », elle chasse aussi les insectes à l’affût sur la terre ferme…

Dolomède commune à l'affût sur une feuille morte flottant sur un fossé.Aussi à l’aise sur l’eau que dans la végétation des berges ! La Dolomède commune (Dolomedes fimbriatus), alias l’Araignée des marais, prend place ici sur les cailloux d’un gué. Là sur une feuille morte. À l’affût, elle peut ainsi « pêcher » larves, mollusques et mêmes alevins, tout en restant relativement l’abri des prédateurs…

En ce début d’automne, on rencontre surtout des individus immatures. Leurs pattes hérissées de soies noires sont encore verdâtres presque translucides. Thorax et abdomen commencent à peine à brunir. Adultes, ils  seront davantage sombres. Les bandes blanches latérales contrasteront alors plus fortement. De même que les deux lignes de points blancs sur l’abdomen.

Les jeunes Dolomèdes s’aventurent volontiers sur les prairies du marais. Jamais très loin d’un fossé ou d’une conche. Elles peuvent rester figées des heures, tapies au creux d’une feuille ou au revers d’une inflorescence. Pour saisir les insectes de passage. Des mouches surtout. Mais aussi des papillons ! Pas besoin de tisser une toile pour piéger une proie. Sur l’eau comme dans les herbes, il suffit de beaucoup de patience. Et d’une bonne détente le moment venu.

La Dolomède commune, juvénile, vient de capturer un Azuré des nerpruns.

Venu butiner la menthe des champs, le petit Azuré des nerpruns s’est laissé surprendre. Il est vrai que le mimétisme de la jeune Dolomède était parfait !

Mouche capturée par une Dolomède commune juvénile.

Fin août. À l’affût sur capitules de pulicaire.

En savoir plus : 

  • Araignées de France et d’Europe, Michael J. Robert, 2020, Delachaux & Niestlé.
  • La Dolomène commune avec les Carnets nature de Jessica

Photos JF Irastorza

 

La Mouche des criquets

Mouche des criquets, femelle, sur capitule de Bident feuillé.

Un petit « nez » et des yeux gris barrés de six lignes transversales rouges : les deux coquetteries de la Mouche des criquets.

Mouche des criquets, femelle, sur capitule de Bident feuillé.

Taille maxi : 9 mm. Visible de juin à octobre.

Voilà un auxiliaire réputé pour sa contribution à la lutte biologique contre les criquets. Particulièrement en Afrique où les invasions endémiques du Criquet pélerin font des ravages. Évidemment, dans ce coin de marais, les enjeux ne sont pas les mêmes ! La Mouche des criquets (Stomorhina lunata) n’en est pas moins présente. 

Ses cibles ? Notamment deux autochtones inféodés aux zones humides, le Criquet ensanglanté et le Criquet des roseaux. Elle participe ainsi, avec l’Épeire fasciée notamment, à la régulation de leurs populations.

Ce sont ses larves qui s’en charge. Les femelles pondent ainsi sur les oothèques de criquets. Ces sortes de poches censées protéger l’incubation ne résistent pas aux petits asticots qui dévorent la couvée.

Sans rivaliser toutefois avec la Rhingie champêtre, la Mouche des criquets présente une petite protubérance faciale pour abriter le fourreau de sa langue. De petite taille (7/8 mm), sa livrée grise et noire la rend très discrète. C’est à peine si l’on distingue les six rayures rouges de ses yeux. Et les bandes abdominales jaunes du seul mâle.

Mouche des criquets, mâle, sur épis de Renouée poivre d'eau.

Le mâle présente des yeux jointifs rouge bordeaux dans leur partie supérieure. Les bandes abdominales, grises chez la femelle, se teintent plus ou moins discrètement de jaune chez le mâle, un peu à la manière des syrphes.

En savoir plus :

  • Mouches et moustiques d’Europe, Denis Richard et Pierre-Olivier Maquart, 2024, Delachaux & Niestlé.
  • Guide photo des insectes, Heiko Bellmann, 2019, Delachaux & Niestlé.
  • Le Guide nature au jardin, collectif, 2017, Salamandre.
  • Guide la la vie sauvage du jardin, Michael Chiney, 2002, Delachaux & Niestlé.

Photos JF Irastorza 

 

La montgolfière de l’Argiope frelon

Argiope frelon, femelle, sur son cocon.

Le cocon de l’Argiope frelon a une allure de montgolfière retournée. Trois centimètres de diamètre. Un chef-d’oeuvre construit en une nuit !

Argiope frelon, femelle, sur son cocon.Décidément, l’Argiope frelon (Argiope bruennichi), alias l’Épeire fasciée, ne ressemble à aucune autre araignée. On connaissait sa livrée rayée blanc-jaune-noir et l’étrange « zigzag » de sa toile. Voici son étonnant cocon en forme de montgolfière retournée ! Un petit chef d’oeuvre qui annonce l’arrivée de l’automne.

Car, mine de rien, si l’été semble s’éterniser, les jours raccourcissent et les nuits sont frisquettes. Madame Argiope sent bien que le moment est venu de passer le relais. Pondre, évidemment, mais pas n’importe comment. Ni n’importe où. Alors, en une nuit, avec un mystérieux savoir-faire, elle a tissé sa superbe nurserie. Suspendue à de grandes feuilles jaunissantes de carex. Au petit matin, elle s’y agrippe encore comme pour la protéger. Avant bientôt de se laisser mourir…

L’enveloppe de soie a déjà commencé à durcir et brunir. Les mauvais jours peuvent venir, le cocon sera invisible parmi les herbes sèches. Plusieurs centaines d’oeufs puis de petites larves passeront l’hiver dans cette carapace imperméable et douillettement feutrée. Si tout va bien, elles en émergeront début mai.

Argiope frelon, femelle, sur son cocon.

Alors que le mâle n’a pas survécu à l’accouplement, la femelle vient de terminer son ouvrage et, du même coup, le cycle de vie de l’Épeire fasciée. Elle va se laisser mourir…

En savoir plus : 

Photos JF Irastorza