L’Oedipode turquoise

L'Oedipode turquoise dans sa version fauve / un jardin dans le Marais poitevin.

L’Oedipode turquoise ne vole jamais très loin. Juste assez pour que le brusqu’éclat de ses ailes surprenne l’importun. Mais où est-il passé ?

L'Oedipode turquoise dans la version gris-bleu / Un jardin dans le Marais poitevin.

Taille maxi : 28 mm. Visible de juillet à octobre.

On est plus habitué à le voir – ou plutôt l’apercevoir – dans sa version gris-bleu. L’Oedipode turquoise ((Oedipoda caerulescens), champion du camouflage, arbore ici une tenue un peu plus vive. Fauve. Presqu’orangée. L’homochromie fonctionne malgré tout très bien lorsqu’il reste tapi sur le paillis de feuilles mortes du potager. 

Oedipode turquoise, version fauve / Un jardin dans le Marais poitevin.Évidemment, la magie se dissipe dès qu’il s’aventure sur le trèfle encore à peu près vert des allées. Cela dit, le criquet a plus d’un tour dans son sac. Si vous l’approchez d’un peu trop près, il vous fera le coup de l’éclair bleu ! Une brusque envolée dévoilant ses ailes turquoises. Vous essayez de le suivre des yeux ? Peine perdue. Il s’est déjà reposé. Fondu parmi les mottes de terre ou les feuilles mortes.

Grise ou fauve, quelle que soit la tonalité de l’Oedipode turquoise, la configuration des contrastes du camouflage reste la même. Y compris la tache sombre qui marque le décrochement caractéristique du tibia arrière.

Encore un peu de patience ! La sécheresse aidant, hélas, les allées du jardin grillent chaque jour davantage. Bientôt, le discret criquet pourra ainsi y grignoter les graminées, même en plein jour, sans crainte d’être repéré.

L'Oedipode turquoise dans sa version fauve / Un jardin dans le Marais poitevin.

Sur fond de feuilles mortes, parfaite tenue de camouflage pour l’Oedipode turquoise dans sa version fauve-orangé.

En savoir plus :

  • Sauterelles, grillons et criquets d’Europe occidentale, Bellmann, Rutschmall, Roesti et Hochkirch, 2020, Delachaux & Niestlé.
  • Guide photos des insectes, Heiko Bellmann, 2019, Delachaux & Niestlé.
  • Guide la vie sauvage au jardin, Michael Chiney, 1997, Delachaux & Niestlé.
  • Le guide nature au jardin, collectif, 2017, Salamandre.
  • L’Oedipode turquoise avec le site quelestcetanimal.com

Photos JF Irastorza

 

L’Escallonia par effraction

Bouton d'Escallonia perforé par un bourdon / Un jardin dans le Marais poitevin.

Quand la tentation est trop forte, qu’importe si la fleur de l’Escallonia n’est pas encore ouverte. Le bourdon force le passage vers le nectar !

Bouton d'Escallonia perforé par un bourdon / Un jardin dans le Marais poitevin.Les petites trompettes roses de l’Escallonia semblent taillées sur mesure pour la longue langue des bourdons. Ils ne s’en privent pas. Elles n’ont qu’un seul défaut pour ces impatients : les grappes florales de l’arbuste échelonnent leur épanouissement. Une fleur après l’autre.

Tant mieux à dire vrai car le spectacle s’éternise d’autant. Les boutons blancs puis roses s’allongent lentement, avant d’ouvrir et de recourber les lobes de leur corolle. Un superbe contraste avec le vert intense du feuillage finement denté de l’Escallonia. Mais que de frustration pour le bourdon de passage !

N’y tenant plus, et sachant d’expérience sans doute que les boutons les plus avancés produisent déjà du nectar, il n’hésite pas à y pénétrer par effraction. En quelques coups précis de mandibules, il a tôt fait de perforer le tube et d’y plonger sa trompe. Avec gourmandise.

Cela dit, il se lasse vite. Trompettes pour trompettes, le voilà parti vers le Penstémon, le Volubilis et les courgettes qui ont le bon goût de ne pas trop abuser du supplice de Tantale.

En savoir plus sur l’Escallonia avec le site plandejardin-jardinbiologique.com

Bourdon sur une fleur d'Escallonia / Un jardin dans le Marais poitevin.

 

Le Lepture porte-coeur

Lepture porte-coeur sur bouton de marguerite / Un jardin dans le Marais poitevin.

Les entomologistes ont parfois un côté fleur bleue. Ils auraient pu opter pour Cupidon tant la flèche noire saute au yeux. Mais va pour Lepture porte-coeur !

Taille maxi : 20 mm. Visible de juin à août.

Il a bien la silhouette d’un Lepture ! Élégant, haut sur pattes, le corps effilé, les longues antennes annelées… Ses élytres sont rouge et noir. Un rouge sang bien soutenu. Et une tache noire dont le dessin lui vaut le nom de Lepture porte-coeur (Strictoleptura cordigera).

La pointe dudit coeur est épaisse. Elle se prolonge jusqu’à l’extrémité des élytres. Également noire. Une livrée très graphique qui ne passe pas inaperçue sur les grandes marguerites blanches du jardin.

Comme la plupart des membres de la famille, c’est un inoffensif amateur de pollen. Coutumier des grandes ombellifères du halage et des prairies alentour, il est également à son affaire au potager. Il y broute paisiblement de marguerites en cosmos, de soucis en zinnias. Quant à ses larves, les branches mortes des haies et des fourrés leur vont très bien. Elles se développent en effet exclusivement sur les fibres de bois en décomposition.

Lecture porte-coeur sur fleur de marguerite / Un jardin dans le Marais poitevin.

En savoir plus : 

  • Coléoptères d’Europe, 2017, Vincent Albouy et Denis Richard, Delachaux & Niestlé.
  • Guide photo des insectes, 2019, Heiko Bellmann, Delachaux & Niestlé.
  • Insectes du jardin, 2026, JF Irastorza, La Geste éditions.
  • Le Lepture porte-coeur avec le site quelestcetanimal.com

Photos JF Irastorza