Bien avant l’heure

Fleurs de coucou / Un jardin dans le Marais poitevin.

Qui a déréglé l’horloge interne du Coucou ? Il a confondu Pâques et Chandeleur ! Comment dire aux autres de patienter encore un peu au pied de leur talus ?

Fleurs de coucou / Un jardin dans le Marais poitevin.Les primevères prennent leur temps sous les peupliers du jardin. Elles ont bien raison. Le Perce neige n’est pas forcément un exemple à suivre de trop près. Nous ne sommes que début février ! Et pourtant, voilà déjà les premières fleurs de coucou. Au bord d’un chemin, dans les marais de Saint-Georges-de-Rex.

Des dizaines de larges rosettes ridées ponctuent le pied du talus. Elles semblent attendre le signal. Impatiente, la plus téméraire vient de lancer trois premières solides hampes. Enhardie sans doute par l’allongement du jour et la relative douceur de ce milieu d’hiver. 

Têtes basses, les grappes jaunes s’ouvrent à peine. Assez pour laisser entrevoir les taches et les veines orangées qui convergent vers l’entrée du calice. Peine perdue sans doute. Il n’y a guère de pollinisateurs à guider par les temps qui courent. Allez ! Les autres coucous peuvent attendre. Le printemps est encore loin.

Fleurs de coucou / Un jardin dans le Marais poitevin.

Record battu ! Cette touffe particulièrement précoce s’est éveillée mi-janvier 2021 sur un talus il est vrai bien exposé.

En savoir plus : 

  • Guide des fleurs sauvages, Richard Fitter, Alaster Fitter et Marjorie Blamey, 2009, Delachaux & Niestlé
  • Fleurs sauvages, guide nature, collectif, 2022, La Salamandre.
  • Avec l’herbier numérique du site flore-en-ligne.fr
  • Avec le site sauvagesdupoitou.com

Photos JF Irastorza

 

La Véronique à feuille de lierre

Véronique à feuille de lierre / Un jardin dans le Marais poitevin.

Hirsute en diable, la Véronique à feuille de lierre constitue un couvre sol bienvenu en cet hiver pluvieux. En attendant les plantations printanières.

Véronique à feuille de lierre / Un jardin dans le Marais poitevin.Elle voisine au jardin avec sa cousine la Véronique de Perse. Tout aussi discrète, la Véronique à feuille de lierre squatte également les planches inoccupées. Elle leur offre son couvert rameux et rampant, en compagnie notamment du Lamier pourpre. Comme celui-ci, les jeunes pousses présentent parfois une teinte vineuse qui s’estompe avec la croissance. Des nuances brun pourpre persistent néanmoins au bord des feuilles et sur les sépales en coeur des petits boutons floraux.

C’est surtout son côté hirsute qui distingue la Véronique à feuille de lierre. Des poils blancs épars sur la tige, plus denses et dressés sur les feuilles – ici à trois lobes – et en bordure des sépales. Comme pour nombre de « sauvages », cette forte pilosité l’aidera le moment venu à lutter contre la sécheresse. En retenant notamment la rosée du matin. Pour l’heure, elle n’a rien à craindre. Ce serait plutôt l’overdose. Le couvre sol n’en est que plus utile.

Véronique à feuille de lierre / Un jardin dans le Marais poitevin.

En savoir plus : 

Photos JF Irastorza

 

La Daldinie concentrique

Daldinie concentrique, champignon / Un jardin dans le Marais poitevin.

Voilà un champignon qui a la couleur de l’emploi. La Daldinie concentrique fait consciencieusement le job : la décomposition des bois morts.

On jurerait des bûches sorties du poêle en partie calcinées. Avec des boulets de charbon restés collés ici et là. Elles n’ont pourtant jamais connu le feu. Voilà des lustres qu’elles sont entassées là, parmi bien d’autres, dans le tas de bois cher au hérisson et à la Couleuvre d’Esculape.

C’est la Daldinie concentrique qui les « consume » ainsi, propageant et incrustant loin son mycélium noir. Elle parachève une décomposition déjà bien avancée. Etrange champignon ! Ici à maturité, sa croute charbonneuse, nuancée de bleu, est devenue friable. Des morceaux se sont détachés, laissant apparaître les cernes grises et noires concentriques de sa croissance. D’où son nom.

De nouvelles excroissances globuleuses sont en formation. Tant qu’il y aura des fibres ! La Daldinie concentrique a trouvé un bon filon. Sous le lierre et les ronces, il y a tout un tas de bois à coloniser.

Daldinie concentrique, cernes de croissance / Un jardin dans le Marais poitevin.

Outre les champignons, le tas de bois accueille nombre d’insectes xylophages mais aussi le hérisson du jardin…

… et la Couleuvre d’Esculape y trouve un de ses refuges favoris !

Autres champignons xylophages du jardin : la Tramète et la Xylaire.

Photos JF Irastorza