Extravagante Helvelle crépue !

Helvelle crépue / Un jardin dans le Marais poitevin.

L’Helvelle crépue ne ressemble à aucun autre champignon. Blanche, crème, fauve. Biscornue de la tête au pied.

Helvelle crépue / Un jardin dans le Marais poitevin.Quand elle sort de terre, sous les peupliers du jardin, on dirait le lobe fripé d’une oreille. C’est d’ailleurs un de ses noms vernaculaires. L’Oreille de chat. On l’appelle aussi parfois Morille d’automne. Mais gare ! L’Helvelle crépue est toxique. Surtout crue. Mieux vaut se contenter de l’admirer.

Pas deux individus semblables. Plus encore que la Xylaire du bois. Comme si la petite troupe s’était lancée dans un concours d’extravagance.  A qui sera le plus biscornu. De la tête au pied.  Seul point commun dans ces improbables chapeaux crémeux : une forme plus ou moins perceptible de selle de cheval.

Le pied n’est pas en reste. Il prend ici l’allure d’un cierge blanchâtre enrobé de longues coulures venant s’agglomérer à terre. Ailleurs, ces côtes se creusent de sillons, se détachent parfois les unes des autres, souvent reliées entre elles en un réseau confus. Le dieu des champignons semble avoir donné carte blanche à l’Helvelle crépue. Elle ne s’en prive pas.

Helvelle crépue / Un jardin dans le Marais poitevin.

Novembre 2019. L’Helvelle crépue est toujours là. Toujours aussi fantasque sous les hauts peupliers en bordure du jardin. Pour le plaisir des yeux uniquement !

Fin novembre 2022. Des chapeaux plus fripés que jamais !

Sources : 

 

Les ramures de la Xylaire

Les ramures blanches de la Xylaire du bois / Un jardin dans le Marais poitevin

La Xylaire du bois dans un coin du jardin ? C’est bon signe. La terre parachève la « digestion » d’un vieil amas de bois mort.

Les ramures blanches de la Xylaire du bois / Un jardin dans le Marais poitevinIl y avait là une vieille souche et un tas de branches qui ont fini par pourrir sur place. L’endroit a été dégagé mais le bois mort affleure sur ce bout de terre noire au pied d’une haie. La mousse s’y installe et d’étonnants champignons émergent des débris en décomposition.

Minuscule, la Xylaire du bois (Hylaria hypoxylon) ne passe pas inaperçue pour autant. Car si elle est d’un noir charbonneux à maturité, ses jeunes pousses se couvrent de poussière blanche en l’automne. L’éclatante parure met alors en relief des formes étranges.

Pas de chapeaux à proprement parler pour la Xylaire du bois. Plutôt des ramures plates évoquant celles d’un élan. Toutes proportions gardées. Charnue mais coriace, sans odeur ni saveur, elle n’a pas d’intérêt culinaire. Elle n’en est pas moins précieuse pour la décomposition des bois morts. Et accessoirement pour le Scrabble !

Les ramures blanches de la Xylaire du bois / Un jardin dans le Marais poitevin

Un autre champignon extravagant du jardin. L’Helvelle crépue. Beaucoup plus volumineux. Sans intérêt culinaire non plus. Voire toxique cru. Pour le simple plaisir de la rencontre sous les grands peupliers du jardin.

En savoir plus : 

Photos JF Irastorza

 

Le réveil du lichen

Lichen / Un jardin dans le Marais poitevin.

La canicule les avaient tout juste endormis. Ragaillardis, lichen et mousse apportent à nouveau couleurs et fantaisie à l’écorce noire et luisante des cerisiers.

Lichen / Un jardin dans le Marais poitevin.Les vieux fruitiers ont perdu leur feuillage depuis quelque temps déjà. Ils ne sont pas nus pour autant. Avec les pluies d’automne, le lichen qui s’étaient recroquevillé tout l’été est de retour.

Il faut s’approcher au plus près pour en apprécier la grande variété et les multiples couleurs. Gratter tout cela ? Lichen / Un jardin dans le Marais poitevin.Impossible. La ramure est bien trop haute et fournie. Et puis à quoi bon ?

Si ses manchons multicolores, cramponné à l’écorce, ont parfois mauvaise réputation, ils ne sont icit ici pour rien dans le dépérissement des cerisiers. C’est une ancienne taille intempestive et mal cicatrisée qui les a infectés. Ils s’en défendent d’ailleurs comme ils peuvent. A grand renfort de gomme. Le lichen, lui, comme la mousse, se contente d’avoir un support !  Un refuge pour les insectes ? Autant dire un garde manger. La Sittelle ne dit pas non.

On se défend comme on peut quand on est cerisier. Celui-ci semble avoir été malmené par des tailles intempestives mal cicatrisées, ouvrant la voie aux parasites à l’oeuvre depuis trop longtemps. Un emplâtre d’argile et de bouillie bordelaise cet hiver n’y a rien fait. Trop tard. Le coeur du bois est sans doute contaminé. Alors, avec l’énergie du désespoir, suintant de tout son tronc, le vieux cerisier met plus que jamais la gomme cet été.