Pas de stress pour la Brunelle !

Bourdon sur fleur de Brunelle commune / Un jardin dans le Marais poitevin.

Quand les parties enherbées du jardin suffoquent, la Brunelle commune résiste encore et toujours. Pour le plus grand plaisir des butineurs.

C’est peu dire que le Petit trèfle jaune souffre de la canicule dans les allées du jardin. Recroquevillé, en position de survie, c’est à peine s’il sort de sa léthargie pour profiter de la rosée ou des brumes matinales. La Brunelle commune (Prunella vulgaris) est nettement moins stressée. Son feuillage garde donc son joli vert bien franc et ses épis floraux serrés leur délicate vigueur.

Avec le Trèfle blanc notamment, elle assure ainsi la continuité du service mellifère des fleurs sauvages au potager. Malgré la fournaise. Et une terre qui commence sérieusement à crevasser ici et là . Entre deux virées sur les planches des légumes, abeilles et bourdons ne manquent jamais de visiter ces petites fleurs bleu violacé.

Une lèvre trilobée pour accueillir les insectes, un casque légèrement échancré juste au dessus pour protéger l’entrée du tube nectarifère. On ne peut guère faire plus simple. Pas besoin de sophistication quand on produit un nectar si sucré !

Les butineurs ne sont pas seuls à apprécier la Brunelle commune. Alors que les parties enherbées du jardin grillent chaque jour un peu plus en ce début juillet, cette persistance verte et bleue est réjouissante. N’empêche. Il va être temps qu’il pleuve ! Et plutôt deux fois qu’une.

En savoir plus sur la Brunelle commune avec le site apiculture.net

Bourdon sur fleur de Brunelle commune / Un jardin dans le Marais poitevin.

 

La Tachinaire corpulente

Tachinaire corpulente (Tachina grossa) sur fleur de marguerite / Un jardin dans le Marais poitevin.

Aussi trapue que tranquille butineuse. La Tachinaire corpulente, assurément la mouche la plus impressionnante du jardin !

Tachinaire corpulente (Tachina grossa) sur fleur de marguerite / Un jardin dans le Marais poitevin.

Taille maxi : 18 mm. Visible de février-mars à septembre.

Une allure de bourdon. Surtout en vol. Mais le corps est entièrement noir. Luisant. Hérissé de soies épaisses. C’est une mouche. La plus trapue qui soit. La Tachinaire corpulente (Tachina grossa), la bien nommée. Tranchant sur la dominante sombre, la face est jaune orangé. Comme les nervures des ailes et l’extrémité des pattes.

Elle frise les deux centimètres. Cela dit, malgré ses airs de bulldozer, c’est une tranquille butineuse. Pas de piqure ni de morsure à craindre. Une mouche impressionnante certes mais parfaitement inoffensive. On ne dira pas la même chose de ses larves ! Parasites, carnassières et voraces, elles se développent sur les chenilles. Ou plutôt dedans. Mais pas n’importe lesquelles. Madame Tachina choisit soigneusement les plus charnues pour y pondre ses oeufs. Comme celles du Bombyx du chêne. C’est qu’il en faut de l’énergie pour mériter un jour le qualificatif de « grossa » !

Tachinaire corpulente (Tachina grossa) sur fleur de marguerite / Un jardin dans le Marais poitevin.

On l’a longtemps appelée l’Échinomyie corpulente (Echinomya grossa) mais il est vraie que sa nouvelle appellation a l’avantage de souligner sans ambiguïté son appartenance à la grande famille des tachinaires, des mouches hérissées de longues soies noires, parasites surtout des chenilles et, par là, précieuses auxiliaires au jardin.

Très active tout l’été, ici sur une inflorescence de Menthe des champs.

Sur un capitule de Pulicaire.

Gros plan sur la face…

D’autant plus corpulente au regard des petites têtes du Cirse des champs.

À l’appel de l’Eupatoire chanvrine, une précieuse source de nectar en cette fin d’été caniculaire.

La chenille du Bombyx du chêne, cible privilégiée de la Tachinaire corpulente.

En savoir plus :

  • Mouches et moustiques d’Europe, Denis Richard et Pierre-Olivier Maquart, 2024, Delachaux & Niestlé.
  • Guide photo des insectes, Heiko Bellmann, 2019, Delachaux & Niestlé.
  • Le Guide nature au jardin, collectif, 2017, Salamandre.
  • Guide la la vie sauvage du jardin, Michael Chiney, 2002, Delachaux & Niestlé.
  • L’Echinomye corpulente avec le site quelestcetanimal.com

Photos JF Irastorza 

 

La Luzerne lupuline

Abeille sur inflorescence du Petit trèfle jaune / Un jardin dans le Marais poitevin.

Le jardin n’est pas un green de golf ! Les plantes sauvages y ont droit de cité. Notamment la très mellifère Luzerne lupuline.

Abeille sur inflorescence du Petit trèfle jaune / Un jardin dans le Marais poitevin.Évidemment, les amateurs de gazon anglais ne l’apprécient guère. Mais Luzerne lupuline (Medicago lupulina), alias la minette, offre un excellent couvert, toujours vert et moelleux, aux allées et autres parties « enherbées » du jardin. Il s’y mêle au Trèfle violet, au Trèfle blanc et à la potentille. Sans oublier la brunelle, le Pissenlit et et les pâquerettes. Parmi bien d’autres.

Certes, la minette est vite envahissante. Mais facile à arracher si elle quitte les allées. Elle a surtout l’intérêt d’être très mellifère et de varier le menu des butineurs du potager. L’attrait de ses petites inflorescences jaunes profite ainsi aux tomates et aux haricots !

Bien-sûr, il ne faut pas être maniaque de la tondeuse. Ni trop ras, ni trop souvent. L’idéal est de diviser le jardin en plusieurs « zones » et de les tondre par rotation. De sorte qu’il y en ait toujours une ou deux où les plantes sauvages ont le temps de fleurir.

Abeille sur inflorescence du Petit trèfle jaune / Un jardin dans le Marais poitevin.

Bombyle noir sur inflorescence de Petit trèfle jaune / Un jardin dans le Marais poitevin.

La discrète visite du Bombyle noir.

Madame Azuré commun. Une dominante brune parsemée de suffusions bleutées.

La Mélitte de la luzerne ne s’y trompe pas !

Avec l’Azuré de la faucille, un visiteur plutôt rare au jardin.

Comme son nom le suggère, l’Azuré commun est plus familier.

En savoir plus : 

  • Guide des fleurs sauvages, Richard Fitter, Alaster Fitter et Marjorie Blamey, 2009, Delachaux & Niestlé
  • Fleurs sauvages, guide nature, collectif, 2022, La Salamandre.
  • Avec le site sauvagesdupoitou.com
  • La Luzerne lupuline avec le site flore-en-ligne.fr

Photos JF Irastorza