Le Chrysotoxe festif

Le Chrysotoxe festif.

Avec ses solides antennes vissées droit devant sur une face jaune, le Chrysotoxe festif ne départ pas des standards du genre.

Chrysotoxe festif

Quoi de plus facilement accessible que le nectar et le pollen du Gaura ? Les syrphes en tous genres ne s’en privent pas actuellement. Notamment le Chrysotoxe festif (Chrysotoxum festivum) dont on a pu croiser ici deux cousins plus communs voilà peu. C. prudent et C. intermédiaire.

Malgré son nom, celui-ci n’a pas dû être à la fête dernièrement. Le flanc gauche avant porte en effet les stigmates de l’agression d’un parasite ou d’un prédateur. La plaque dorsale a pu tant bien que mal se ressouder mais la première lunule jaune reste explosée façon puzzle.

L’espèce se reconnaît notamment à ces paires de bandes jaunes, plutôt étroites, incurvées vers l’arrière. À noter enfin des pattes jaune orangé et des ailes fumées, rouille orangé, marquées d’une tache sombre presque carrée.

Fidèle aux traditions familiales, ou plutôt du genre, le régime du Chrysotoxe festif est floricole quand ses larves ont besoin de protéines. Les femelles pondent dès lors au collet des plantes potagères là où ces satanées fourmis élèvent des pucerons racinaires.

Chrysotoxe festif.

En savoir plus : 

Photos JF Irastorza

 

Le Charançon influent

Charançon influent, femelle.

Un fin rostre coudé, de longues pattes avant chez le mâle : le Charançon influent installe sa progéniture dans les bourgeons de peuplier.

Charançon influent, mâle.

Taille maxi : 8 mm. Visible de mars à novembre. Mâle aux longues pattes avant.

En bon charançon, le petit Dorytome à longues pattes (Dorytomus longimanus) arbore un solide rostre à l’avant de la tête. En l’occurrence très long et courbe. Mais ce sont plutôt ses fémurs et tarses avant qui ont inspiré son nom. Impressionnants il est vrai. Surtout chez le mâle. D’où le clin d’oeil de cet autre sobriquet : le Charançon influent. On ne saurait mieux dire qu’il a… le bras long !

Revenons au rostre. Sa bouche en vérité. L’outil semble bien adapté au glanage estival de nectar et de pollen. Ici sur une inflorescence d’Oenanthe Lachenal. Au printemps, la femelle en fait un tout autre usage : perforer les bourgeons des peupliers. C’est là en effet qu’elle installe sa progéniture. 

Silhouette fuselée, dominante brun clair, élytres fortement striés et maculés de beige, yeux sombres proéminents… Notre charançon se distingue encore par ses antennes coudées. Implantées au milieu du « nez », à la manière de binocles, elles lui donnent un air étrangement sérieux. Vous avez-dit influent ?

Charançon influent, femelle.

En savoir plus : 

  • Coléoptères d’Europe, 2017, Vincent Albouy et Denis Richard, Delachaux & Niestlé.
  • Guide photo des insectes, 2019, Heiko Bellmann, Delachaux & Niestlé.
  • Insectes du jardin, 2026, JF Irastorza, La Geste éditions.
  • Le Charançon influent avec la galerie du site insecte-org
  • La famille des charançons avec le site aramel.free.fr

Photos JF Irastorza

 

La Noctuelle de la cardère

Noctuelle de la cardère

Un camaïeu de beige rehaussé de noir : comme son nom le suggère, le potager n’a rien à craindre de la Noctuelle de la cardère.

Noctuelle de la cardère

Envergure moyenne : 35 mm. Visible entre mai et août.

Elle volète vivement parmi la végétation basse du jardin. Avec une préférence pour le trèfle des allées. Plutôt nocturne, la Noctuelle de la cardère (Heliothis viriplaca) n’en est pas moins à l’aise sous le soleil. En prenant le temps de visiter un à un les petits fleurons rosés.

Une dominante beigeâtre rend sa silhouette trapue difficile à distinguer, au sol comme en vol. Surtout dans l’herbe hélas déjà pailleuse. Heureusement, le trèfle résiste bien à la sécheresse et facilite ici l’observation.

De gros yeux verts pointés de sombre. Une fourrure thoracique et abdominale fauve clair. Les ailes enfin retiennent (un peu) l’attention en jouant sur des contrastes plus ou moins estompés. Avec notamment une large bande médiane brune aux antérieures et une marginale noire aux postérieures. On en retrouve des échos en gris et noir au revers.

Trèfles, crépis, silènes, centaurées… Les plantes hôtes de sa progéniture sont de taille modeste au regard de la cardère – alias le cabaret des oiseaux – retenue pour son appellation traditionnelle. Il est vrai que les seules feuilles basales de la sauvageonne géante ont de quoi rassasier les chenilles les plus gloutonnes.

Noctuelle de la Cardère

La Cardère sauvage frise les deux mètres en été. Sur sa solide hampe épineuse, les feuilles opposées et soudées forment de larges « coupes » où s’accumule l’eau de pluie : le cabaret des oiseaux.

En savoir plus :

  • Hétérocères diurnes, 2020, Rainer Ulrich, Delachaux & Niestlé.
  • Guide photo des insectes, 2019, Heiko Bellmann, Delachaux & Niestlé.
  • Insectes du jardin, 2026, JF Irastorza, La Geste éditions.
  • La Noctuelle de la cardère avec la galerie du site insecte.org

Photos JF Irastorza