La Ciboulette sauvage

Ciboulette sauvage / Un jardin dans le Marais poitevin.Elle se plait bien dans la terre meuble du potager. Trop peut-être. Mais la Ciboulette sauvage est si parfumée !

Ciboulette sauvage / Un jardin dans le Marais poitevin.Des touffes de longues feuilles effilées, tubulaires, avec une subtile odeur d’ail lorsqu’on les froisse : pas de doute, c’est bien de la ciboulette sauvage ! Elle pousse un peu partout au potager. Au point d’être envahissante. Rien d’étonnant. Elle n’a en effet pas forcément besoin de fleurir pour se multiplier.

A l’image de l’ail ou de l’échalotte, c’est d’abord sous terre que cela se passe ! La production de bulbilles y va bon train. N’imaginez donc pas en venir à bout à la seule binette. Encore moins au motoculteur qui ne fera que diffuser plus largement les bulbilles. Le moyen le plus efficace, certes fastidieux, comme pour l’Oxalis ou la renoncule, est bien d’extirper la plante entière, solidement enracinée, à l’aide d’un transplantoir. 

Mais il serait assurément dommage de tout exterminer ! Puisque la Ciboulette sauvage est bien implantée, pourquoi ne pas lui réserver une petite planche, là où, spontanément, ses touffes sont les plus vigoureuses ? Car, bien plus parfumée que sa cousine cultivée, jusque dans son petit bulbe allongé, la sauvageonne a toute sa place au nombre des aromatiques du jardin.

Ciboulette sauvage / Un jardin dans le Marais poitevin.

Photos Fernand ©

 

Discrets petits fruits

Mousse, Barbule des murs / Un jardin dans le Marais poitevin.

Une fructification lilliputienne anime, sans crier gare, les plaques de mousse du jardin, au sol, sur les cailloux et le tronc des arbres.

Mousse, Hypne cyprès / Un jardin dans le Marais poitevin.Une pierre dans un coin du jardin. Parmi celles dont la Grive musicienne se sert comme enclume, durant la belle saison, pour décortiquer ses Petits-gris. Les petits coussins de mousse qui s’y agrippent, racornis tout l’été, sont à nouveau gorgés d’eau. C’est la commune Barbule des murs. Hérissée de longs fils de soie jaune-orangé et de petites capsules cylindriques brunes, elle libérera bientôt ses spores. 

Au pied des peupliers aussi, il est temps de préparer la relève. L’Hypne cyprès y forme d’épaisses chausses où les oiseaux en quête d’insectes aiment venir fouiller. D’un rouge-brique bien soutenu, fils et capsules tranchent sur le vert changeant des longs brins de mousse. Qui a dit que le jardin ne fructifiait pas en hiver ?

Le Pinson des arbres vient régulièrement fouiller mousses et feuilles mortes, en quête d’insectes, au pied des peupliers.

Au printemps, le Troglodyte mignon n’a pas besoin d’aller bien loin pour trouver les matériaux de son nid : une boule presqu’entièrement constituée et tapissée de mousse.

Elégante striée / Un jardin dans le Marais poitevin.

La mousse fait aussi le bonheur de l’Élégante striée qui la broute volontiers.

Certaines parties enherbées du jardin mériteraient sans doute une bonne séance de scarification… En attendant, le Paon du jour apprécie les bains de soleil sur le tapis de mousse !

 

Au hasard des oiseaux

Gui dans un peuplier / Un jardin dans le Marais poitevin.

Le Gui est un parasite. Sans doute. Mais d’abord une friandise pour la Fauvette qui en disperse les graines. Et la Mésange qui en limite la propagation.

Gui sur peuplier, pied mâle et pied femelle / Un jardin dans le Marais poitevin.An neuf ou pas, allez donc cueillir un brin de Gui à la cime des peupliers du marais ! A hauteur des nids de Pie et de Frelon asiatique.

Sur les branches d’un géant couché par la tempête, celui-ci est presqu’accessible. A raison d’un nouveau segment seulement par an, quel âge ont donc ces énormes touffes aux ramifications A la cime des peupliers, voisinant ici un nid de frelons asiatiques / Un jardin dans le Marais poitevin.enchevêtrées ?

Le Gui semble avoir l’éternité devant lui. Ne confie-t-il pas ses hypothétiques rejetons aux seuls oiseaux ? A la Fauvette à tête noire notamment. Friande de ses petites baies blanches, elle en extrait la pulpe sucrée et se débarrasse des graines gluantes en s’essuyant le bec aux branches voisines.

Tant mieux pour les mésanges qui en raffolent ainsi décortiquées ! Quelques rares rescapées parviendront peut-être à germer. Elles devront alors s’agripper solidement à l’écorce pour y enfoncer un « suçoir » propre à pomper la sève. Au total, un semis pour le moins hasardeux. Heureusement pour les peupliers. Et les populiculteurs.

Source : 

Gui sur peuplier / Un jardin dans le Marais poitevin.

Parmi les baies hivernales, la mésange bleue apprécie particulièrement celles du gui accrochées aux peupliers du marais. Elle passe après la Fauvette à tête noire et la Grive draine pour se délecter de leurs restes, collés aux branches comme autant de petits chewing-gums. Intervenant avant que les graines ne germent et n’enfoncent leur suçoir dans l’écorce de peuplier, elle participe ainsi à la limiter la propagation du parasite.