Le compas dans l’oeil

Euphorbe épurge / Un jardin dans le Marais poitevin.

L’Euphorbe épurge ne laisse rien au hasard. Sur une tige bien droite et verticale, elle a une façon très graphique d’organiser son étroit feuillage.

Euphorbe épurge / Un jardin dans le Marais poitevin.On se souvient de l’Euphorbe réveille-matin dont le latex blanc très urticant, dit-on, fait fuir taupes et campagnols ! La tradition attribue aussi cet usage un peu barbare à l’Euphorbe épurge que voici. Oublions ! Car, toxique il est vrai, elle n’en mérite pas moins l’attention. C’est en effet une superbe sauvage, au port original.

Elle pousse actuellement au bord des chemins. A ce stade, la tige solidement dressée n’est pas encore ramifiée. Elle le sera au printemps prochain et étalera d’autant mieux sa floraison. En attendant, elle peaufine sa parfaite géométrie.

Dès le raz du sol, elle étage ainsi ses feuilles lancéolées à intervalles très réguliers. Mais ce n’est pas tout. Elle les oppose à chaque étage dans un alignement impeccable que souligne de longues nervures blanches sur fond vert-bleuté. Enfin, elle pousse la perfection jusqu’à les disposer selon des angles rigoureusement droits d’un étage à l’autre. L’Euphorbe épurge a le compas dans l’oeil ! 

Euphorbe épurge / Un jardin dans le Marais poitevin.

Photos Fernand ©

 

La Molène bouillon-blanc

Tout un hiver, voire deux, pour faire le plein d’énergie : si tout va bien, la molène lancera des hautes tiges rameuses au printemps, pour une floraison estivale.

La longue maturation de la Molène bouillon-blanc se poursuit pour l’instant sans encombre. Il lui suffit désormais de passer l’hiver…

Molène bouillon blanc, rosette hivernale / Un jardin dans le Marais poitevin.C’est maintenant que ça se joue pour la molène. Depuis l’été dernier, elle muscle sa longue racine pivotante. Et sa rosette a déjà fière allure. Sur les bords du halage, perlées de rosées, ses amples feuilles charnues et veloutées commencent à prendre le dessus. La concurrence n’est pas de taille. Même arum et carotte sauvage préfèrent aller s’épanouir ailleurs !

La vitalité des « oreilles d’ours » est prometteuse. Cela devrait être suffisant pour passer l’hiver. Le gel est rarement terrible dans le Marais poitevin. La molène en a certes besoin pour s’endurcir, encore faut-il tenir le choc tout en continuant, surtout, à faire le plein d’énergie. Elle n’en aura jamais trop au printemps pour lancer sa superbe mais très gourmande hampe florale jaune ! Faute de quoi, prudente, elle passera son tour et attendra encore un an pour entrer dans la cour des grandes…

Molène bouillon blanc, rosette hivernale / Un jardin dans le Marais poitevin.

Molène bouillon blanc, rosette hivernale / Un jardin dans le Marais poitevin.

Épi floral de la Molène.

Épi floral de la molène. Corolle jaune vif  à cinq lobes. Cinq étamines aux filets poilus, les deux inférieures plus longues que les trois autres. Anthères réniformes orangés. Un seul style à la pointe renflée verdâtre au centre.

En savoir plus : 

  • Guide des fleurs sauvages, Richard Fitter, Alaster Fitter et Marjorie Blamey, 2009, Delachaux & Niestlé
  • Fleurs sauvages, guide nature, collectif, 2022, La Salamandre.
  • Avec le site sauvagesdupoitou.com
  • La Molène bouillon-blanc avec l’herbier numérique flore-en-ligne.fr

Photos JF Irastorza 

 

Le Gratteron prend ses marques

Gaillet gratteron, jeunes pousses hivernales / Un jardin dans le Marais poitevin.

Une sauvage attachante s’il en est ! Le Gaillet gratteron est surtout envahissant. Mieux vaut s’en dispenser au jardin.

Gaillet gratteron / Un jardin dans le Marais poitevin.Comme chaque début d’hiver, le Gaillet gratteron est déjà parti. Cela ne l’empêchera pas de courir ! C’est même sa spécialité. Dans les haies, sur les grillages des clôtures et le long des chemins.

Les premières tiges sont encore basses naturellement. Elles se hisseront ou serpenteront à plus de deux mètres. Sans compter leurs nombreuses ramifications qui, elles aussi, s’accrocheront au moindre support.

Autant dire que le Gaillet gratteron n’est pas vraiment bienvenu au jardin. Il aurait tôt fait l’envahir et de l’étouffer. Inutile d’attendre. A ce stade, il est facile à arracher. Laissons-lui les bords du halage, les fourrés et les haies alentour. Il y est à l’aise et prend ses marques en cette saison. La multitude de petits crochets de ses feuilles et de ses tiges rugueuses l’aideront bientôt à grimperUne technique éprouvée. La même qui permet à ses graines de voyager.

Gaillet gratteron / Un jardin dans le Marais poitevin.

Photos Fernand ©