La Mouche tigresse

Coenosia tigrina sur feuille de Bident feuillé.

Une livrée passe-partout et une redoutable voracité : la Mouche tigresse est un discret mais précieux auxiliaire au jardin.

Coenosia tigrina sur feuille de Bident feuillé.

Taille maxi : 7 mm. Visible d’avril à octobre.

Bon, c’est vrai, on a déjà vu mouche plus sexy ! Coenosia tigrina est à la fois minuscule – 6/7 mm – et dodue. C’est surtout l’abdomen rondouillard et courtaud qui lui donne cette silhouette replète. Et pas le moindre motif aux couleurs vives pour rehausser l’ensemble ! 

Certes, la blancheur de la petite tête ronde la distingue un peu. Les grands yeux rouge-bordeaux aussi. Mais la dominante est passe-partout. Gris jaunâtre, piquetée de taches plus sombre, hérissée de solides soies noires, tant sur l’abdomen que sur le thorax. Et même sur les pattes où alternent gris, noir et rougeâtre.

Reste que ladite mouche est bienvenue au jardin. Songez ! Malgré sa petite taille, ses qualités de chasseuse lui valent le surnom de Mouche tigresse. Et ses larves ne sont pas en reste. Petits vers et petits insectes au menu quotidien… Avec une prédilection, dit-on, pour la Mouche de l’oignon. Rien que pour cela, on lui pardonne volontiers d’aller aussi parfois chercher ses proies sur quelque cadavres ou excréments ! 

Coenosia tigrina sur bractée de Bident feuillé.

Pupe de la Mouche de l’oignon installée dans la tige d’un jeune plan d’ail.

En savoir plus :

  • Mouches et moustiques d’Europe, Denis Richard et Pierre-Olivier Maquart, 2024, Delachaux & Niestlé.
  • Guide photo des insectes, Heiko Bellmann, 2019, Delachaux & Niestlé.
  • Le Guide nature au jardin, collectif, 2017, Salamandre.
  • Guide la la vie sauvage du jardin, Michael Chiney, 2002, Delachaux & Niestlé.
  • À propos de la lutte contre la Mouche de l’oignon
  • À propos des mouches Muscidae dont Coenonia trigrina

Photos JF Irastorza 

 

Précieux gymnosome !

Gymnosome sur Bident feuillé.

Une jolie et discrète petite mouche auxiliaire : les larves du Gymnosome  parasitent notamment la Punaise verte.

Gymnosome sur Bident feuillé.Chez les Gymnosomes, alias les « Mouches coccinelles », l’abdomen est rebondi, luisant, jaune ou rouge orangé, orné d’un ligne médiane de figures géométriques noires. Des petites taches circulaires le plus souvent. D’où l’allusion aux coccinelles. Parfois comme ici des triangles.

Difficile d’en préciser l’espèce. Quoiqu’il en soit, cet individu ne déroge pas aux caractères dominants du genre. Petite taille (6-8 mm), naissance des ailes jaune, yeux rouge bordeaux, stabilisateurs blanchâtres bien visibles, pattes noires, longues et solides antennes… Par contre, membre de la grande famille des mouches tachinaires, il s’en distingue par l’absence de fortes soies noires tant sur l’abdomen que le thorax.

Reste le plus important : comme les autres tachinaires, les gymnosomes sont de précieux auxiliaires du jardin. Les femelles pondent en effet leurs oeufs un à un en ciblant les punaises. Notamment les Punaises vertes. Les larves y pénètrent et s’y développent aux dépends de leurs fluides internes. Elles y passent l’hiver pour en émerger au printemps et s’enterrer aussitôt en vue de leur pupaison.

Gymnosome sur Bident feuillé.

Pas d’alignement de triangles mais des petites taches circulaires pour ce Gymnosome qui évoque d’autant mieux la coccinelle. Ici sur les petites fleurs blanches de la Lycope d’Europe.

En savoir plus : 

Photos JF Irastorza

 

Un décor minimaliste

Discoellius zonalis sur Renouée poivre d'eau.

Des ailes fumées et un corps presqu’entièrement noir : le Discoellius zonalis, une guêpe solitaire ornée de trois bandes jaune vif. Très discrètement.

Discoellius zonalis sur Renouée poivre d'eau.

Taille maxi : 15 mm. Visible de mai à septembre.

Parmi les guêpes maçonnes du jardin, on se souvient du petit Eumène pomiforme et de son cousin au format XXL, l’impressionnant Eumène unguiculé. Dans une taille intermédiaire, voici le sobre Discoellius zonalis, un euménide plutôt rare. Ici sur la Renouée poivre d’eau.

Comme souvent dans la famille, l’abdomen, d’abord filiforme, présente un premier bourrelet, avant de s’épanouir en un élégant fuseau. Loin d’être massive, la silhouette allongée est alors plutôt harmonieuse : tête, thorax et abdomen s’équivalent ainsi dans leur plus grande largeur.

Discrètement velu et ponctué, surtout sur la tête et le thorax, le corps est à dominante noire. Il s’en faut de peu d’ailleurs qu’il le soit entièrement ! Trois bandes jaune vif font chichement exception. La première souligne l’étranglement abdominal. La plus large – légèrement échancrée – marque le renflement du fuseau. Enfin, immédiatement derrière, la troisième est réduite à une simple ligne. À peine visible. Un décor décidément minimaliste.

Source : 

Discoellius zonalis sur Renouée poivre d'eau.

Pas de confusion possible avec le grand Eumène unguiculé qui se distingue aisément par ses taches rouge-orangé et sa pointe abdominale largement marquée de jaune.

En savoir plus : 

  • Heiko Bellmann, 2019, Abeilles, bourdons, guêpes et fourmis d’Europe, Delachaux et Niestlé.
  • Les Guêpes avec le site aramel.free.fr

Photos JF Irastorza