La Pâquerette

Début mars. Le petit mâle de l’Andrène à pattes jaunes passe de pâquerette en pâquerette…

Elle n’est pas très exigeante. Mais il lui faut du soleil. Et surtout pas de pluie. Sinon, boudeuse, la Pâquerette referme ses pétales…

Pâquerette / Un jardin dans le Marais poitevin.La pâquerette appartient au club très sélect des « sauvageonnes » qui n’arrêtent jamais vraiment de fleurir. Revers de la médaille, elle est si familière, si fidèle, qu’on ne lui prête plus guère attention. Elle reprend vigueur actuellement après un demi-sommeil de quelques semaines.

Un peu partout dans les allées du jardin, ses souches s’élargissent et gonflent sous la poussée d’une multitude de petits boutons impatients. Les premières fleurs prennent un peu de hauteur. Coeur d’or, couronne d’étroits pétales blancs bordés de rose. 

Cette frange rosée se remarque davantage en fin d’après-midi lorsque la Pâquerette se referme lentement pour passer la nuit. La délicate se protège également ainsi le jour à l’approche d’un orage ou d’une averse. D’où sa réputation de baromètre du jardin.

A vrai dire, en ce milieu d’hiver aussi pluvieux que venteux, elle n’a guère l’occasion de s’épanouir longuement au soleil. Patience. Pâques, c’est dans un peu plus de deux mois !

Pâquerette / Un jardin dans le Marais poitevin.

Les premiers butineurs peuvent toujours compter sur la pâquerette ! Dès début mars avec l’Halicte de la Scabieuse.

La Pâquerette toujours sur le pont au printemps et en été

Abdomen rouge orangé pointé de noir : avec le Grand Sphécode.

Avec le Syrphe porte-plume et son long abdomen cylindrique.

Repu, l’Oedémère noble paré prêt pour l’envol. Un mâle aux pattes arrière bigrement enflées.

Le Syrphe des narcisses et son « costume » de bourdon !

Le petit Bombyle noir, haut sur pattes et taché de blanc.

Avec l’Adèle australe, un minuscule papillon de nuit (également diurne) aux antennes démesurées.

En savoir plus : 

  • Guide des fleurs sauvages, Richard Fitter, Alaster Fitter et Marjorie Blamey, 2009, Delachaux & Niestlé
  • Fleurs sauvages, guide nature, collectif, 2022, La Salamandre.
  • Avec l’herbier numérique du site flore-en-ligne.fr
  • Avec le site sauvagesdupoitou.com

Photos JF Irastorza 

 

Le Mouron des oiseaux

Mouron des oiseaux et Véronique à feuille de lierre / Un jardin dans le Marais poitevin.

La sauvageonne rampante fait coup double au jardin. Le Mouron des oiseaux participe à la couverture hivernale du sol. Et se laisse inviter en cuisine.

Mouron des oiseaux / Un jardin dans le Marais poitevin.Le Mouron des oiseaux fait ici bon ménage avec la petite Véronique à feuille de lierre. Lui aussi a provisoirement le champ libre. Et il ne se fait pas prier. Ses tiges rampantes avancent méthodiquement leurs pions. De proche en proche, l’émergence d’une petite fleur donne également naissance à deux nouveaux rameaux. Et ainsi de suite.

Charmantes corolles autant que minuscules ! On jugerait compter dix étroits pétales. La moitié en vérité, chacun étant très profondément échancré. La promesse de capsules qui, le moment venu, libéreront des milliers de fines graines pour le régal des pinsons.

En attendant de faire place nette, plantations du printemps obligent, il serait dommage de ne pas inviter le Mouron des oiseaux en cuisine ! D’un joli vert tendre, ses abondantes petites feuilles apportent fraicheur et léger goût de noisette aux salades, sauces et veloutés. Sans arracher les pieds. Pas encore ! Il suffit de cueillir les plus belles feuilles. A volonté.

Mouron des oiseaux / Un jardin dans le Marais poitevin.

Ne pas confondre avec…

Mouron rouge / Un jardin dans le Marais poitevin.

Le Mouron rouge. Pas de risque de confusion lorsqu’il est fleuri…

Feuilles ovales, revers parsemé de petits points noirs / Un jardin dans le Marais poitevin.

… mais, avant floraison, ses feuilles peuvent semer le doute ! Gare ! Car elles sont toxiques. Heureusement, il suffit de les retourner pour lever le doute : elles sont piquetées de petites taches sombres.

En savoir plus :

  • Guide des fleurs sauvages, Richard Fitter, Alaster Fitter et Marjorie Blamey, 2009, Delachaux & Niestlé
  • Fleurs sauvages, guide nature, collectif, 2022, La Salamandre.
  • Avec l’herbier numérique du site flore-en-ligne.fr
  • Avec le site sauvagesdupoitou.com
  • La Stellaire intermédiaire, alias le Mouron des oiseaux avec le site flore en ligne

Photos JF Irastorza

 

La conquête de l’Orpin blanc

Orpin blanc / Un jardin dans le Marais poitevin.

Il court, il court, l’Orpin blanc. Encore quelques saisons et il aura envahi la toiture. D’autant que la dissémination des graines va bon train.

Orpin blanc / Un jardin dans le Marais poitevin.Le vent a dispersé les feuilles mortes sur la toiture du cabanon près de la maison. Reste la mousse. Et l’Orpin blanc. Le fouillis de ses longues ramifications est enraciné dans le terreau de feuilles accumulé dans le courant des tuiles. Il est si vigoureux qu’il déborde et pend au dehors, dans l’espoir de s’accrocher au moindre support.

Orpin blanc / Un jardin dans le Marais poitevin.Là-haut, il commence à régner en maître. Les tiges porteuses de ses feuilles charnues dressent la tête, conquérantes, presque jusqu’au faîte de la couverture.

En ce milieu d’hiver, les hampes florales et leurs ombelles desséchées rappellent rappellent la superbe floraison blanche de l’été. Les graines aussi participent à la conquête. En témoignent les petites pousses qui, de loin en loin au creux des tuiles, au coin d’un mur ou sur le rebord d’une fenêtre, amorcent de nouveaux bataillons. 

Jusqu’où laisser libre cours à une telle exubérance ? Pour l’heure, la toiture remplit bien son office. Sans gouttière. Même sous l’orage.

Orpin blanc / Un jardin dans le Marais poitevin.

En savoir plus : 

  • Guide des fleurs sauvages, Richard Fitter, Alaster Fitter et Marjorie Blamey, 2009, Delachaux & Niestlé
  • Fleurs sauvages, guide nature, collectif, 2022, La Salamandre.
  • Avec l’herbier numérique du site flore-en-ligne.fr
  • Avec le site sauvagesdupoitou.com
  • L’Orpin blanc avec le site flore-en-ligne.fr

Photos JF Irastorza