L’Orthétrum brun

Orthétrum brun au repos.

Malgré son nom, l’Orthétrum brun est presqu’entièrement bleu. Le mâle du moins. Naissance des ailes, face et yeux compris.

Orthétrum brun en pause dans les allées du jardin.

Longueur maxi :: 49 mm. Visible d’avril à septembre.

Décidément, rien n’est simple avec les libellules ! En témoigne l’Orthétrum brun (Orthetrum brunneum) dont le nom fait référence à la couleur aussi sombre qu’éphémère des sujets immatures. Mais la dominante des adultes est plutôt jaune chez la femelle et bleu ciel chez le mâle. 

Ce dernier est d’ailleurs quasi intégralement bleu. Jusqu’au masque facial. Et l’abondante pruine du thorax se diffuse assez largement sur la naissance des ailes. Plus bleu que lui tu meurs ! Même l’Orthétrum bleuissant (Orthetrum coerulescens) n’y parvient pas, avec un thorax et une face généralement brunâtres.

Celui-ci a quitté les fossés tout proches pour venir patrouiller au jardin. En chasse, il va et vient au ras du sol. Pas besoin de piquet ou de branche pour ses brèves pauses. L’herbe grillée par le soleil et les premières feuilles mortes font très bien l’affaire.

Orthétrum brun en pause dans les allées du jardin.

La pruine bleue du mâle envahit l’abdomen, le thorax et se diffuse même sur la naissance des ailes.

Un autre en bordure d’un fossé. À l’affût, il n’est pourtant pas en chasse : il veille tout simplement à la sérénité de sa belle après l’accouplement…

Pas question en effet qu’un autre mâle vienne importuner la femelle qui zigzague à fleur d’eau…

Toujours en vol, elle plonge bientôt son abdomen et lâche ses oeufs au fil de l’eau peu profonde.

En savoir plus  : 

  • Guide des libellules de France et d’Europe, 2021, Dijkstra, Schröter et Lewington, Guide des libellules de France et d’Europe, Delachaux & Niestlé.
  • Libellules du Poitou-Charentes, 2009, Poitou-Charentes Nature (Ed).
  • Insectes du jardin, 2026, JF Irastorza, La Geste éditions.

Photos JF Irastorza 

 

La Decticelle bariolée

Decticelle bariolée, mâle.

Les ailes atrophiées de la Decticelle bariolée ne lui permettent pas de voler. Mais, au moindre danger, elle saute vite et loin !

Decticelle bariolée, mâle.On rencontre parfois cette petite sauterelle aux très longues antennes dans les parties enherbées au jardin. Mais elle préfère les hautes herbes de la prairie voisine. La Decticelle bariolée (Roeseliana roeselli) y grignote les graminées sans rechigner pour autant devant quelques pucerons et autres petits insectes.

Avec une dominante brun foncé, voire chocolat ici et là, elle se distingue facilement par les couleurs contrastées de son pronotum. Les lobes arrondis, noirs, sont en effet bordés d’une ligne claire, passant du vert au blanc crème. Parfois au jaune. Des nuances acidulées que l’on retrouve sur la face ventrale et, plus atténuées, sur les côtés de l’abdomen. 

À noter encore les ailes atrophiées, les longs cerques du mâle – armés d’une solide épine interne – et l’oviscapte de la femelle, en forme de court sabre. Elle l’introduit à l’intérieur d’une tige percée à coup de mandibules pour y déposer ses oeufs.

Decticelle bariolée, femelle.

Une silhouette plutôt trapue et de fines antennes plus longues que le corps !

Une cousine plus sobre, à la livrée brun gris sans la moindre fantaisie : la Decticelle cendrée.

En savoir plus :

  • Sauterelles, grillons et criquets d’Europe occidentale, Bellmann, Rutschmall, Roesti et Hochkirch, 2020, Delachaux & Niestlé.
  • Guide photos des insectes, Heiko Bellmann, 2019, Delachaux & Niestlé.
  • La Decticelle bariolée avec le site quelestcetanimal.com

Photos JF Irastorza

 

L’Argiope frelon

Épeire fasciée / Un jardin dans le marais poitevin.

Avouez qu’elle est belle ! Et admirez. La superbe Argiope frelon est surtout dangereuse… pour les insectes.

Taille maxi : 25 mm. Visible de juillet à octobre.

Ah çà ! On ne risque pas de la confondre. L’Épeire fasciée (Argiope bruennichi), alias l’Argiope frelon, présente un abdomen particulièrement replet. Du moins la femelle. Le mâle est plus fluet. Mais l’un et l’autre présentent le même jeu de bandes jaune vif et blanches animées de lignes noires. Ce graphisme éclatant lui vaut nombre de sobriquets. Araignée guêpe ou frelon notamment.

Pour compléter la parure, l’argent s’invite sur le petit avant-corps quand les longues pattes alternent brun-roux, noir et blanc nacré.

On la reconnait également à l’étrange et épais zigzag de soie blanche dont elle équipe l’axe vertical de sa large toile circulaire. Stabilisateur, tenseur, voire « trompe l’oeil » propre à éclipser visuellement le reste du piège ? À vrai dire, le mystère du zigzag reste entier. Quoiqu’il en soit, notre araignée se tient imperturbablement au centre du dispositif. La tête en bas. À l’affût.

L’Épeire fasciée évolue plutôt d’ordinaire en milieux plutôt secs. Elle n’en est pas moins très présente dans ce coin de marais où pullulent il est vrai quelques unes de ses victimes favorites. Libellules et criquets. En l’occurence le Criquet ensanglanté.  Avec pareilles énergiques proies, la toile est vite malmenée. Qu’importe. Elle est consciencieusement retissée chaque matin.

Criquet capturé par une Épeire fasciée / un jardin dans le Marais poitevin.

Criquet ensanglanté pris au piège de l’Épeire fasciée qui l’a immédiatement anesthésié puis « emmailloté » avant de s’en délecter.

Même le Vulcain peut se laisser prendre au piège !

Le cocon de l’Argiope frelon a une allure de montgolfière retournée. Trois centimètres de diamètre. Un petit chef-d’oeuvre construit en une nuit !

Mi septembre 2021. Vue en face ventrale, au centre de la vaste toile, juste au dessus du fameux zig-zag.

Fin juillet 2023. Couple d’Épeires fasciées après l’amour… Et Monsieur, où est-il ? Juste au dessus de Madame. Enfin, ce qu’il en reste ! Que voulez-vous, Madame a eu un irrépressible besoin de protéine pour concocter ses oeufs !

En savoir plus : 

  • Araignées de France et d’Europe, Michael J. Robert, 2020, Delachaux & Niestlé.
  • L’Épeire fasciée avec le site quelestcetanimal.com

 Photos JF Irastorza