La parade nuptiale de l’Éristale

Parade nuptiale de l'Éristale interrompu.

En vol stationnaire. De fleur en fleur ! Quand Messieurs Éristale interrompu poursuivent Madame de leurs assiduités…

Éristale interrompu, femelle.

Taille maxi : 10 mm. Visible de mars à octobre.  Ici yeux disjoints et marques triangulaires jaunes estompées pour la femelle.

Pas toujours facile de distinguer les syrphes entre eux. Notamment l’Éristale des arbustes (Eristalis arbustorum) et l’Éristale interrompu (Eristalis interrupta). L’un et l’autre sont de taille moyenne (environ 1 cm) et leur silhouette peut aisément se confondre.

Éristale interrompu, mâle.

Yeux joints et marques triangulaires jaunes plus présentes pour le mâle.

Thorax doré, ailes hyalines, abdomen noir rayé de blanc avec les fameuses marques triangulaires jaunes, plutôt discrètes chez la femelle, plus présentes chez le mâle. Alors comment les distinguer ?

Le plus sûr moyen est d’être là au bon moment ! Monsieur Éristale interrompu se livre en effet à une parade nuptiale à nulle autre pareille chez les Éristales. Une application originale pour la virtuosité des syrphes en matière de vol stationnaire !

Ainsi, lorsqu’un mâle rencontre une éventuelle partenaire, il lui colle aux basques, de fleur en fleur, quelques centimètres au dessus d’elle. Plusieurs mâles peuvent même voler à l’aplomb d’une seule femelle. Deux, trois quatre… Difficile de savoir comment elle fait son choix. Mais, s’ils finissent par se chamailler, elle les plante là, tout penauds, et disparaît comme elle est venue. Relous !

Parade nuptiale de l'Éristale interrompu.

Y-a-t-il une règle du jeu, un ordre de préséance entre les mâles volant au dessus de celle qui continue à butiner comme si de rien n’était ? Ils s’étagent sans difficulté à l’aplomb de celle-ci tant qu’ils restent deux voire trois. Mais, au-delà, vient vite la foire d’empoigne et… la fuite de la belle. Quand c’est trop, c’est trop.

Parade nuptiale dans une station de menthe sauvage.

Toute à son butinage de la Reine des prés, Madame semble indifférente aux assiduités de Monsieur.

En savoir plus :

  • Mouches et moustiques d’Europe, 2024, Denis Richard et Pierre-Olivier Maquart, Delachaux & Niestlé.
  • Insectes du jardin, 2026, JF Irastorza, La Geste éditions.
  • L’Éristale interrompu avec le site quelestcetanimal.com

Photos JF Irastorza 

 

Le Sitaris des murailles

Sitaris des murailles.

Le parasitisme est parfois toute une aventure. Témoin la vie rocambolesque du Sitaris des murailles. Surtout de ses larves !

Sitaris des murailles

Taille maxi : 13 mm. Visible en août-septembre.

Fin août, début septembre, Madame Sitaris des murailles (Sitaris muralis) s’apprête à pondre. Dès qu’elle aura trouvé un nid à parasiter. Celui d’une abeille sauvage, une anthophore, dans la terre d’un talus ou entre les pierres d’une vieille bâtisse.

La cible privilégiée du Sitaris : l’Anthophore plumeuse nidifie au flanc d’un talus ou dans les joints terreux d’un vieux mur. Ici une femelle collecte du pollen sur ses pattes arrière. Pour ses larves ou celles d’un Sitaris ?

Le nid d’une anthophore ? Mais les réserves y sont épuisées en cette saison ! Les futures abeilles terminent en effet leur maturation et n’émergeront qu’à la fin de l’hiver prochain. Qu’importe ! Les larves du Sitaris sont programmées pour attendre. Avant une étonnante aventure printanière…

Madame déposera donc ses milliers d’oeufs dans le vestibule. Sitôt écloses, les minuscules larves entreront en léthargie pour se réveiller en février-mars à l’émergence des anthophores. Il leur faudra alors s’accrocher à la fourrure des premiers sortis. Les mâles. Puis à passer quelques jours plus tard sur le dos d’une femelle à l’occasion d’un accouplement.

Bingo ! Le « taxi » étant fécondé, il n’aura de cesse que de fonder un couvain. Et de l’alimenter. Il y conduira bien involontairement ses « passagères ». Et là, pour les larves affamées, qui n’ont encore rien manger depuis leur naissance quelques mois plus tôt, il n’y aura qu’à se servir. D’abord dévorer les oeufs. Ensuite se gaver de miel. Jusqu’à la naissance, quelques métamorphoses plus tard, de nouveaux petits coléoptères noirs aux épaulettes orangées…

Sitaris des murailles

Les élytres noirs, à la base orangée, effilés, dévoilent largement des ailes noires et fripées.

Anthophore plumeuse, mâle, longues soies plumeuses sur les pattes médianes / Un jardin dans le Marais poitevin.

Les Anthophores à pattes plumeuses mâles (les longues soies des pattes médianes sont ici bien visibles) ne sont qu’un « véhicule » transitoire vers les femelles qui, une fois fécondées, vont à coup sûr aménager et alimenter un nid. Il n’y a dès lors qu’à s’y laisser conduire !

En savoir plus :

  • Coléoptères d’Europe, 2017, Vincent Albouy et Denis Richard, Delachaux & Niestlé.
  • Guide photo des insectes, 2019, Heiko Bellmann, Delachaux & Niestlé.
  • Insectes du jardin, 2026, JF Irastorza, La Geste éditions.
  • La « saga du Sitaris », une très belle page du site insectes-net.fr

 Photos JF Irastorza 

 

La Noctuelle « C-noir »

Le C-noir sur une feuille de capucine.

Dans la famille Noctuelle, voici le C-noir. Ses chenilles ne s’attaquent pas aux racines mais au feuillage. Sans préférence particulière.

C-noir sur feuille de capucine.

Envergure maxi : 42 mm. Visible de mai à octobre.

Encore une noctuelle ! Une des plus communes en vérité. Le C-noir (Xestia c-nugrum) est d’autant mieux répandu que ses chenilles grassouillettes ne sont pas difficiles…

Les « vers gris tachetés » comme disent les Québécois se développent en effet autant sur les salades et les céleris que sur les orties, les rumex et le séneçon. Parmi bien d’autres légumes ou plantes sauvages dont ils grignotent le feuillage. Essentiellement la nuit.

Hésitant entre brun gris et brun pourpre, la livrée de ce petit papillon le rend quasi invisible dans la végétation basse et les feuille mortes où il se cache en journée. Mais, surtout nocturne, il volète parfois encore au petit matin et s’attarde ici sur une feuille de capucine.

Comme souvent chez les noctuelles, malgré une dominante un peu passe-partout, un signe distinctif facilite son identification. En l’occurrence une marque noire rectangulaire évidée d’une tâche triangulaire beige,  évoquant peu ou prou un grand C d’imprimerie noir. D’où son nom. 

C-noir cherchant refuge dans la végétation basse du jardin.

Outre le fameux « C » noir, deux autres signes distinctifs : un bandeau beige à l’avant du thorax et un tiret noir en biais presque à l’apex des ailes antérieures.

En savoir plus :

  • Hétérocères diurnes, 2020, Rainer Ulrich, Delachaux & Niestlé.
  • Guide photo des insectes, 2019, Heiko Bellmann, Delachaux & Niestlé.
  • Insectes du jardin, 2026, JF Irastorza, La Geste éditions.
  • Le C-noir avec le site quelestcetanimal.com

Photos JF Irastorza