L’Éristale gluant

Eristale gluant (Eristalis tenax)

Un gros syrphe aux allures de plantureuse abeille : l’Éristale gluant butine paisiblement toute l’année ou presque au jardin.

Eristale gluant (Eristalis tenax)

Taille maxi : 16 mm. Visible de mars à décembre.

Un nom vernaculaire peu flatteur. L’Éristale gluant (Eristalis tenax) est même parfois appelé la Mouche pourceau ! Allusion non pas à la physionomie, au comportement ou au régime alimentaire de l’adulte mais plutôt à ceux de ses larves. Les fameux « vers à queue de rat » qui s’épanouissent dans les eaux fangeuses, saturées en matières organiques, voire les « fosses d’aisance » comme on disait jadis!

Cela dit, ce trait peu ragoutant n’est pas propre à l’espèce. C’est le lot de la plupart des gros syrphes du genre Éristale qui, à leur manière, participent ainsi à l’épuration des eaux stagnantes. 

En plusieurs générations successives, les adultes butinent toute l’année ou presque, dès février-mars, jusqu’au bout de l’automne. On les repère assez facilement à leur face proéminente blanchâtre et leurs gros yeux bruns barrés d’une ligne de poils clairs en partie basse. Avec un abdomen noir rehaussé de deux marques triangulaires jaune orangé, l’allure générale évoque une plantureuse abeille. Mais c’est bien une mouche qui, dérangée, revient souvent butiner au même endroit. D’où son autre nom, l’Éristale tenace.

Eristale gluant (Eristalis tenax)

Aucun risque de piqûre : dépourvus d’aiguillon, les Éristales se laissent volontiers approcher.

Un très proche cousin

L’Éristale opiniâtre (E. pertinax) se distingue par une face plutôt sombre et des tarses avant et médians jaune orangé (brun foncé chez l’Éristale gluant).

En savoir plus :

  • Mouches et moustiques d’Europe, Denis Richard et Pierre-Olivier Maquart, 2024, Delachaux & Niestlé.
  • Guide photo des insectes, Heiko Bellmann, 2019, Delachaux & Niestlé.
  • Le Guide nature au jardin, collectif, 2017, Salamandre.
  • Guide la la vie sauvage du jardin, Michael Chiney, 2002, Delachaux & Niestlé.
  • Eristales tenace et opiniâtre sur le site quelestcetanimal.com
  • La famille Éristale sur le site aramel.free.fr
  • Les « larves à queue de rat » avec le site insectes-net.fr

Photos JF Irastorza 

 

La Mouche coccinelle

Mouche coccinelle sur Aster lancéolé.

Abdomen orangé rebondi et taches noires variables : points, triangles ou losanges. La Mouche coccinelle participe à la régulation de la punaise verte.

Taille maxi : 8 mm. Visible de juin à septembre.

Les cousines du genre Gymnosome (Gymnosoma sp.) se ressemblent tant que, par facilité, elles partagent le même sobriquet générique de « Mouche coccinelle ». Même petite taille (6-8 mm), même abdomen orangé et rebondi, même tache jaune à la naissance des ailes…

Et si le distinguo le plus évident concernait la forme des marques noires abdominales ? Des marques tantôt rondes, triangulaires ou losangées, jointives ou espacées, massives ou effilées. Toujours dans un alignement longitudinal. Parfois comme ici avec un petit écho latéral à l’arrière.

Las ! Ce serait trop simple ! Une même espèce peut en effet présenter des formes différentes. Surtout chez les mâles. Bref, la détermination précise, entre G. nudifrons, G. rotundatum, G. nitens ou G. clavatum notamment, est affaire de spécialistes. 

Pour la jardinier, il suffit de se rappeler combien la « Mouche coccinelle », quelle qu’elle soit, est un précieux auxiliaire. Elle participe ainsi à la régulation des populations de punaises vertes. Un oeuf sur le dos de chaque cible : dès l’éclosion, la larve perce la cuticule et commence son développement aux dépens de son hôte involontaire. À la fois garde manger et abri pour passer l’hiver.

Mouche coccinelle sur Aster lancéolé.

En septembre 2020 sur un capitule de Bident feuillé. Un abdomen tout aussi rond mais, au lieu d’une ligne de taches rondes, de larges marques triangulaires jointives. Pas de pruine dorée sur le thorax. Une femelle sans doute. Quand à l’espèce, on ne peut jurer de rien. Gymnosoma sp. donc !

En savoir plus : 

 

L’Éristale des arbustes

Eristale des arbustes, femelle, sur Aster lancéolé.

Familier des zones humides, l’Éristale des arbustes est un actif et éclectique pollinisateur. En toutes saisons.

Éristale des arbustes, femelle, sur aster lancéolé.

Taille maxi : 11 mm. Visible de mars à octobre.

Dans la grande famille des syrphes, l’Éristale des arbustes (Eristalis arbusturum) est omniprésent au jardin. De la généreuse floraison printanière des arbres fruitiers au foisonnant massif automnal d’asters. En passant par les bouquets d’étamines des ronces et, dans la prairie voisine, l’enivrante menthe aquatique.

D’envergure assez modeste (à peine plus d’un centimètre), la silhouette évoque l’abeille avec un abdomen noir rayé de blanc crème… Des taches triangulaires jaune orangé envahissent les premiers segments. Par contraste, le fond noir y dessine la silhouette d’un sablier. Surtout chez le mâle. Le décor jaune peut en effet être très estompé, voir inexistant chez la femelle.

Ses larves présentent le « tuba » emblématique des éristales. Ainsi équipées, elles peuvent évoluer dans les eaux fangeuses dont elles filtrent les matières organiques. Peu ragoutant sans doute mais les « vers à queue de rat » participent à l’épuration des eaux stagnantes.

Au fil des saisons

Éristale des arbustes, mâle, sur aster lancéolé.

Fin d’hiver. Mâle au « sablier » bien net. Sur paquettera.

Printemps. Mâle aux yeux joints et au décor abdominal jaune très présent. Ailes hyalines  dont la nervure médiane présente un « V » élargi caractéristique des Éristales.

Été. Femelle aux yeux disjoints et au décor abdominal jaune minimaliste, sur les fleurs jaunes de la moutarde blanche. À noter, caractéristique de l’espèce, le premier article du tarse arrière aussi large que le tibia.

Automne. Les taches jaunes peuvent être très estompées, sinon absentes à l’avant de l’abdomen chez certaines femelles.

À ne pas confondre avec…

Un cousin : l’Éristale horticole (Eristalis lineata) dont le thorax noir n’est pas marbré et les ailes par ailleurs hyalines sont traversées d’une ligne sinueuse rousse. Les marques jaunes sont moins envahissantes même ici chez le mâle (yeux jointifs).

En savoir plus :

  • Mouches et moustiques d’Europe, 2024, Denis Richard et Pierre-Olivier Maquart, Delachaux & Niestlé.
  • Insectes du jardin, 2026, JF Irastorza, La Geste éditions.
  • L’Éristale des arbustes avec le site quelestcetanimal.com

Photos JF Irastorza