L’Écaille martre

Écaille martre / Un jardin dans le Marais poitevin.

Sous la canicule, l’Écaille martre s’est réfugiée dans la relative fraicheur d’une haie. Immobile. En attendant la nuit.

Écaille martre / Un jardin dans le Marais poitevin.Elle s’est posée au petit matin du bon côté de la haie. Celui qui, tout le jour, lui évitera les ardeurs du soleil caniculaire. Comme la plupart des papillons dits de nuit, l’Écaille martre (Arctia caja) a replié ses ailes en un « triangle de camouflage ». Le sien est chocolat, parcouru de larges veines blanc crème.

Dérangée, elle ouvre brusquement les ailes, découvrant le rouge vif orangé de ses postérieures, parsemé d’ocelles noirs aux reflets bleutés. Un réflexe censé surprendre et décourager l’intrus.

Finalement, elle se réfugie dans un parfait immobilisme. Sa meilleure défense sans doute dans le secret contrejour de la haie. La tête rétractée dans une abondante fourrure brune, c’est à peine si l’on en distingue le collier rouge.

On l’appelle parfois l’écaille hérisson. Une allusion aux épis de longues soies de sa chenille. Celle-ci apprécie notamment les feuilles du Saule marsault, de l’ortie et de la Reine des prés. Elle n’a que l’embarras du choix dans le marais.

Chenille de l'Écaille martre / Un jardin dans le Marais poitevin.

La cousine chinée

Écaille chinée sur Eupatoire chavirée.

Si l’Écaille martre est strictement nocturne, sa cousine l’Écaille chinée  vole également le jour, surtout dans les senteurs estivale de l’Eupatoire à feuille de chanvre.

En savoir plus :

Photos JF Irastorza 

 

La Sylvaine

Sylvaine sur verveine de Buenos Aires.

La Sylvaine sait prendre son temps lorsqu’elle butine. Mais, au moindre dérangement, elle se volatilise avec une incroyable vivacité.

Sylvaine sur lavande.

Envergure maxi : 35 mm. Visible de juin à août.

Voilà un petit papillon taillé pour les démarrages en trombe ! Avec de petites ailes nerveuses, ramassées sur un corps trapu, pour ne pas dire courtaud… N’essayez pas de le suivre des yeux, il est bien trop vif et rapide pour vous… Rassurez-vous, si la source de nectar lui a plu, la Sylvaine (Ochlodes sylvanus) ne tardera pas à revenir.

Actuellement, elle apprécie tout particulièrement la Verveine de Buenos Aires, la Lavande officinale et les oeillets d’Inde. Elle ne dédaigne les fleurs sauvages : notamment la Brunelle commune des allées et les ronces en fleurs des haies. Au bord du halage, enfin, elle est familière des inflorescences de chardon et de cardère.

Outre de grands yeux sombres, la Sylvaine arbore de solides antennes en forme de massues. Elle se distingue encore par la couleur de ses ailes : fauve verdâtre dessous, lumineux orangé bordé et veiné de brun dessus. Des ailes disposées de façon originale au repos. Antérieures et postérieures sont ainsi ramenées vers l’arrière et forment entre elles un angle de 45°. Prête à partir au quart de tour ! 

Sylvaine sur Brunelle commune.

Galerie

Le mâle est territorial, souvent posté en hauteur, ici sur un capitule de Cirse commun, pour guetter les intrus.

Sylvaine sur un épi de cardère.

En savoir plus :

  • Guide pratique des papillons de jour, 2022, Moussus, Lorin et Cooper, Delachaux & Niestlé.
  • Insectes du jardin, 2026, JF Irastorza, La Geste éditions.
  • La Sylvaine avec le site quelestcetanimal.com

Photos JF Irastorza

 

L’Hespérie de l’alcée

Hespérie de l'alcée, alias la Grisette.

Loin d’être tape à l’oeil, les atours de l’Hespérie de l’alcée , alias la grisette, ne manquent cependant pas de charme…

Hespérie de l'alcée sur rudbeckia.

Envergure maxi : 30 mm. Visible de mai à octobre.

Le mot est tombé en désuétude. La grisette ! Il désignait jadis, avec un brin de condescendance, une jeune femme à la fois modeste et coquette. Aujourd’hui encore, c’est aussi, accessoirement, le nom populaire de l’Hespérie de l’alcée (Charcadodus alcène). Sans offense pour cet énergique petit papillon, infatigable butineur familier du jardin.

Il est vrai que, dans la famille Hespérie, on la joue habituellement plutôt humble, avec de ternes livrées toutes plus ou moins semblables. Piquetées de taches grises sur fond brun-noir. Comme l’Hespérie des potentilles par exemple. Dès lors, notre grisette se distingue sans peine entre toutes.

Oh, pas de fantaisie ostentatoire ! Mais, tout de même, une harmonieuse gamme colorée pour une mise marbrée dont les variations passent du brun au fauve, du gris à l’orangé, avec quelques nuances de vieux rose. Le tout comme souligné d’un galon de croquet brun mêlé de gris.

Pour autant, les fondamentaux de la famille sont bien là. Silhouette massive, gros yeux sombres, antennes aux extrémités crochetées, ailes bien étalées ou repliées à 45° au repos. Et un vol aussi vif qu’imprévisible. Impossible à suivre. La grisette n’en fait qu’à sa tête !

Hespérie de l'alcée sur Menthe aquatique.

Hespérie de l'alcée, alias la Grisette.

En savoir plus :

  • Guide pratique des papillons de jour, 2022, Moussus, Lorin et Cooper, Delachaux & Niestlé.
  • Insectes du jardin, 2026, JF Irastorza, La Geste éditions.
  • L’Hespérie de l’alcée avec le site quelestcetanimal.com

Photos JF Irastorza