Les primevères

Quand deux précoces se rencontrent…

Mi-février. Les primevères commencent tout juste  à épanouir leurs fleurs jaune pâle. Le Citron en profite.

Finalement, les primevères du jardin sont raisonnables. Elles se réveillent doucement, faisant fi de la bravade des Coucous, leurs cousins des bords de chemins. Il est vrai qu’au pied des haies et des peupliers, elles ne voient guère le soleil. 

D’un vert intense, leurs longues feuilles gaufrées semblent même vouloir jalousement retenir les premières petites fleurs auprès d’elles. Le pédoncule poilu en émerge à peine. Et voilà déjà le long calice vert tendre. Première fleur : le précoce Citron en profite.

La corolle crème à coeur jaune semble trahir une origine cultivée. L’emplacement du parterre initial s’est perdu. Quoiqu’il en soit, les belles se sont ensauvagées depuis longtemps, au point de coloniser l’ensemble du petit sous-bois autour de la mare.

Elles y composent chaque printemps un ravissant couvre sol piqueté de blanc et de jaune. Au moins jusqu’à la mi-mai. Trois mois ! Pas de précipitation donc. Quelques éclaireuses, d’accord, mais le gros de la troupe peut encore prendre son temps. S’il veut tenir la distance.

Mi-mars. Madame Andrène à pattes jaunes sur une corolle perlée de rosée.

En savoir plus : 

  • Guide des fleurs sauvages, Richard Fitter, Alaster Fitter et Marjorie Blamey, 2009, Delachaux & Niestlé
  • Fleurs sauvages, guide nature, collectif, 2022, La Salamandre.
  • Avec l’herbier numérique du site flore-en-ligne.fr
  • Avec le site sauvagesdupoitou.com

Photos JF Irastorza

 

Les fleurs aussi dans la salade !

Cressonnette, Cardamine hérissée, fleurs / Un jardin dans le Marais poitevin.

Les rosettes prennent du volume. Les premières hampes florales s’élancent ici et là. Pas de problème. Tout se mange dans la Cressonnette !

Cressonnette, Cardamine hérissée / Un jardin dans le Marais poitevin.Dès la fin de l’automne, on a vu avec bonheur les petites rosettes de la Cardamine hérissée, alias la Cressonnette, se multiplier sur les planches vacantes du potager. Leur saveur légèrement piquante a relevé les salades de l’hiver. Aux côtés de la Doucette, avec quelques feuilles de Mouron des oiseaux

Cressonnette, Cardamine hérissée, émergence des premières siliques / Un jardin dans le Marais poitevin.Elle amorce aujourd’hui sa floraison. Un peu partout au jardin, jusque dans les allées, ses minuscules grappes blanches se distinguent à peine dans l’herbe rase. Quatre étroits pétales dressés et autant d’étamines flirtant avec le stigmate central. La Cardamine hérissée est en effet prudente : à défaut de pollinisateurs en nombre suffisant en cette saison, elle est capable de s’autoféconder.

Et ça marche ! Les premiers longs siliques émergent déjà en périphérie des grappes. A maturité, ils vont exploser et mitrailler les alentours de leurs petites graines. En attendant, la cueillette peut évidemment se poursuivre. Les fleurs de la Cressonnette aussi sont comestibles !

Sources : 

Cressonnette, Cardamine hérissée, émergence des premières siliques / Un jardin dans le Marais poitevin.

Doucette sauvage / Une jardin dans le Marais poitevin.

Même avec les fleurs, la Cressonnette est trop rare au jardin pour constituer la base d’une salade. Mais c’est un excellent condiment, en mélange avec la mâche et la Doucette sauvage notamment.

 

La Ficaire, messagère du printemps

Robert le diable sur Ficaire fausse-renoncule.

Échanges de bons procédés au pied des haies entre les premiers butineurs de l’année et la ficaire, lointaine cousine du bouton d’or.

Syrphe des corolles sur Ficaire fausse-renoncule.

On la voit de loin ! L’éclat de ses premières fleurs tranche au sortir de l’hiver sur les coeurs vert foncé de son feuillage. Syrphes, papillons et abeilles sauvages… Au pied des haies, la Ficaire fausse-renoncule accueille les butineurs les plus précoces.

Certes, elle est productrice de bulbilles qui participent efficacement à sa diffusion, mais elle compte également sur les pollinisateurs : un échange de bons procédés puisqu’en cette saison ces derniers n’ont pas grand chose d’autre à se mettre sous la trompe !

Ses jolies feuilles en coeur forment de délicats coussins, piquetés de corolles jaune d’or. Le nombre de pétales varie d’une fleur l’autre. Celui des étamines aussi. Jusqu’à une quarantaine…  Nectar et pollen, pour le premier généreux open bar de l’année ! 

Déjà à pied d’oeuvre, Madame Syrphe porte-plume n’attend plus que les premières salves de pucerons pour pondre !

Andrène à pattes-jaunes sur Ficaire fausse-renoncule.

L’Andrène à pattes jaunes parmi les abeilles sauvages les plus précoces.

Le Paon du jour,  un des premiers papillons à butiner au sortir de l’hiver.

En savoir plus :

Photos JF Irastorza